Transformation numérique: L’appréciation des syndicats

Des syndicats apportent leurs appréciations sur la transformation numérique et son apport aux retraités en Algérie.

L’élaboration d’un plan d’action stratégique axé sur la transformation numérique et la simplification des formalités et des procédures administratives au profit des retraités est saluée par plusieurs syndicats de différents secteurs d’activités. Cette décision vient à point nommé pour contrer les pratiques bureaucratiques dont souffre toujours une bonne partie des retraités. Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale a, d’ailleurs, mis l’accent sur «l’impératif de renoncer aux modes de gestion classiques et d’adopter un modèle administratif moderne fondé sur la numérisation, la flexibilité et la réactivité».

La CNR devrait être connectée aux APC

Pour la Fédération nationale des retraités, affiliée à l’Union général des travailleurs algériens (UGTA), cette démarche est louable à plusieurs égards, soulignant qu’elle apporte une bouffée d’oxygène à cette catégorie de la société. «Toute amélioration est la bienvenue et nous espérons que ce plan de stratégie apportera plus de confort aux retraités», indique son chargé de l’information Messaoud Badi.

Contacté par nos soins, Badi indique que ces seniors qui ont tant donné tout au long de leur carrière professionnelle pour le monde du travail et fortement contribué au développement du pays sont en droit d’être gratifié par une meilleure prise en charge. «Nous avons confiance en notre président de la République. Il a promis une amélioration et une valorisation des pensions en 2026», indique-t-il, soulignant que des avancées ont été, certes, réalisées, mais restent, toutefois, insuffisantes.

«Il est nécessaire de faciliter la mobilité des retraités en leur évitant à se déplacer pour déposer des documents administratifs. Grâce à la numérisation, les services de la Caisse nationale des retraites devraient être interconnectés avec ceux des APC pour simplifier les démarches administratives et améliorer la qualité des prestations du service», déclare-t-il, indiquant qu’il est inconcevable, aujourd’hui, d’exiger à un retraité des documents administratifs attestant qu’il est toujours en vie.

«En principe, les 2 administrations sont interconnectées et en cas de décès, les services de l’APC signalent automatiquement la situation», ajoute-t-il, tout en déplorant les lenteurs administratives, notamment, explique-t-il, en ce qui concerne l’application des mesures législatives ou réglementaires.

Certaines lois ne sont pas appliquées sur le terrain

Le syndicaliste fait savoir que le cadre juridique encadrant la population des retraités ne souffre pas de manquement, mais plutôt d’exécution. «Il existe plusieurs lois qui s’inscrivent dans le cadre de la protection des retraites et la préservation de leurs droits, sauf que certaines ne sont pas appliquées», indique-t-il, citant la loi 15-02 relative aux mutuelles sociales qui stipule l’instauration d’une retraite complémentaire ou encore l’article 4 du décret 179/82 qui stipule, précise-t-il, que «les retraités bénéficient des mêmes avantages que les travailleurs, or sur le terrain, la réalité est tout autre».

Badi appelle, dans ce sillage, à octroyer certains avantages à ces personnes du 3e âge en vue d’améliorer leur pouvoir d’achat, suggérant, à titre d’exemple, de revoir à la baisse le tarif de billetterie des transports publics, mais aussi l’élargissement de l’exonération de l’IRG aux retraités qui perçoivent une pension supérieur à 30.000 DA pour assurer l’équité.

Pour sa part, Boualem Amoura, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF), estime que cette réforme dépend de sa mise en œuvre. Il indique que le secteur de l’éducation nationale a déjà bénéficié de plusieurs avantages, citant la toute dernière mesure inhérente à la réduction de l’âge de départ à la retraite de 3 ans. Il note, cependant, que l’administration doit suivre cet effort pour que les mesures prises par les pouvoirs publics soient applicables rapidement sur le terrain.  Il soutiendra qu’avec «un système plus digitalisé, les prestations de services seront forcément perfectionnées».

Wassila Ould Hamouda

Transformation numérique

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