L’Algérie appelle à un modèle porteur de politiques publiques

L’Algérie appelle à un modèle porteur de politiques publiques lors du Forum africain des administrations fiscales, mardi à Alger.
Le nouvel ordre économique mondial impose, aujourd’hui plus que jamais, aux administrations fiscales africaines d’engager leur refonte et redéfinir leur priorité, créer des synergies et renforcer leur cadre de coopération. C’est l’une des recommandations faite par le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, à l’ouverture des travaux des réunions annuelles du Forum africain des administrations fiscales (ATAF) qui se tiennent au Centre international des conférences (CIC), Abdelatif Rahal, à Alger jusqu’au 7 du mois en cours.
Rôle de l’administration fiscale
En présence du ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, de celui du Commerce extérieur et de la promotion des exportations, du directeur général des impôts, du président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), de la première dame des Seychelles et d’un nombre important de représentants des pays membres de l’ATAF, le premier argentier du pays met l’accent sur l’importance de conjuguer les efforts pour asseoir des système fiscaux équitables et une coopération africaine renforcée. Il met en avant le rôle de l’administration fiscale dans la réalisation des objectifs de développement en Afrique, appelant les participants à adopter des approches «efficaces et ciblées».
«Ce forum peut jouer un rôle majeur dans la coordination des efforts des pays africains et de leurs administrations fiscales afin d’atteindre l’efficacité et les objectifs permettant de gérer le développement de manière équilibrée, notamment dans le cadre de la justice sociale», indique-t-il, ajoutant en guise de conclusion que «l’administration fiscale a un rôle important à jouer notamment pour les pays africains qui sont encore en voie de développement et à la recherche de moyens pour atteindre leurs objectifs».
Ouvrir la voie à une croissance inclusive
Pour sa part, le directeur général des impôts (DGI), Djamel Hanniche, souligne que l’organisation par l’Algérie de cet événement continental témoigne «de sa ferme conviction quant à l’importance de la coopération africaine et internationale comme pilier fondamental du développement durable et du financement des économies nationales par leurs propres ressources, et confirme également le rôle de premier plan du forum ATAF dans la construction d’un système judiciaire institutionnel africain qui favorise le dialogue, la coordination et l’échange d’expériences».
Tout en rappelant que l’Algérie est membre de l’ATAF depuis 2024, il souligne qu’elle s’inscrit pleinement dans cette approche qui ouvre résolument, d’après lui, la voie à une croissance inclusive et un avenir fiscale plus juste et plus équitable pour l’ensemble du continent.
Un leadership consacré
Accueillir ce rendez-vous continental est loin d’être, selon lui, fortuit. «Cela consacre le rôle actif et le leadership de l’Algérie en matière de coopération fiscale en Afrique et témoigne de son profond engagement à contribuer à la construction d’une administration fiscale africaine moderne et intégrée».
En devenant le 43e membre de l’ATAF en 2024, notre pays a souscrit à une vision ambitieuse articulée autour d’objectifs stratégiques et concrets pour notre administration fiscale, dit-il, citant au passage le renforcement durable des capacités pour une mobilisation optimale des recettes fiscales et l’intensification de la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales ainsi que contre les flux financiers illicites. Mais aussi et surtout porter d’une voix forte et unie la position et les intérêts de l’Afrique dans les instances fiscales internationales.

Dans le même sens, le DGI souligne que l’Algérie, sous la direction du président Tebboune, réaffirme son engagement indéfectible à renforcer la coopération et l’intégration entre les nations africaines et à soutenir les efforts de développement sur le continent. «Cet engagement se traduit par des initiatives communes et des positions de principe constantes, que les dirigeants du pays, sous l’impulsion du Président, ont régulièrement exprimées lors d’événements et de forums internationaux», précise-t-il, citant à titre d’exemple la Foire du commerce intra-africain (IATF).
Investir dans les données pour améliorer la transparence
Le DGI fait savoir cette réunion constitue plutôt une plateforme pratique pour la mise en œuvre de solutions concrètes à des défis multiples. Parmi ses recommandations, le DGI met l’accent sur la nécessité d’investir dans les données pour améliorer la transparence, d’intégrer les technologies modernes dans les opérations de contrôle de la conformité fiscale et d’audit fiscal , de perfectionner les compétences humaines et d’intégrer l’innovation technologique comme un aspect fondamental de la réforme.
Dans ce sillage, Hanniche rappelle la nécessité de renforcer le rôle moteur de l’administration fiscale dans le financement des politiques publiques du pays. Évoquant l’expérience de sa direction il a déclaré: «Notre objectif est d’améliorer la qualité du service public, de faciliter les relations avec les contribuables en leur simplifiant les procédures, de garantir la transparence des transactions et d’accroître l’efficacité du recouvrement des impôts».
Et d’ajouter: «Conscients de l’importance d’unir nos efforts et de développer nos compétences, nous sommes prêts à partager ces expériences avec nos partenaires africains, dans le cadre de la coopération fiscale en Afrique, que nous considérons comme une option stratégique pour l’intégration continentale».
Wassila Ould Hamouda
