Un plan en 10 points pour les réparations pour les crimes coloniaux

Un plan en 10 points pour les réparations pour les crimes coloniaux est présenté par Eric Philips, représentant de la région des Caraïbes (Caricom), dimanche à Alger.
La nécessité d’une action concertée entre l’Afrique et sa diaspora pour réparer les injustices historiques a été largement défendue par Eric Philips, représentant de la région des Caraïbes (Caricom). Il insiste, ainsi, sur l’importance de mécanismes africains et caribéens crédibles pour obtenir reconnaissance, compensation et restitution, à travers des initiatives politiques, culturelles, économiques et sociales. Selon lui, cette conférence constitue «un moment historique» pour renforcer la solidarité transcontinentale et promouvoir un agenda de réparations global et structuré.
Les excuses officielles et restitution des biens culturels
Dans ce sens, il souligne qu’il était «important que le Caricom participe à cet événement», qui survient à un moment où «l’Afrique et sa diaspora renforcent leur coopération pour obtenir restitution, compensation et réparation face aux profondes injustices et aux crimes contre l’humanité commis pendant plus de quatre siècles en Afrique et dans les Amériques».
Eric Philips présente un plan en 10 points pour la justice réparatrice élaboré par le Caricom, qui prévoit, selon lui, «des excuses officielles, des programmes de rapatriement vers l’Afrique, un programme de développement pour les peuples autochtones, la création d’institutions culturelles, la restitution des biens culturels, le renforcement des liens culturels et la guérison psychologique». Il fait savoir que le plan inclut également des initiatives de développement via la technologie, l’annulation de dettes et la compensation financière.
Pour le Caricom, fait-il remarquer, «l’esclavage a été la 1e bombe nucléaire du monde, le colonialisme la 2e, et son prolongement, le racisme, la 3e». Selon lui, les réparations représentent «les crises juridiques, morales, politiques, sociales, culturelles, diplomatiques et de développement de notre époque». Il exprime, par ailleurs, la satisfaction du Caricom pour le partenariat avec l’Union africaine afin de poursuivre les réparations.
Esclavage et traite transatlantique des Africains, des crimes contre l’humanité
Eric Philips rappelle que les chefs de gouvernement des deux régions ont convenu, lors du 2e Sommet Afrique-Caraïbes des chefs de gouvernement, «de créer un mécanisme conjoint pour faire avancer l’agenda des réparations et fixer une position commune entre l’Afrique et le Caricom» et «de soutenir la restitution des artéfacts culturels et religieux, entre autres mesures». Il souligne également les progrès réalisés au sein du Commonwealth, lors du Sommet des chefs de gouvernement à Samoa en octobre 2024, où les participants ont inclus dans le communiqué final «deux paragraphes reconnaissant l’esclavage et la traite transatlantique des Africains comme crimes contre l’humanité» et affirmant que «le moment pour les réparations et le dialogue significatif est venu».
Il précise que la réunion du Commonwealth à Antigua-et-Barbuda en novembre 2026 «garantira que ce sujet figure à l’ordre du jour afin de définir des options et faire progresser le dialogue». Il rappelle que «cette démarche est urgente et que son temps est venu», renforcée par la 4e décennie internationale pour l’éradication du colonialisme (2021-2030). «Nous nous réjouissons d’avoir été invités ici et nous attendons avec impatience un partenariat et une solidarité renforcés dans la quête de réparations pour l’esclavage et le colonialisme», conclut-il.
Assia Boucetta