L’Algérie consolide son leadership pharmaceutique africain

L’Algérie consolide son leadership pharmaceutique africain lors de la Conférence ministérielle sur la production locale des médicaments et les technologies de la santé.
L’Algérie renforce sa position de leader continental dans le domaine de l’industrie pharmaceutique à l’occasion de la Conférence ministérielle africaine sur la production locale des médicaments et les technologies de la santé, qui clôture samedi à Alger. Organisée sous le haut patronage du président de la République, la Conférence est couronnée par une série de rencontres bilatérales de haut niveau et l’adoption de la «Déclaration d’Alger», cette conférence marque ainsi une avancée décisive vers la souveraineté sanitaire du continent.
Proposer une feuille de route commune
Réunissant des ministres, des responsables gouvernementaux et des partenaires internationaux de nombreux pays africains, l’événement a été une opportunité pour l’Algérie de présenter également ses réalisations notamment la couverture de plus de 82 % de ses besoins pharmaceutiques grâce à la production locale. Ce fut aussi l’occasion de proposer une feuille de route commune pour réduire la dépendance aux importations et promouvoir une industrie pharmaceutique intégrée et durable.
Le ministre de la Santé, le Pr Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a mené plusieurs entretiens bilatéraux en marge de la conférence. Il a ainsi reçu la représentante ivoirienne Mme Assouan Mari Chantal, avec qui il a évoqué les voies de coopération dans les domaines de la production pharmaceutique, des plateformes numériques de santé et de la formation. Il a également rencontré la Secrétaire d’État tchadienne Dr Mbaïdedji Dekandji Francine, pour renforcer les partenariats en matière de recherche, de qualité des médicaments et de renforcement des capacités nationales.
Explorer les opportunités de partenariat dans la production locale
Dans le cadre de cette dynamique africaine, le ministre a aussi accueilli le Directeur régional des approvisionnements de l’UNICEF pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Abdallah Makhlouf, en présence de la représentante de l’UNICEF en Algérie, Mme Katrina Johansson. Les 2 parties ont exploré les opportunités de partenariat autour de la production locale de vaccins, de médicaments et de technologies de santé, en vue de répondre aux besoins croissants de la région et de renforcer la résilience sanitaire.
À cette occasion, le ministre de la Santé a réaffirmé la disposition de l’Algérie à œuvrer, de concert avec l’UNICEF, au développement de partenariats opérationnels en matière de production locale, en coordination avec les services du ministère, notamment la direction de la pharmacie et des équipements sanitaires, en vue d’organiser une réunion technique pour définir les domaines de coopération.
Pour sa part, Makhlouf a salué le rôle « pionnier de l’Algérie au niveau continental« , notamment dans l’organisation de la Conférence ministérielle africaine sur la production locale de médicaments, présentant également un exposé sur les capacités mondiales et régionales de l’UNICEF en matière d’approvisionnement, et en particulier l’expertise du département Approvisionnement dans la gestion des chaînes d’approvisionnement de produits de santé. Le même responsable a affirmé que la demande croissante d’approvisionnement en fournitures de santé au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA) ouvre des perspectives prometteuses de coopération avec l’Algérie, compte tenu du développement de son industrie pharmaceutique.
Renforcer la sécurité sanitaire
De son côté, la représentante de l’UNICEF en Algérie, a salué le rôle pionnier joué par l’Algérie dans le renforcement de la coopération sanitaire africaine, exprimant la volonté de l’organisation d’apporter son soutien dans cette démarche. Au terme de la rencontre, les 2 parties ont souligné l’importance de mettre en place un cadre de coopération conjoint à même de soutenir la production locale et de répondre aux besoins régionaux, en vue de renforcer la sécurité sanitaire en Algérie et dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, et d’appuyer les efforts humanitaires dans les pays affectés par les crises.
Toujours dans le cadre de ces échanges le même ministre s’est réunit avec le ministre égyptien du Secteur des Entreprises Publiques, Mohamed Sheimy qui a salué le rôle pionnier de l’Algérie et mis en avant l’expérience égyptienne en matière d’industrie pharmaceutique, soulignant l’importance de cette conférence en tant que plateforme pour unifier les efforts africains dans le domaine de l’industrie pharmaceutique, réaliser la sécurité sanitaire et renforcer les processus de développement durable en Afrique. Les deux pays se sont engagés à traduire les engagements de la «Déclaration d’Alger» en projets concrets au service des populations africaines.
13 engagements de la Déclaration d’Alger
Adoptée à l’unanimité, cette déclaration repose sur 13 engagements collectifs structurants s’articulant essentiellement sur la levée des barrières réglementaires intra-africaines, harmonisation des cadres législatifs pharmaceutiques, création d’une plateforme continentale d’achat groupé des matières premières, promotion du transfert de technologies, et renforcement du rôle moteur de pays comme l’Algérie et l’Égypte. Le ministre Aït Messaoudene a clôturé les travaux en affirmant que «la responsabilité est désormais historique: transformer cette vision politique en programmes opérationnels dont chaque citoyen africain ressentira les bénéfices».
L’Algérie, fidèle à sa vocation panafricaine, a réitéré à travers ce document final son engagement à mettre son savoir-faire industriel au service de la solidarité sanitaire continentale, dans un esprit de complémentarité, d’innovation et de souveraineté partagée. Cette conférence, placée sous le slogan « Une industrie pharmaceutique locale pour une Afrique intégrée et forte », s’est achevée par la signature de plusieurs contrats entre opérateurs algériens et partenaires africains en marge du Salon algérien des soins de santé.
Aya Malak