Natasha Van Rijn: «Doter l’Algérie d’un cadre stratégique fondé sur la science»

Mme Natasha van Rijn, représentante du PNUD, recommande de «doter l’Algérie d’un cadre stratégique fondé sur la science».

La vision et le rôle du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dans l’accompagnement de l’Algérie pour renforcer la résilience du pays face aux risques climatiques ont été au cœur de l’intervention de sa représentante résidente en Algérie, Natasha Van Rijn, lors de la journée d’information sur la prévention des inondations dans le contexte des changements climatiques.

Les inondations, «symptôme d’une vulnérabilité systémique»

Natasha Van Rijn souligne, ainsi, que cet événement «s’inscrit au cœur du plan national d’adaptation que le ministère de l’Environnement et de la Qualité de la Vie, avec l’appui du PNUD ont conduit depuis 2023», précisant que ce plan constitue «une étape déterminante dans la construction d’une gouvernance climatique intégrée qui place la résilience et la durabilité au centre des politiques publiques».

Selon elle, les inondations figurent aujourd’hui parmi les risques climatiques les plus significatifs pour l’Algérie, par leur fréquence, leur intensité et leurs répercussions humaines et économiques. «Elles ne sont pas de simples catastrophes naturelles, mais le symptôme d’une vulnérabilité systémique», a-t-elle fait remarquer, ajoutant que l’urbanisation rapide, l’imperméabilisation des sols, la gestion complexe de l’eau et des bassins versants ainsi que ainsi que l’insuffisance des données locales intégrées dans la planification urbaine renforcent cette vulnérabilité.

Dans ce sens, la représentante du PNUD insiste sur le fait que «la prévention ne peut être une option, mais doit devenir un pilier de la planification du développement». Il s’agit, a-t-elle indiqué, d’«anticiper, cartographier, planifier et financer». Ce sont, précise-t-elle, «les quatre verbes clés d’une adaptation réussie».

3 axes structurels de la nouvelle approche de prévention

Le Plan national d’adaptation vise ainsi à doter l’Algérie d’un cadre stratégique national fondé sur la science, la coordination intersectorielle et le renforcement des capacités locales. Selon elle, «c’est un outil de pilotage transversal qui connecte les politiques d’aménagement de l’eau, de l’agriculture, de la santé et de la finance publique à une même finalité à savoir celle d’une économie et d’une société résilientes aux effets du climat, voire même aux chocs climatiques». Mme Van Rijn ajoute que, dans ce contexte, la prévention des inondations «n’est pas un sous-domaine du Plan national d’adaptation, mais en constitue un pilier central», car elle cristallise «la question de la gouvernance territoriale, des données, des infrastructures et des mécanismes financiers».

Dans ce cadre, le PNUD accompagne le gouvernement «dans la construction d’outils institutionnels, réglementaires et analytiques permettant de traduire les politiques climatiques en actions concrètes au niveau local», précise-t-elle. Cette journée d’études s’articule autour de 3 axes structurels illustrant la nouvelle approche de la prévention en Algérie.

«La 1e priorité porte sur la connaissance et la cartographie des risques afin de mieux comprendre et anticiper les aléas», indique-t-elle, soulignant l’importance de moderniser les outils et de partager les données climatiques. La 2e concerne la donnée climatique et les systèmes d’alerte précoce, «fondement d’une prévention efficace», ajoute-t-elle précisant que l’Office national de la météorologie soutient l’innovation dans la collecte et la diffusion des informations. La 3e priorité vise à faire des mécanismes financiers et assurantiels un levier de stabilité et de résilience.

Adaptation systémique, multisectorielle et inclusive

«Le développement des assurances climatiques, des fonds de prévention et la mobilisation des partenaires publics et privés réduit les pertes et renforce la sécurité économique», fait remarquer Natasha Van Rijn. Pour elle, «ces 3 leviers traduisent la vision du PNUD et du système des Nations Unies en matière d’adaptation systémique, multisectorielle et inclusive». Elle souligne que «les  villes et wilayas sont au premier plan de cette transformation» et que leur capacité «à planifier, prévenir et mobiliser les communautés locales est au cœur de la réussite du Plan national d’adaptation».

Selon Mme Van Rijn, «le PNUD observe une constante selon laquelle la réussite repose sur la volonté politique, la coordination institutionnelle et l’investissement dans la connaissance», précisant que «l’Algérie réunit aujourd’hui ces 3 conditions, ce qui en fait un modèle en matière d’adaptation aux changements climatiques».

Assia Boucetta

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