Palestine, une cause enracinée dans le cœur des Algériens

Palestine est une cause enracinée dans le cœur des Algériens. C’est ce qui ressort lundi à Alger lors de la rencontre avec 3 figures algériennes de la pensée et du savoir.
L’Association des ouléma musulmans algériens (AOMA) réunit, lundi dans l’espace de la Palestine “Ghassan Kanafani” à la SAFEX, 3 figures de la pensée et du savoir, le Dr Nacer Eddine Saïdouni, cheikh Yahia Sari et le journaliste Saadi Beziane. Dans leurs interventions et témoignages, Dr Nacer Eddine Saïdouni, cheikh Yahia Sari et Saadi Beziane ont évoqué les efforts déployés par les Algériens pour soutenir la Palestine et sa juste cause.
La libération de la Palestine passe d’abord par une prise de conscience collective
Dr Nacer Eddine Saïdouni, historien et professeur à l’université, souligne que la solidarité algérienne envers la Palestine s’enracine profondément dans l’histoire du mouvement national et des premières générations d’oulémas. «Les oulémas considéraient que défendre la Palestine, c’était défendre l’Islam et la dignité du peuple algérien», rappelle t-il. Il dénonce ce qu’il appelle «l’échec de la pensée arabe» face au «projet sioniste», et plaide pour une révision stratégique et morale. Selon lui, il est essentiel de «comprendre la psychologie, la mémoire et l’expérience historique des sionistes dont la force réside dans l’unité ».
Pour Saïdouni, la libération de la Palestine passe d’abord par une prise de conscience collective, une réforme des élites, une meilleure compréhension de l’adversaire et la reconstruction d’un socle moral et culturel fondé sur la liberté et l’acceptation de l’autre. L’historien présente par la suite sa traduction d’un ouvrage rare, écrit en 1938, qui compare le colonialisme français à la stratégie sioniste en Palestine.
Resté longtemps oublié dans une bibliothèque parisienne, ce texte a été traduit en arabe sous le titre : «Le futur, pour qui?», enrichi de documents et de photos d’archives. Il évoque ensuite son livre “La question palestinienne à travers un regard algérien”, où il établit un parallèle entre l’occupation française et le sionisme.
«Ce qui se passe aujourd’hui à Ghaza n’a pas d’équivalent dans l’Histoire»
Saïdouni revient également sur une expérience marquante qu’il a vécue en Pologne, lors de sa visite des anciens camps de concentration nazis. «C’est là, que m’est venue l’idée de comparer la destruction inhumaine qui ravage Ghaza avec le comportement nazi d’autrefois», dit-ilt. «Ce qui se passe aujourd’hui à Ghaza n’a pas d’équivalent dans l’Histoire et doit être lu à la lumière des expériences passées», s’est il indigné.
Pour sa part, le journaliste Saâdi Beziane livre un témoignage émouvant de son année de scolarité à EL Qods. Étudiant pendant une année au lycée “El ibrahimiya” il raconte avoir fait partie d’un groupe de trois étudiants algériens. Le journaliste raconte des anecdotes sur cette terre où il a été bien accueilli par le peuple palestinien au point où il n’a même pas eu à payer ses frais de scolarité. “Les Palestiniens faisaient preuve d’une hospitalité et d’un amour pour l’Algérie que je n’ai retrouvé, nulle part ailleurs, durant mes cinq années passées dans le monde arabe », conclut-il.
Cheikh Yahia Sarri, militant et chef de la caravane « Es-Somoud« , est revenu sur la profondeur des liens historiques avec la Palestine qui reposent sur une fraternité née de la lutte contre l’occupation et pour la liberté. “Le peuple algérien soutient la cause palestinienne depuis toujours, par fidélité aux valeurs de solidarité et de liberté héritées de la révolution algérienne”, proclame-t-il.
S. Bahamid