À travers les stands du Sila: Le livre papier a de beaux jours devant lui

Le Sila en témoigne : à travers ses stands animés, le livre papier garde toute sa vitalité et continue de séduire un large public.
Chaque année, l’organisation du Sila sur 10 jours est très attendue par les éditeurs nationaux et étrangers ainsi que par les auteurs et les lecteurs. Les nombreux espaces et stands du Sila accueillent de nombreux visiteurs. «Je suis étudiant en médecine à Alger et j’ai acheté des ouvrages en rapport avec ma spécialité: l’ophtalmologie. J’ai trouvé des manuels et des éditions que je cherchais depuis un bon moment. Fort heureusement, le Sila se tient chaque année et j’attends ce rendez-vous avec impatience», confie Ali, rencontré au pavillon central.
Le livre papier, un support toujours plébiscité
Interrogé sur le recours à des supports numériques dans ses études, il avoue les utiliser mais éprouve des difficultés. «La révision sur un ouvrage en papier est plus facile. Nous pouvons souligner des extraits, écorner une page et prendre des notes, et cela aide à faciliter la compréhension surtout que notre spécialité est difficile. Il est impératif d’avoir une mémoire performante pour faire face aux examens», ajoute-t-il. Pour lui, le livre papier ne disparaîtra avec l’avènement du numérique.
Dans un autre stand, Amel est tout heureuse d’avoir son livre dédicacé par son auteur. «C’est la deuxième fois que je rencontre Rachid Boudjedra dont j’ai lu presque tout lu. J’ai profité de l’occasion pour qu’il me dédicace d’autres titres. J’espère que le Sila sera organisé 2 fois par an à l’avenir», dit-elle. Certains préfèrent télécharger des livres sur le Net et lire sur écran du téléphone portable ou micro-ordinateur. Je ne peux pas faire cela sauf pour un article de presse», affirme Zina, employée de banque à Blida.
Le numérique séduit une nouvelle génération de lecteurs
En revanche, Lamine est un lecteur passionné qui utilise les téléchargements et les sites électroniques à foison. «Durant la crise sanitaire, j’ai lu 15 ouvrages sur de multiples thématiques, notamment l’histoire des nations, le parcours de personnages historiques, la médecine, la conquête de l’espace. J’ai téléchargé aussi des livres anciens sur les Prophètes». L’avantage du numérique est, selon lui, dans la gratuité et la multiplication des choix de lectures.
Zakaria Hadadi, représentant de Dar Al Assala Edition et diffusion, met en exergue l’amour des lecteurs pour le livre physique. «En Algérie, la reconversion totale au livre numérique n’est pas pour demain. Nous avons des «analphabètes» dans le domaine de l’informatique, en particulier les seniors qui ne peuvent remplacer leurs feuilles par les écrans, par habitude ou manque de connaissances du Net et de l’utilisation des moyens électroniques», explique-t-il.
Entre tradition et modernité, le papier résiste encore
La maison d’édition publie des manuels scolaires, des publications universitaires, des livres pour enfants. «Des écoliers, étudiants, en dépit de leur manipulation des appareils informatiques, surtout les téléphones Android par rapport à leurs parents ou grands-parents, recourent constamment aux ouvrages papier pour des raisons diverses», assure-t-elle. Des facteurs individuels jouent en faveur du manuel physique, notamment la fatigue oculaire, la surcharge cognitive sur écran, une auto-évaluation de la compréhension moins fiable sur écran. Pour les textes longs et complexes qui nécessitent une réflexion approfondie, le papier semble donner de meilleurs résultats», renchérit notre interlocutrice.
Pour les révisions ou la lecture, les ouvrages papier restent meilleurs et aident davantage que les écrans. Prendre le meilleur des 2 serait, toute fois, plus avantageux pour les lecteurs et les apprenants.
Karima Dehiles