Espace du beau livre: Un petit musée au Salon

L’Espace du beau livre, un petit musée au Salon international du livre d’Alger, valorise le patrimoine, l’histoire et la créativité algérienne.
Aménagé dans le pavillon Gouraya, cet espace original attire particulièrement l’attention des visiteurs par sa singularité, se distinguant nettement des autres stands.
Des ouvrages rares et des reproductions patrimoniales exposés
Sous l’impulsion de la ministre de la Culture et des Arts, Mme Malika Bendouda, en collaboration avec le commissariat du Sila 2025, ce petit musée a été improvisé, le temps de la manifestation culturelle, pour promouvoir le patrimoine national et l’histoire contemporaine de notre pays. «Nous y trouvons de beaux livres qui traitent de multiples thématiques telles que l’art culinaire, les sites culturels et historiques prisés par les touristes, les différents modes vestimentaires de nos régions, les objets d’artisanat. Il y a aussi des duplicatas d’anciens ouvrages qui appartiennent au Fonds documentaire de la Bibliothèque nationale dont les originaux ne peuvent être manipulés et sont de fait protégés», affirme Mme Radia Bouzidi, chargée des programmes culturels à la Bibliothèque nationale et responsable de l’Espace.
Un hommage aux grandes figures de l’histoire algérienne
Notre interlocutrice fait savoir que la période historique abordée dans cette exposition couvre toute la période coloniale (1830-1962). «Vous voyez également des tableaux de personnalités nationales qui ont joué un rôle important durant cette période. Ces œuvres ont été prêtées par le Musée El Moudjahid pour rendre hommage à ces braves hommes et femmes qui se sont sacrifiés pour notre liberté. Nous avons Ahmed Bey, l’Emir Abdelkader, Lalla Fadhma N’soumer mais aussi des figures emblématiques de la guerre de Libération nationale, comme Larbi Ben M’hidi, Hassiba Ben Bouali ou Amirouche», ajoute- t-elle.
Une scénographie inspirée de la Casbah d’Alger
Dans l’Espace du beau livre sont aussi exposés des livres édités par le ministère de la Culture et des Arts, notamment ceux dédiés aux manifestations culturelles qu’il a organisées comme «Tlemcen, capitale de la culture islamique», en 2011, et «Constantine, capitale de la culture arabe», en 2015.
«L’espace a été aménagé en suivant l’architecture de «wast eddar», comme à La Casbah d’Alger où wast eddar incarne l’âme de l’architecture domestique traditionnelle et traduit un art de vivre fondé sur l’intimité, la beauté et l’harmonie avec la nature», explique notre interlocutrice. «Wast eddar est une cour intérieure ouverte sur le ciel, véritable poumon de la maison autour de laquelle s’organisent toutes les pièces, reliées par des galeries soutenues par de fines colonnes en marbre ou en pierre blanche. Au centre, une fontaine diffuse fraîcheur et sérénité pour le bien-être des résidents de ces maisons traditionnelles de La Casbah d’Alger. Les murs sont ornés de zelliges, de stucs délicats et de plafonds en bois peint. La lumière naturelle pénètre par le haut, créant un jeu d’ombres et de reflets qui anime la maison tout au long de la journée. Cette architecture et ses ornements font partie de notre patrimoine que nous devons protéger et promouvoir», poursuit-t-elle.
Un espace qui émerveille les visiteurs étrangers
Les visiteurs sont ravis de découvrir une «maquette» de ces éléments architecturaux de notre patrimoine. Un Koweïtien ne cache pas son émerveillement. «Je félicite les personnes qui ont aménagé cet endroit. J’ai entendu parler de La Casbah que je visiterai dans les prochains jours. Après le Sila, j’ai un bon programme pour découvrir la capitale et d’autres villes. En plus, le climat est très doux et j’apprécie énormément», dit Soltane, à la sortie de l’Espace du beau livre.
Des jeunes et des étudiants sont également curieux en posant des questions sur notre richesse culturelle, artistique, architecturale.
Karima Dehiles