Redouane Aloui, auteur: «Le grand public est curieux, il faut l’écouter»

Redouane Aloui présente 2 ouvrages au Sila, dont « Je n’irai pas à Canossa » inspiré d’une expression du président Tebboune. L’auteur souligne : « Le grand public est curieux, il faut l’écouter».
À l’occasion du Salon international du livre d’Alger, Redouane Aloui a présenté 2 ouvrages : « Je n’irai pas à Canossa », publié par Hipporeguis édition et diffusion, lors d’une vente-dédicace, et « Maram », paru aux éditions Tadmait. Dans cet entretien, il revient sur le choix de ses thématiques et ses sujets.
Entretien réalisé par Karima Dehiles
Comment vous est venue l’idée d’écrire «Je n’irai pas à Canossa» ?
Au fait, c’est venu spontanément, après des échanges avec des amis, des proches qui me posaient des questions sur le sens de l’expression «Je n’irai pas à Canossa», utilisée par le président de la République, en réponse à une question sur une visite reportée puis annulée en France lors d’une rencontre avec la presse nationale en 2024. Cette réponse tranchante du chef de l’État a suscité la curiosité des citoyens qui ont exprimé une curiosité sur l’origine historique de la phrase. Connaissant cette expression et le contexte de son utilisation, le projet d’écrire des nouvelles inspirées de cet adage a germé dans ma tête.
Pouvez-vous expliquer le contexte de l’utilisation de cette expression ?
L’expression «Je n’irai pas à Canossa», qui vient d’un célèbre épisode historique du XIᵉ siècle, signifie refuser de s’humilier, refuser de se soumettre ou de demander pardon à un adversaire. L’expression renvoie à un événement de l’année 1077, au cœur du conflit entre l’empereur du Saint-Empire romain germanique, Henri IV, et le pape Grégoire VII. À cette époque, les 2 hommes s’opposaient violemment sur la question du droit de nommer les évêques. Le pape avait excommunié Henri IV, ce qui affaiblissait son autorité politique. Pour récupérer son trône et être rétabli dans la communauté chrétienne, Henri IV se rendit en plein hiver au château de Canossa, en Italie, où se trouvait le pape. Il dut attendre 3 jours, pieds nus dans la neige, vêtu d’un simple habit de pénitent, avant d’obtenir le pardon du pape. Cet épisode est resté dans l’histoire comme le symbole de l’humiliation politique et morale d’un souverain devant l’Eglise. Par la suite, l’expression «Aller à Canossa» a pris le sens de l’humiliation et la soumission devant un adversaire. À l’inverse, dire «Je n’irai pas à Canossa» signifie ne pas s’abaisser ou céder devant personne. Voilà le contexte historique que nos concitoyens doivent connaître.
Voudriez-vous nous faire une présentation du livre ?
Ce sont 5 nouvelles inspirées de cet événement historique, mais qui renvoient à l’actualité et à notre pays et aux positions du président Tebboune relatives à certaines questions compliquées. D’ailleurs, des propositions me sont parvenues pour une adaptation en pièce de théâtre. Ma relation avec le 4e art est vieille. Quand j’étais jeune, avec des copains, nous ne manquions aucun spectacle au Théâtre régional d’Annaba, surtout que notre domicile familial se trouve juste à côté. Je me rappelle que les agents de sécurité et le personnel nous faisaient entrer et nous échangions avec les acteurs. Nous étions carrément membres de cette famille artistique. J’ai baigné dans cet univers très jeune. Pour l’adaptation du texte, nous pensons à l’utilisation de l’arabe algérien avec des messages dans certaines scènes.
Au Sila, vous avez également présenté «Maram»…
«Maram» est le nom de ma fille. C’est un terme arabe qui signifie le but. Je raconte mon parcours de vie car j’ai vécu des événements importants que j’aurais aimé partager. Des questionnements me taraudent l’esprit. J’ai évoqué ma vie personnelle et professionnelle à Annaba, ma ville natale, son histoire et ses potentialités touristiques. J’ai parlé de mon passage dans d’autres villes comme Alger, Constantine et Sidi Bel Abbès et des personnalités nationales qui ont marqué notre vie et l’histoire. Le Sila est une belle opportunité pour les auteurs et tous les intervenants dans l’édition de rencontrer le grand public. Nous sommes heureux d’y participer.
K.D.