L’artisanat au Sila: Un public très réceptif et fin connaisseur

L’artisanat au Sila a séduit un public très réceptif et fin connaisseur, découvrant avec enthousiasme créations algériennes et africaines colorées et authentiques.

Le Sila vient de fermer ses portes, après plusieurs jours de ferveur et d’engouement sans précédant d’un public avide de savoir et de connaissances.

À la Safex où s’est tenu cet important évènement livresque et dans l’effervescence de ce Salon international du livre d’Alger, de nombreux visiteurs avaient également pris certainement le temps de faire un tour parmi les stands installés dans le vaste espace d’entrée de la structure de la Safex où on y découvre des artisans algériens et étrangers qui présentaient fièrement leurs créations d’objets et de fantaisie.

En effet, tout au long de ces derniers jours, ces stands ont également attiré de grandes foules : familles, groupes d’amis, étudiants et élèves accompagnés de leurs professeurs. Effectivement, avant d’accéder au Pavillon central, de nombreux espaces présentent des œuvres d’art et accueillent un public curieux et enthousiaste. Ces artistes offrent une véritable mosaïque de leurs créations confectionnées avec soin et amour du détail.

L’artisanat africain à l’honneur

L’artisanat africain est également présent à travers plusieurs stands, notamment ceux du Sénégal. Mme Oulai Keita confie que sa participation au Sila est «un grand honneur», elle qui participe habituellement aux Salons algériens dédiés uniquement à l’artisanat. «C’est une belle opportunité pour profiter de cette affluence et faire découvrir nos produits», a-t-elle déclaré.

Originaire du Sénégal, Oulai explique que chez elle, les artisanes travaillent en groupe, réunies au sein d’un Groupement d’intérêt économique du Sénégal (GIE).«Cela veut dire qu’on se forme en groupement reconnu par l’État, ce qui nous permet de voyager partout dans le monde pour représenter notre pays», a-t-elle précisé. Pour elle, le public algérien se montre très réceptif et attiré par les couleurs et l’authenticité de leurs créations. Dans son stand comme dans ceux de ses compatriotes sont exposés éventails, bijoux, objets de décoration en corne de bœuf, beurre de karité et robes traditionnelles en wax qui reflètent toute la richesse de l’artisanat sénégalais. Non loin de son stand, le cuir algérien est également à l’honneur avec «le cuir de la région de Jijel», tenu par Taher Bourouis.

Dans son espace, l’odeur du cuir emplit l’air, rappelant l’authenticité d’un savoir-faire transmis de génération en génération. Sur ses étagères sont exposés ceintures, sacs, porte-documents, chaussures et sandales, confectionnés avec soin. «J’ai hérité ce métier de mon père qui faisait un travail fait tout à la main», a-t-il expliqué avec fierté. «Moi aussi, je perpétue cette tradition, mais j’ai modernisé certaines étapes. Aujourd’hui, je collabore également avec 2 usines de Jijel», a-t-il ajouté.

Une véritable passion pour le crochet

Ce dernier continue de veiller à préserver l’âme du métier, tout en répondant aux goûts actuels du public. «Les visiteurs apprécient particulièrement les produits faits main, car ils sentent la différence», a-t-il affirmé. Néanmoins, pour les grandes commandes, il fait appel aux usines de Jijel, afin de gagner en rapidité et en précision, tout en maintenant la qualité de son travail.

Nadira Serir, de «Nado crochet», présente des produits entièrement faits au crochet : porte-clés, plateaux, sacs ou encore habits pour bébés. Avec du fil et ses aiguilles, elle fabrique presque tout. Son aventure a commencé en observant sa mère et sa grand-mère, puis durant la période de la Covid, elle s’est découvert une véritable passion pour le crochet. «C’est un travail ancestral et c’est avec fierté que j’essaye de le perpétuer. Ce métier ne devrait pas disparaître, car il fait partie de nos traditions», a-t-elle affirmé.

Étape par étape, Serir a transformé sa passion en une petite entreprise familiale. Son père confectionne les lanières et les anses des sacs, tandis que sa sœur s’occupe de la vente. Autrefois, elle mettait deux semaines pour réaliser un sac. Aujourd’hui, elle le termine en deux jours. La persévérance et l’assiduité ont porté leurs fruits puisque visiblement, son stand ne désemplit pas et attire de nombreuses femmes séduites par ses sacs colorés minutieusement travaillés au crochet.

SouhaBahamid 

 

 

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