La loi sur les partis politiques sera révisée
Les amendements ont été approuvées en Conseil des ministres

Annoncée par le président de la République, dans le cadre de la réforme politique, la révision de la loi organique sur les partis politiques est sur le point d’aboutir.
Annoncée par le président de la République dans le cadre de la réforme politique engagée depuis son investiture à la tête du pays, la révision de la loi organique sur les partis politiques est sur le point d’aboutir.
Le Conseil des ministres, tenu dimanche, a examiné et approuvé les amendements du projet présenté à cet effet. Dans ce cadre, le président de la République a félicité la classe politique algérienne pour ce nouvel acquis qui vient renforcer le paysage démocratique algérien. Il faut rappeler dans ce sens que le président Tebboune avait à maintes reprises fait part de sa volonté de mettre de l’ordre dans l’exercice politique à travers la révision de la loi organique régissant les partis politiques.
La volonté présidentielle de lutter contre l’influence de l’argent dans les élections
Pour le président Tebboune, le besoin de cette révision s’est fait ressentir au lendemain de la constatation de certaines pratiques qui ne pouvaient être tolérées. Du reste, il n’avait pas manqué d’indiquer, lorsqu’il a fait part de sa volonté de la réviser, de la finalité recherchée. A savoir organiser la vie politique et consacrer une pratique démocratique réelle au sein des partis, en commençant par leur base.
Pour le président Tebboune, la nécessité de cette révision s’impose aussi du fait de sa volonté de «nettoyer» le paysage politique de ce qu’il considère comme des dérives, de lutter contre l’influence de l’argent dans les élections, et de renforcer la démocratie participative. Aussi, dans sa vision, il s’agit de l’adapter aux dispositions de la Constitution de novembre 2020 qui contient au moins 2 articles (57 et 58) consacrés aux partis politiques, à leur organisation, leur fonctionnement, leur financement et leur participation à la gestion des affaires publiques et qui est ainsi loin de répondre aux nouvelles exigences imposées par le changement constitutionnel post-hirak, d’autant que celle qui est en vigueur date de 2012.
Un dénominateur commun: l’unité nationale et la Déclaration du 1er Novembre
Le président Tebboune avait aussi souligné, dans une déclaration, que de son point de vue, le dénominateur commun de l’ensemble des formations politiques, quelles que soient leurs tendances, doit être «l’unité nationale et la Déclaration du 1er Novembre». Il avait aussi tenu à préciser que si les partis «sont libres de tracer leurs propres programmes politiques», il n’en demeure pas moins qu’ils «doivent avoir pour dénominateur commun, l’unité nationale et la Déclaration du 1er Novembre, qui appelle à l’édification d’un Etat démocratique et social».
Et de poursuivre en soulignant qu’il fallait «en finir avec les vieilles méthodes» dans l’activité partisane pour se focaliser sur «l’action efficace reposant sur la mobilisation des militants dans la rue, qui, depuis le hirak authentique et béni, ne saurait être déviée de sa trajectoire». «Tout ce qui est de nature à renforcer le front intérieur et qui relève de la ligne nationale est le bienvenu», a-t-il soutenu.
Un tournant essentiel pour moraliser la vie politique
Dans une réaction à la décision du président, Moussa Boudhane, expert en droit constitutionnel, a déclaré à Horizons que le projet comprend «97 articles répartis en 7 chapitres, avec un préambule exposant ses motivations». Il estime que cette réforme constitue «un tournant essentiel pour moraliser la vie politique et consolider la démocratie en Algérie». Ainsi, souligne-t-il, «on y trouve en premier lieu la limitation du mandat des dirigeants de partis», avant d’ajouter que cette mesure «favorise le renouvellement des élites et empêche la confiscation durable du pouvoir à la tête des formations politiques».
Vient ensuite l’interdiction du nomadisme politique qui est une exigence de transparence. Il y a lieu aussi de noter que les partis politiques ont accueilli favorablement la décision du président de la République, y voyant avant tout sa volonté de moraliser la vie politique et le renforcement de l’exercice démocratique dans le pays.
Farah Chibane