Protection des femmes et des enfants: L’Algérie à l’avant-garde

Dans la protection des femmes et des enfants, l’Algérie est à l’avant-garde, selon les interventions lors de la célébration de la Journée des droits de l’Homme.
Lorsque à l’occasion de la journée mondiale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes célébrée chaque 25 novembre, le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaâ, réaffirme mardi à Alger la détermination sans faille de l’État à protéger les femmes et les filles contre toute forme de violence, ce n’était pas de simples déclarations de circonstance. Loin s’en faut.
Une priorité de l’État algérien
Le ministre dont le département est aux premières loges dans la lutte contre les violences faites aux femmes parlait en connaissance de cause. Preuve en est, il dévoile à cette occasion de nouveaux mécanismes de prise en charge de cette frange fragilisée de la société et dont le 1e magistrat du pays en a fait une question prioritaire en l’incluant dans son agenda de travail. Il suffit ainsi de rappeler que des directives ont été données au gouvernement dans ce sens lors de la tenue en février dernier d’un Conseil des ministres qui a examiné cette question.
Le renforcement du dispositif législatif en vigueur avait été annoncé via l’introduction de nouvelles dispositions dans le code pénal. L’activation de dispositions notamment celle portant sur l’interdiction formelle de tout contact entre le condamné et la victime dans les cas de harcèlement, d’agression, d’exploitation sexuelle, de mauvais traitement ou de toute autre forme de violence, se veut ainsi comme un gage de la volonté de l’État à assurer une meilleure protection aux femmes. Mais le département de la Justice n’est pas le seul à œuvrer dans ce sens, puisque un autre ministère est tout aussi agissant.
Des outils de prévention et de prise en charge pour briser le silence
En effet, le ministère de la Solidarité nationale de la Famille et de la Condition féminine déploie nombre d’actions visant à protéger les femmes contres les violences et les abus dont elles pourraient faire l’objet. Et dans ce cadre tout un dispositif complémentaire solidaire a été mis en place. Il s’agit d’outils de prévention et de prise en charge immédiate encourageant ainsi les femmes à briser le silence et dépasser les tabous qui souvent constituent le principal obstacle à la lutte contre les violences subies.
Si du point de vue des pouvoirs publics la protection des femmes et des filles est une condition fondamentale pour la construction d’une société solidaire et égalitaire, il n’en reste pas moins vrai que le meilleur des dispositifs mis en place risque de s’avérer inefficace, voire vain si les femmes victimes de violences, conjugales, familiales ou sociétales ne décident pas de s’affranchir du poids de la société. La libération de la parole est le premier pas qui permettra à terme d’endiguer le phénomène, qui certes n’est pas propre à l’Algérie.
Des dispositifs pour l’alerte, la prise en charge et l’autonomisation des femmes
Parmi les nouveaux dispositifs mis en place, il y a lieu de rappeler l’activation du numéro vert gratuit 1026, désormais pleinement opérationnel pour recevoir les signalements et fournir une assistance et lancement de plateformes numériques, à l’instar de «Sanadkoum» (Votre soutien) et «Himayati» (Ma protection).
Ce filet se veut comme une perche tendue aux victimes de la violence, puisqu’il est destiné à apporter un soutien psychologique, des consultations spécialisées et une intervention précoce pour les femmes et les filles qui sont dans l’urgence d’une assistance et d’une aide. Le lancement de ces plateformes, accompagné par la diffusion d’un guide de prise en charge et de guides sur l’autonomisation économique et la protection juridique, témoigne de cette volonté politique affichée par le chef de l’État à mettre un terme à un phénomène de société.
Car même si le dispositif déployé à travers les actions gouvernementales arrêtées à travers le cadre légal et institutionnel et la participation active du mouvement associatif n’est pas la panacée du fléau, il n’en demeure pas moins qu’il a le mérite d’affronter frontalement le problème en le mettant au devant de la scène et en brisant le silence qui jusqu’à une époque récente l’entourait. Ce qui n’a pas manqué d’encourager des femmes à sortir de leur isolement psychologique en acceptant d’apporter leurs témoignages sur leurs souffrances tant physiques que mentales, brisant ainsi la chaine qui les liait à leurs bourreaux et revendiquant le droit aux droits consacrés dans la Constitution du pays .
Selma Meziane