Souveraineté numérique de l’Afrique: La Déclaration d’Alger adoptée

Pour renforcer la souveraineté numérique de l’Afrique, les ministres africains des TIC adoptent la Déclaration d’Alger lors d’une réunion.

La 2e journée de la Conférence africaine des start-up coïncide avec la journée Africaine des télécommunications célébrée le 7 décembre de chaque année. Elle est marquée par l’adoption de la déclaration d’Alger «sur des plateformes numériques équitables, sûres et responsables en Afrique». Émanant de la réunion des ministres africains en charge des TIC, des Télécommunications et de l’Économie numérique, la Déclaration d’Alger établit un tournant stratégique pour le continent. L’Afrique parle d’une seule voix, affirme sa souveraineté numérique et veille à ce que les plateformes globales contribuent équitablement au développement du continent.

Renforcer les rangs et parler d’une seule voix

Réunis sous l’autorité de l’Union africaine des télécommunications (UAT), au CIC , les ministres africains se sont alignés sur la même position continentale affirmant la souveraineté numérique de l’Afrique et son ambition économique dans ses relations avec les plateformes OTT (Over the top). Dans sa déclaration à l’issu de cette réunion, le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerouki, souligne l’importance de renforcer les rangs et de parler d’une seule voix pour que l’Afrique ne soit plus exploitée par les grandes entreprises mondiales intervenant dans l’intelligence artificielle et les médias sociaux.

«Ces géants utilisent ces canaux pour soutirer du contenu et des données personnelles au niveau de notre continent sans investissement, sans retour sur bénéfice et sans contrôle», déclare lors d’un point de presse animé conjointement avec la présidente de la commission des infrastructures et de l’énergie à l’Union africaine, Lerato Dorothée Mataboge et le Secrétaire général du UAT, Jhon Omo. Zerrouki a mis en avant la nécessité d’aller de l’avant et de fédérer les efforts pour provoquer le changement qui fera de l’Afrique un continent capable de produire son propre contenu.

«Le changement que nous voulons c’est celui de transformer l’Afrique de simple spectatrice qui suit seulement en une actrice décisionnaire maitresse de son avenir. Une Afrique qui élabore elle-même ses cadres législatifs qui lui permettent de faire entendre sa voix et de se positionner sur l’échiquier mondial mais aussi de s’imposer devant les grandes entreprises internationale OTT», ajoute le ministre faisant savoir que la déclaration d’Alger sera transmise à l’Union africaine lors de la prochaine réunion prévue au début de l’année 2026.

Plaidoyer pour une convention de gestion des données

De son côté Jhon Omo indique que «le processus lancé en Algérie est le premier du genre sur le continent ou les dirigeants politiques africains affirment leur engagement à protéger le continent des pratiques qui peuvent être nuisibles». Il fait observer que sur le continent africain, une augmentation des contenus non règlementer et parfois même indésirable sont constatés. «Ce sont des sujets dont nous devons parler, afin de garantir que nos enfants puissent consommer des contenus appropriés», souligne Jhon Omo ajoutant, dans le même vaine, que les pays africains sont appelés aujourd’hui, plus que jamais, à aborder avec sérieux et responsabilité la question relative à la gestion des données.

«Nous espérons que le processus politique engagé aujourd’hui pourra constituer la base de notre manière de gérer les données, conformément à la convention de l’Union africaine sur les données et la cybersécurité», indique le SG de l’UAT tout en plaidant pour l’élaboration d’une convention de gestion des données. Prenant la parole, Lerato Dorothy Mataboge exprime sa satisfaction saluant cette initiative. «Nous saluons le gouvernement algérien pour avoir coordonné cette rencontre et arriver à ce stade de discussion. Nous pouvons enfin disposer d’une vision unifiée et d’une voix commune sur la question de la souveraineté numérique africaine», déclare-t-elle.

Renforcer l’influence de l’Afrique

Ainsi, la Déclaration renforce la capacité d’influence du continent en introduisant des règles de contribution économique équitable, des mécanismes de souveraineté des données , des normes de responsabilité en matière d’IA, ainsi que de nouvelles obligations applicables aux OTT opérant en Afrique. «Inspirée de cadres internationaux tels que le Digital Services Act européen, cette Déclaration positionne l’Afrique comme co-auteur de la gouvernance numérique mondiale», explique-t-on.

Parmi les principaux engagements inscrits noir sur blanc dans ce document, l’unification des négociations avec les OTT, la contribution locale, incluant réinvestissement, infrastructures et développement des talents. La donnée africaine demeure en Afrique, grâce à la localisation cloud et aux infrastructures souveraines et la mise en place des exigences strictes pour l’IA responsable, incluant transparence, anti-piratage et sécurité algorithmique. La déclaration d’Alger stipule également une protection renforcée des utilisateurs, notamment femmes, enfants et des groupes vulnérables et renforcer la protection des cultures.

Les avancées de l’Algérie en TIC

Par ailleurs, Sid Ali Zerouki en présence des représentants de l’Union africaine a présidé l’ouverture du forum placé sous le thème «Voies numériques vers une Afrique plus verte et résiliente au climat: ensemble construisons un avenir numérique durable et résilient». Dans son allocution, le ministre présente les avancées considérables réalisées en Algérie dans le domaine des TIC. «L’Algérie a fait un choix stratégique, sous le leadership de notre président de la République, d’investir dans l’être humain, maitriser la technologie et ancrer la transformation numérique dans un développement national durable», indique Zerrouki.

Cette approche, dit-il, a permis de réaliser 275.000 Km de fibre optique déployés et plus de 6,8 millions de foyers connectés à la fibre optiques ou haut débit fixe.  Avant de conclure, le ministre exprime sa conviction que «l’Afrique ne peut relever ses défis numérique de manière isolée. Notre objectif est de construire un système de communication résiliant, inclusif et durable», appelant au renforcement de la coopération continentale.

Wassila Ould Hamouda

 

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