Tamazight, ciment de l’unité nationale

Tamazight est le ciment de l’unité nationale en Algérie. Le ministre de la Communication, Zoheir Bouamama la qualifie réceptacle authentique de la mémoire collective.

Le Haut commissariat à l’amazighité (HCA), en coordination avec le ministère de la Communication, organise dimanche une conférence scientifique et médiatique intitulée «L’amazighité et la cohésion nationale: contributions institutionnelles, académiques et médiatiques».

Signature d’une convention de coopération avec le HCA

La rencontre se solde par la signature d’une convention de coopération entre le ministère de la Communication et le Haut Commissariat à l’amazighité, visant à renforcer et à élargir l’usage de la langue amazigh dans la production des contenus médiatiques, tous supports confondus.

Dans son allocution d’ouverture, le ministre de la Communication, Zoheir Bouamama, souligne que cette rencontre constitue «une nouvelle étape et une opportunité essentielle» pour renforcer le lien entre les médias nationaux, dans toute leur diversité, et la langue amazigh, qu’il qualifie de «langue des ancêtres et des racines» et de réceptacle authentique de la mémoire collective de la nation algérienne.

Le ministre indique que cette journée d’étude s’inscrit dans un contexte marqué par une prise de conscience accrue quant à la nécessité d’associer pleinement les médias à l’ancrage de la présence de tamazight et à la préservation du patrimoine linguistique et culturel national. Selon lui, «cette dynamique vise à refléter la profondeur historique de cette langue nationale et à consacrer sa place naturelle dans l’espace public».

Contribution du HCA

Bouamama précise que cette démarche s’inscrit également dans le cadre de la vision algérienne impulsée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui œuvre à accorder à la langue amazigh «sa valeur réelle» et à en assurer la promotion en tant que composante authentique de l’identité nationale. Cette orientation s’est traduite, fait-il remarquer, par «le soutien aux politiques publiques élargissant l’usage de tamazight à travers son apprentissage, son enseignement et son intégration progressive dans les différents domaines de la vie publique».

Le ministre tient, également, à rendre un hommage appuyé au Haut Commissariat à l’amazighité, soulignant «le rôle central et structurant» qu’il assume depuis sa création en 1995. Il affirme que grâce à ses activités scientifiques et institutionnelles, le HCA a contribué de manière significative à la consolidation de la place de tamazight et au renforcement de sa présence dans les sphères académique, culturelle et médiatique, au service de la sauvegarde de la diversité culturelle dont l’Algérie est fière.

Abordant la dimension identitaire, le ministre rappelle que la langue amazigh «a toujours été et demeurera un lien solide de l’unité nationale, un pont fédérateur entre les différentes composantes de l’identité algérienne et un pilier essentiel de la personnalité nationale, imprégnée des valeurs de solidarité, d’entraide et de coexistence».

Toute tentative de remise en cause de cette réalité, estime-t-il, «ne fait que s’écarter de la vérité historique et de la réalité sociale». Bouamama insiste sur le fait que «l’unité nationale se construit par l’accueil et la valorisation de la diversité, et non par sa marginalisation». Ce qui distingue l’Algérie, ajoute-t-il, c’est que «l’amazighité, aux côtés de la langue arabe et des valeurs de l’Islam de juste milieu, constitue l’un des piliers fondamentaux de l’identité nationale et une source de force pour le pays».

«L’amazighité en Algérie n’a jamais été une simple donnée géographique»

S’agissant du rôle des médias, le ministre affirmé que le traitement des questions identitaires, et en particulier de l’amazighité, exige davantage de professionnalisme, de responsabilité et de sérénité. «Lorsqu’il est question d’identité, le discours médiatique doit être à la hauteur de sa portée symbolique et historique», fait savoir Bouamama, appelant à un traitement apaisé et rigoureux de ces thématiques.

Il rappelle, aussi, que «l’amazighité en Algérie n’a jamais été une simple donnée géographique, mais une histoire, une identité et un ensemble de valeurs», soulignant que l’Algérie n’est pas seulement une patrie pour ses enfants, mais «une promesse qui ne trahit pas». Notre unité, affirme-t-il, demeure plus forte que les manœuvres de ceux qui tentent de semer la division.

Tamazight en tant que langue des médias

Sur le plan opérationnel, le ministre de la Communication indique que son département œuvre activement à la promotion de l’usage de la langue amazigh dans la production médiatique, à travers le soutien au contenu en tamazight, l’encouragement à la formation et l’élargissement des espaces d’expression. C’est grâce à cette stratégie, précise-t-il, que «l’on peut garantir une présence qualitative et durable de cette langue dans le paysage médiatique national».

Il exprime enfin l’espoir de voir cette rencontre constituer «une nouvelle étape vers une promotion plus affirmée de tamazight en tant que langue des médias et d’éclairage de l’opinion publique nationale», souhaitant que cette rencontre débouche sur des initiatives concrètes consacrant tamazight comme «l’un des piliers d’un journalisme national responsable». Et de conclure, en s’inspirant d’une parole de Mahatma Gandhi : «Il n’existe pas de chemin vers la patrie, la patrie est le chemin. L’Algérie est le chemin».

Assia Boucetta

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