ALNAFT lance «Nomination Process»

ALNAFT lance «Nomination Process», samedi à Alger, pour mieux calibrer le prochain appel à concurrence prévu en 2026.
L’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT) officialise samedi à Alger le lancement, «pour la première fois», du «Nomination Process», un dispositif de consultation destiné à mieux calibrer le prochain appel à concurrence international prévu en 2026.
24 blocs «déjà évalués au préalable»
S’exprimant lors d’une conférence de presse, le président d’ALNAFT, Samir Bekhti, présente cette nouvelle étape comme un changement de méthode et un signal adressé aux investisseurs, dans un contexte où l’Algérie cherche à renforcer l’attractivité de son amont pétrolier et gazier. «Concrètement, cela signifie que l’Algérie ouvre un nouvel espace de concertation avec les investisseurs», a résumé Bekhti, en insistant sur la volonté de structurer l’expression des intérêts «de manière organisée et transparente».
À travers ce dispositif, les opérateurs sont invités à sélectionner et à classer des périmètres d’exploration parmi une liste arrêtée par ALNAFT, composée de 24 blocs «déjà évalués au préalable» et répartis à travers différentes régions du pays. Sur sa plateforme, l’Agence précise que les candidats doivent nominer «un minimum de 8 areas/blocks», sans plafond maximal, et rappelle que l’exercice n’équivaut pas à une garantie d’inclusion dans le round final.
Dans le discours du président d’ALNAFT, l’intérêt du mécanisme dépasse la simple «liste de souhaits». Le «Nomination Process» doit servir d’outil de préparation, «d’anticipation et de meilleure préparation au lancement des prochaines consultations/ appels d’offres internationaux», explique-t-il, l’Agence prévoyant d’annoncer le prochain appel à concurrence «au cours du 1e semestre 2026». L’enjeu, selon lui, est d’aboutir à des appels d’offres «plus ciblés, plus pertinents et plus efficaces», en collant davantage à la réalité du marché et aux appétits des compagnies.
Retenir «entre 6 et 8 blocs»
Bekhti met en avant la dimension de rupture dans la conduite des dossiers amont. «Cette démarche traduit une évolution de notre approche, en ce sens que nous passons d’une logique unilatérale à une logique fondée sur l’écoute et le développement de partenariats», déclare-t-il, tout en soulignant que cette ouverture se fera «en préservant pleinement la souveraineté de l’Etat dans le domaine minier des hydrocarbures». Autrement dit, il s’agit d’organiser une consultation en amont, sans renoncer à l’arbitrage final des autorités ni au cadre réglementaire.
Le calendrier esquissé lors de la conférence de presse projette la suite, à savoir qu’après la phase de nomination, une sélection sera opérée «en concertation avec le ministère de l’Énergie et des Mines ainsi que Sonatrach», afin de retenir «entre 6 et 8 blocs» qui seront proposés à la compétition en 2026. Dans ses instructions, ALNAFT souligne, par ailleurs, que les zones proposées seront évaluées «à la lumière des priorités nationales, du potentiel géologique et des résultats de la consultation», et se réserve le droit d’ajuster ou d’exclure des périmètres après analyse technique et stratégique.
Au-delà des aspects techniques, le président d’ALNAFT veut envoyer un message de confiance. «Cette étape envoie également un message clair aux investisseurs: l’Algérie avancera selon une méthodologie lisible, avec un haut niveau de transparence et de visibilité, dans un cadre juridique stable consacré par la loi sur les hydrocarbures», insiste-t-il.
«Rester mobilisé pour accompagner les opérateurs»
Bekhti présente l’Agence comme une institution appelée à jouer pleinement son rôle d’interface. «ALNAFT entend assumer pleinement son rôle en tant qu’institution moderne et proactive, au service d’une valorisation durable des ressources nationales», affirme-t-il. Les modalités pratiques sont accessibles sur le site officiel de l’Agence, indique le président d’ALNAFT qui se dit «rester mobilisé pour accompagner les opérateurs tout au long des différentes phases». Et de conclure sur la portée politique de l’annonce en affirmant que cette phase «marque une étape importante, mais surtout le début d’une nouvelle dynamique fondée sur la confiance et la transparence».
Notons que le précédent appel à concurrence, «Algeria Bid Round 2024», portait sur 6 blocs on-shore et s’est soldé par l’attribution de 5 périmètres, concrétisée par la signature de cinq contrats le 21 juillet 2025. De quoi mesurer l’enjeu du «Nomination Process», censé mieux ajuster l’offre avant le round 2026.
Lyes Mechti