Le CREAD interroge l’écosystème start-up

Le CREAD interroge l’écosystème start-up dans des études nationales. Les résultats préliminaires de ces études sont débattus, mardi, lors d’un séminaire.

Organisé par le Centre de recherche en économie appliquée au développement (CREAD), la rencontre réunit chercheurs-enseignants et experts. Ces échanges interviennent en attendant la publication des résultats finaux, prévue pour le mois de juin prochain. Ils donneront lieu à l’élaboration d’un baromètre national des start-up. L’analyse est menée par une équipe de chercheurs du CREAD, sous la direction d’Abderrahmane Abdou, directeur de recherche et président du une démarche de fond visant à évaluer l’écosystème entrepreneurial algérien dans toutes ses dimensions.

Évaluation des projets et leur pérennité

Intitulé «De la création de la start-up à la scale-up: innovation et modèles à fort impact», ce travail scientifique intervient dans un contexte où le développement de l’entrepreneuriat innovant constitue une priorité stratégique. Si la dynamique de création de start-up s’affirme progressivement, une question demeure centrale. Pour les chercheurs, créer des start-up ne suffit plus. Il s’agit désormais d’évaluer la qualité des projets, la solidité de leurs modèles économiques et leur aptitude à devenir de véritables scale-up.

Dans cette perspective, la surveillance de l’écosystème start-up algérien devient une nécessité. L’enjeu est d’en assurer la pérennité et de renforcer sa contribution au développement économique et social de l’Algérie. La scalabilité et l’internationalisation des start-up apparaissent ainsi comme les principaux défis à relever. Selon le Pr Abderrahmane Abdou, le futur baromètre national «vise précisément à analyser les dynamiques de croissance des start-up algériennes, à identifier les conditions favorables à l’émergence d’entreprises à forte croissance et à mettre en lumière les freins structurels encore existants».

Mieux comprendre les spécificités territoriales de l’entrepreneuriat innovant

Les travaux portent notamment sur l’innovation des modèles d’affaires, la digitalisation, l’accès au financement, l’environnement réglementaire, mais aussi sur le rôle de la formation académique dans la préparation des porteurs de projets. L’étude nationale, pour précision, a mobilisé plus de 20 enseignants-chercheurs issus de 5 universités répartis sur 5 wilayas. Les chercheurs s’intéressent, selon le même responsable, aux logiques des chefs d’entreprise face au marché, à la manière dont les projets se construisent selon les régions, les secteurs d’activité ou encore les technologies mobilisées.

Le but est de dégager des tendances par wilaya, par secteur et par profil, afin de mieux comprendre les spécificités territoriales de l’entrepreneuriat innovant. Cette approche permet aussi d’aborder des problématiques transversales, comme la place des femmes dans l’écosystème start-up ou la capacité des jeunes entreprises à s’insérer dans des chaînes de valeur élargies. À terme, le baromètre des start-up, dont les premiers résultats consolidés seront rendus publics en 2026, «a vocation à devenir un outil d’aide à la décision», précise le Pr Abdou.

Samira Azzegag

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