Accord UE-Maroc: le Front Polisario déposera un recours avant la fin de l’année

Le Front Polisario déposera en décembre un nouveau recours contre l’accord UE-Maroc devant la Cour de justice de l’Union européenne.
Le conseiller spécial du président de la République sahraouie chargé des ressources naturelles et des questions juridiques connexes, Abi Bouchraya Bachir, a annoncé que le Front Polisario, seul et légitime représentant du peuple sahraoui, déposera un nouveau recours avant la fin de l’année devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) concernant l’accord récemment conclu entre le Maroc et l’Union européenne (UE), notamment les accords commerciaux et de pêche, a rapporté, hier, l’agence de presse sahraouie SPS.
Le Front Polisario rejette tous les accords conclus entre l’UE et le Maroc
Le Front Polisario déposera un nouveau recours contre cet accord en décembre devant la Cour de justice de l’Union européenne», critiquant vivement la classification controversée des produits sahraouis comme «marocains», en violation flagrante de la jurisprudence européenne, a déclaré le responsable sahraoui dans un communiqué cité par la même source.
Bachir a également exprimé le rejet «ferme» par le Front Polisario de tous les accords conclus entre les 2 parties concernant le Sahara occidental, y compris les accords agricoles et de pêche, rappelant qu’une majorité de députés européens avait rejeté la législation relative à l’étiquetage des produits originaires du Sahara occidental, mais que la résolution n’avait été bloquée que par une voix. Il a souligné que l’accord récemment conclu entre le Maroc et l’UE est illégitime, compte tenu de l’arrêt de la CJUE, affirmant que le Sahara occidental et le Maroc sont des territoires distincts.
Mobilisation de la société civile contre l’exploitation des ressources
Bachir a fait remarquer que, le terme Sahara occidental étant inacceptable pour l’occupant marocain, les négociateurs ont proposé d’adopter 2 nouveaux noms pour les régions occupées de Dakhla et de Laâyoune. Or, ces noms sont incompatibles avec le droit commercial européen, qui exige la mention du pays d’origine. Bachir a insisté sur l’absence de consentement du peuple sahraoui à cet accord et sur l’illégalité de justifier ce manque de consentement par les prétendus bénéfices que la population locale tirerait du développement économique.
Il a réaffirmé que suite à l’arrêt de la CJUE de 2024, il existe un cadre juridique solide pour empêcher toute exploitation des ressources du Sahara occidental : produits agricoles et marins, énergie, tourisme, phosphates, etc. Il a affirmé que le Front Polisario continuera d’utiliser ce cadre juridique contre les entreprises impliquées dans cette colonisation économique. Selon lui, la société civile pourrait également apporter son aide à cet égard, citant les manifestations organisées mercredi dernier dans le sud de la France contre l’importation illégale de tomates-cerises.
Appel aux autorités espagnoles à cesser leur soutien
La présidente des associations espagnoles de solidarité avec le peuple sahraoui, Maite Isla, affirme, pour sa part, que le récent accord commercial entre l’Union européenne et le Maroc concernant l’étiquetage des produits importés du Sahara occidental occupé perpétue et soutient économiquement l’occupation. À cet effet, elle appelle les autorités espagnoles à cesser leur soutien à cet accord.
Dans une lettre adressée au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et relayée par l’agence de presse sahraouie SPS, Mme Isla a exprimé son «rejet catégorique» de la position du parti soutenant l’accord UE-Maroc sur l’étiquetage des produits provenant des territoires occupés du Sahara occidental, position exprimée lors
du vote au Parlement européen jeudi. Elle a ajouté que «cinq décennies se sont écoulées de puis l’occupation marocaine du Sahara occidental, qui, outre son caractère militaire, constitue une colonisation démographique et
économique», soulignant que cette occupation n’aurait pas pu se poursuivre sans la coopération
de l’Union européenne.
Isla a constaté, dans cet écrit, que malgré les arrêts de la CJUE, rendus en octobre 2024, qui ont clairement établi le statut «distinct et séparé» du Sahara occidental par rapport au Maroc, les institutions européennes «continuent
de chercher des mécanismes pour intervenir sur le territoire sans le consentement du peuple sahraoui». Elle a vivement critiqué le gouverne ment espagnol pour son soutien à l’occupation marocaine du Sahara occidental, le plaçant ainsi en violation du droit international, et pour son désengagement du secteur agricole espagnol, les accords conclus avec le Maroc «imposant une concurrence déloyale à l’agriculture espagnole».
Synthèse Samira C.