Intelligence artificielle: L’Algérie, 1e au Maghreb

En matière d’intelligence artificielle, l’Algérie est classée 1e au Maghreb, selon l’hebdomadaire britannique The Observer.

Les efforts déployés par les pouvoirs publics, sur instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour faire de notre pays un pôle de l’Intelligence artificielle (IA) régional commencent à donner leurs fruits. Grâce à cet élan en faveur des nouvelles technologies, l’Algérie vient d’être classée première du Maghreb dans la course mondiale à l’IA. Un leadership régional confirmé par les données internationales fournies par l’Indice mondial 2025 sur l’IA conduit par l’hebdomadaire britannique The Observer.

Un pilier stratégique de compétitivité et d’innovation

«Il est vrai que l’IA en Algérie est un chantier national colossal qui reste à accomplir. Mais ce classement prouve que l’IA dans notre pays n’est plus une simple promesse. Elle est devenue un pilier stratégique de compétitivité et d’innovation à l’échelle mondiale. Les toutes récentes données du Global AI Index 2025, l’un des classements les plus reconnus au monde pour mesurer l’écosystème national de l’IA, le confirment en plaçant notre pays en tête du Maghreb en matière de développement de l’IA, devant le Maroc et la Tunisie», indique le président du Conseil supérieur national de l’IA, Merouane Debbah.

Selon cette étude internationale de The Observer, poursuit-il, l’Algérie se distingue par une progression notable dans plusieurs composantes clés de l’écosystème IA, incluant l’investissement numérique, l’intégration de technologies basées sur l’Intelligence artificielle dans les secteurs public et privé, ainsi que des efforts initiaux en structuration d’un environnement d’innovation. «Ce classement constitue une étape importante pour notre région, car il montre que notre pays, en dépit de ressources plus modestes que celles des grandes puissances, a su orienter ses efforts vers les bonnes priorités: structuration d’écosystèmes technologiques, stimulation de l’innovation locale et ouverture à l’écosystème mondial», souligne-t-il.

Cette performance régionale est d’autant plus significative, soutient-il, que le Maghreb, malgré son potentiel, demeure globalement sous-représenté dans les grands classements mondiaux à cause de contraintes historiques dans la recherche, la formation et les cadres institutionnels.

Consolidation du soutien institutionnel aux start-up

«Notre positionnement est certes encourageant, mais il ne doit pas nous faire oublier que le véritable défi n’est pas seulement d’être le premier du Maghreb, mais de bâtir une base solide qui permette à notre économie et à notre société de maîtriser, développer et réguler l’IA pour le bien commun», estime Debbah. C’est pour atteindre ce but justement, confie-t-il, que les experts au sein du Conseil national de l’IA ont identifié des chantiers principaux à mettre en œuvre.

À savoir, l’intensification de la formation et la rétention des talents spécialisés, dans les domaines avancés de l’apprentissage automatique et des systèmes intelligents notamment, la consolidation du soutien institutionnel aux start-up et aux pôles d’innovation, afin de transformer davantage d’idées en solutions compétitives sur les marchés mondiaux et le renforcement des infrastructures de calcul et des réseaux numériques, indispensables pour accompagner les projets de recherche et de développement ambitieux.

Le leadership régional en IA n’est pas une fin en soi

«Un cadre réglementaire clair et proactif, permettant d’encadrer l’adoption de l’IA tout en protégeant les droits fondamentaux et les valeurs sociétales, est essentiel. Par ailleurs, la position acquise par l’Algérie peut servir de catalyseur pour toute la région. En consolidant les acquis et en accélérant les réformes structurelles, le Maghreb a l’opportunité d’émerger comme un pôle d’attraction et d’innovation autour de l’IA, capable non seulement de réduire la dépendance technologique, mais aussi d’influencer les standards et les usages à l’échelle africaine et méditerranéenne», signale-t-il en relevant que le leadership régional en IA n’est pas une fin en soi, mais c’est une responsabilité.

Une responsabilité, précise-t-il, d’investir dans nos talents, de bâtir des infrastructures solides et de définir un modèle de développement technologique qui soit inclusif, éthique et durable. «Pour qu’un pays maîtrise l’IA, il lui faut des bâtisseurs, des architectes de systèmes, capables non seulement de comprendre ses mécanismes profonds, mais aussi de concevoir ses fondements et d’en anticiper les implications. L’ingénieur algérien, par son parcours, sa formation et son ancrage scientifique, est déjà prêt à relever ce défi. La qualité de la formation scientifique en Algérie est un trésor national», affirme-t-il.

Un capital humain de qualité

Il suffit, selon lui, d’observer les signaux récents pour s’en convaincre. «Le classement mondial publié par The Observer positionne l’Algérie à la 6511 place mondiale, sur 193 pays éva-lués. Nous sommes ainsi le quatrième pays africain en matière d’IA, juste derrière l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Ghana. Ce résultat est d’autant plus remarquable que notre pays y parvient avec des moyens modestes, mais grâce à un capital humain de qualité, façonné par des bases scientifiques solides», rapporte-t-il.

Il assurera: «L’Algérie est une nation mathématique. C’est une réalité qu’on ne souligne pas assez. Nos jeunes, formés dans la discrétion, réussissent les concours les plus sélectifs, intègrent les universités internationales les plus prestigieuses et contribuent à la recherche de pointe à travers le monde. Leur trajectoire est celle de l’ingénieur algérien: enraciné localement, mais capable de rayonner globalement».

Farida Belkhiri

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