Lancement de la 5G: Une transformation numérique au service de plusieurs secteurs

Le lancement de la 5G permettra une transformation numérique au service de plusieurs secteurs tels que l’agriculture, l’industrie et la santé en Algérie.

Les axes stratégiques du développement et de l’accompagnement de l’économie numérique, en vue de la modernisation des infrastructures publiques et de l’amélioration des services, sont au cœur des débats avec le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, lors du forum de la Radio algérienne.

 Réussir la transition numérique

L’entretien met également l’accent sur les efforts déployés par l’Algérie pour développer les infrastructures du secteur des télécommunications, réussir la transition numérique et relever les défis liés au lancement de la technologie de 5e génération (5G). Le ministre salue, ainsi, «une étape majeure dans l’histoire technologique du pays», félicitant les Algériens pour le lancement effectif de la 5G, qu’il qualifie de «pas géant dans le processus de transformation numérique». Zerrouki rappelle que depuis le 3 décembre, dernier, le réseau de 5e génération est officiellement opérationnel dans plusieurs wilayas.

Son déploiement, indique-t-il, se fait progressivement sur l’ensemble du territoire, «de manière maîtrisée». Les opérateurs et les entreprises, selon lui, sont désormais techniquement prêts, ayant engagé l’adaptation de leurs réseaux à travers les technologies les plus récentes. Ouvrant une parenthèse sur le débat du retard, le ministre tient  à lever toute ambiguïté. Pour lui, «l’Algérie n’a pas tardé à lancer la 5G, elle s’y préparait», précisant que «cette phase a concerné aussi bien le cadre juridique que la gestion stratégique des bandes de fréquences, élément clé de tout réseau filaire ou sans fil».

L’Algérie lance la 5G au bon moment

Et pour appuyer ses propos, Zerrouki tient à comparer l’expérience algérienne à celle d’autres pays. «Le lancement précoce de la 5G ailleurs s’est fait à une époque où les usages étaient encore limités», fait-il remarquer. Or, avec l’essor rapide de l’intelligence artificielle, devenue aujourd’hui centrale, les domaines d’application se sont multipliés. C’est pourquoi, estime t-il, «le moment actuel est le plus approprié, voire inévitable». C’est grâce à cette stratégie, souligne le ministre, que l’Algérie se positionne désormais en première ligne.

Selon lui, «la 5G accompagnera l’agriculture intelligente, l’industrie 4.0, l’éducation, la médecine et d’autres secteurs stratégiques». D’ailleurs, affirme t-il, «les opérateurs sont prêts, les moyens sont mobilisés, le ministère et l’Autorité de régulation travaillent en coordination, tout comme les acteurs en charge de la cybersécurité et des infrastructures». Sur le plan technique, «l’infrastructure nationale en fibre optique constitue un socle solide pour la 5G», précise-t-il, ajoutant que «les câbles sous-marins viennent renforcer cette architecture, garantissant la stabilité et la performance du réseau».

Le ministre appelle toutefois à la compréhension des citoyens. «Des perturbations ponctuelles peuvent survenir au début», fait-il savoir, mais aucun opérateur n’y consent volontairement. «Elles s’inscrivent dans un objectif d’amélioration continue du service», insiste-t-il. Concernant le cadre réglementaire, il souligne que «contrairement à certains pays africains ayant introduit la 5G sans normes strictes, l’Algérie a opté pour des exigences élevées afin d’assurer la meilleure qualité de service possible».

6,7 millions d’abonnés à la fibre optique et à la 5G d’ici 2027

Sur le plan technologique, il rappelle l’existence de 2 architectures à savoir la 5G NSA et la 5G SA. La première, explique le ministre, «s’appuie sur la 4G pour un déploiement progressif et moins coûteux, alors que la seconde repose sur une infrastructure entièrement dédiée». «Une période transitoire pouvant aller jusqu’à 5 ans a été prévue, avant une migration obligatoire vers la version SA», précise Zerrouki.

S’agissant des essais, des tests techniques ont été menés durant l’été, puis lors de l’événement «Connected Algeria». Le lancement du 3 décembre dernier, précédé d’une phase pilote, a donné des résultats «au-delà des attentes, notamment en matière de débit», assure t-il avant d’aborder l’impact sur le quotidien des citoyens.

«La 5G ne se limite pas à l’Internet mobile»

Zerrouki tient à ce sujet à clarifier que «la 5G ne se limite pas à l’Internet mobile. Son objectif principal est une transformation qualitative, fondée sur la connectivité massive des objets, la très faible latence et des débits élevés». Il cite à titre d’exemple, «une station 5G peut gérer un nombre d’équipements sans commune mesure avec la 4G, réduisant ainsi les coûts dans les projets agricoles ou industriels de grande envergure».

Cette latence réduite ouvre également la voie à des usages critiques, comme la chirurgie à distance. «Un chirurgien à Alger pourra intervenir ailleurs dans le pays avec une précision quasi instantanée», illustre-t-il, soulignant l’impact direct sur la sauvegarde de vies humaines. La 5G permettra aussi, ajoute-t-il, «le développement du jeu vidéo avancé, la conduite à distance d’engins industriels et le pilotage de machines, améliorant productivité et qualité de vie».

En parallèle, le ministre met en avant l’accélération des projets liés à la souveraineté numérique. «L’Algérie compte aujourd’hui 2,9 millions d’abonnés à la fibre optique, un chiffre inédit en Afrique», rappelle t-il, soulignant que «le cap des 3 millions sera atteint dans les prochaines semaines, avec un objectif de 6,7 millions d’ici 2027 et l’abandon progressif du cuivre».

Lancement de nouvelles applications numériques et des comptes sans cash

Sur le volet postal, plusieurs chantiers ont été engagés pour moderniser Algérie Poste. «Les transactions par carte Edahabia ont presque doublé en un an, passant de 83 à 150 millions. L’ambition affichée est d’atteindre, à moyen terme, le milliard de transactions annuelles», fait-il savoir. Dans ce sens, le ministre annonce que: «de nouvelles applications numériques et des comptes sans cash seront lancés pour encourager le paiement électronique, réduire l’usage du liquide et renforcer l’inclusion financière».

Il souligne, enfin, «les progrès réalisés dans la disponibilité des distributeurs automatiques de billets, passée de 70 % à plus de 96 %, avec un objectif de 99 %». Et d’affirmer, «la réorganisation des bureaux de poste et le recrutement, menés sur des critères objectifs et en toute transparence, visent à améliorer durablement le service public postal», avant de conclure que «d’autres phases de renforcement sont prévues dans les mois à venir».

Assia Boucetta

 

 

Bouton retour en haut de la page