Signalement de la corruption: Lancement d’une plateforme numérique

Une plateforme numérique de signalement de la corruption dans le secteur social est lancé dans le cadre de la lutte contre ce fléau en Algérie.

Dans une démarche  visant à ancrer l’intégrité au cœur de l’action sociale, la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la condition de la femme Soraya Mouloudji procède lundi à Alger au lancement d’une plateforme numérique de signalement de la corruption au sein du secteur accompagné d’un code de déontologie professionnel, et ce en présence de la présidente de la Haute autorité de transparence de prévention et de lutte contre la corruption (HATPLC), Salima Mesrati ainsi que des représentants d’instances consultatives constitutionnelles, et des responsables des services de sécurité.

L’indicateur de performance «Intégrité»

L’initiative place le citoyen au centre du dispositif de gouvernance et renforce la stratégie algérienne contre les dérives administratives. Lors d’une journée de formation consacrée à cet effet, la ministre prononce une allocution dans laquelle elle explique que cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption et de renforcement de l’intégrité, laquelle repose essentiellement sur l’éthique de la vie publique, la promotion d’une culture de l’intégrité au sein des institutions, l’amélioration de la transparence dans la gestion des deniers publics.

Il s’agit aussi de la réduction des foyers de corruption, le développement de mécanismes modernes et efficaces de contrôle et de prévention, ainsi que l’implication active des citoyens et de la société civile dans le processus de gouvernance démocratique.

Elle souligne que le secteur de la Solidarité nationale a adopté, en coordination avec la haute autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption l’indicateur de performance «Intégrité», l’un des outils les plus efficaces pour renforcer une culture institutionnelle fondée sur la performance, la transparence et le strict respect des normes éthiques et juridiques.

elle explique que cet indicateur a permis d’établir un cadre de référence clair, visant à évaluer objectivement le niveau d’intégrité au sein du secteur, à renforcer le professionnalisme et le sens des responsabilités chez les cadres et agents, à améliorer la qualité du service public à travers l’ancrage des valeurs de discipline, le respect du code de conduite et à mettre en place un système d’alerte précoce destiné à prévenir tout écart professionnel ou comportemental.

9.500 agents formés en un mois

Dans ce contexte, la ministre a précisé que le code de déontologie et d’éthique professionnelle du secteur a été élaboré comme l’une des pierres angulaires de l’ancrage de la culture de l’intégrité. Selon elle, ce code ne constitue pas simplement un ensemble de directives administratives, mais bien un pacte éthique et professionnel traduisant un engagement collectif en faveur d’une conduite intègre, responsable, juste et équitable.

Ses objectifs principaux, souligne-t-elle, consistent à promouvoir une culture d’intégrité et de transparence, instaurer un environnement de travail fondé sur le respect, l’honnêteté et la reddition des comptes, et placer systématiquement l’intérêt général au-dessus de tout autre considération.  Mouloudji tient à préciser que ce code a été élaboré de manière participative, à l’issue d’un diagnostic approfondi et d’une compréhension fine des missions spécifiques du secteur, qui interagit quotidiennement avec de nombreuses catégories sociales et fournit des services à fort caractère humain et social.

Quant à l’application mobile de signalement de la corruption lancé à l’occasion, elle a expliqué qu’elle est facilement téléchargeable sur les smartphones et cet outil simplifie la procédure de signalement, rapproche le service du citoyen et de l’agent public, et offre une interface intuitive permettant de saisir des informations, de joindre des preuves numériques le cas échéant, et de suivre en toute transparence l’état d’avancement du signalement. Elle souligne également qu’une série de journées de formation et de sensibilisation intensives a été organisée du 1er au 30 novembre 2025, et près de 9 500 agents des services locaux du ministère ont déjà bénéficié de ces formations.

«Un modèle de bonne gouvernance sectorielle»

De son côté, Salima Mesrati considère cette initiative comme un modèle de bonne gouvernance sectorielle affirmant que la plateforme numérique lancée ce jour constitue un canal sécurisé et confidentiel, conforme aux standards internationaux, notamment à la Convention des Nations Unies contre la corruption, qui reconnaît la protection des lanceurs d’alerte comme un pilier de la transparence. «Grâce à cette application, tout citoyen ou agent public pourra signaler un cas de corruption, joindre des preuves numériques, et suivre l’avancement de son dossier en toute transparence», a-t-elle précisé en insistant sur le caractère collectif de la lutte contre la corruption.

«Ce n’est pas une mission réservée aux institutions de contrôle. C’est un devoir partagé par l’ensemble de la société, en particulier les administrations publiques qui, comme celle de la Solidarité, ont un rôle central à jouer», déclare la présidente de l’HATPLC.

«Un outil efficace pour protéger les groupes ciblés»

«Le secteur de la solidarité nationale est le cœur battant de la société. Cela signifie que son action s’étend à tous les segments de la société, des familles et des femmes aux enfants, aux jeunes et aux personnes handicapées, ainsi qu’à tous les groupes vulnérables et les plus démunis. Le lancement d’une plateforme numérique dédiée au signalement de la corruption au sein du ministère de la Solidarité sociale revêt une importance capitale, car elle constitue un outil efficace pour protéger les groupes ciblés et garantir le respect de leurs droits. Cette mesure s’inscrit pleinement dans le cadre des objectifs de la Stratégie nationale pour la transparence, la prévention et la lutte contre la corruption», explique Mesrati.

Elle rappelle que l’Autorité qu’elle préside place la lutte contre la corruption au cœur de ses priorités, en adoptant des politiques de réforme globales, en renforçant le cadre législatif et réglementaire et en activant les mécanismes algériens de transparence et de contrôle.

Cependant, mentionne Mesrati «la lutte contre la corruption ne saurait se limiter aux seuls efforts officiels mais elle exige une mobilisation générale de toutes les composantes de la société, y compris les institutions et administrations publiques». La présidente de la HATPLC affirmera: «nous sommes confrontés à une responsabilité historique qui exige de nous tous, État et société, d’unir nos forces et nos énergies afin de bâtir une société régie par les valeurs d’intégrité et de transparence».

Aya Malak

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