Tacherift insiste sur le devoir moral de la démarche

Tacherift insiste sur le devoir moral de la démarche de criminalisation du colonialisme, samedi à Alger, devant les députés.
Le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Abdelmalek Tacherift, qualifie cette initiative de «devoir moral et historique et acte souverain de justice envers les victimes de plus d’un siècle d’occupation». Le ministre salue l’initiative législative, la qualifiant de «précieuse» et de témoignage d’une «conscience nationale éveillée». Selon lui, cette proposition de loi «renforcera le dispositif législatif national, soucieux de protéger la Mémoire nationale» et confirme que «l’État de droit, à travers toutes ses institutions, assume pleinement son droit souverain à préserver son Histoire».
«Se souvenir des crimes du colonialisme français»
S’adressant aux parlementaires, le ministre souligne que «se souvenir des crimes du colonialisme français n’est pas simplement un rappel du passé. C’est un devoir moral et historique». Il a énuméré les exactions commises: meurtres massifs, tortures systématiques, déplacements forcés, exils, spoliation des terres, destruction des structures sociales, et tentative délibérée d’effacer les traits distinctifs de la personnalité algérienne et les composantes fondamentales de son identité nationale.
Tacherift insiste sur le caractère systémique de l’oppression coloniale, rappelant que «le colonialisme s’est montré impitoyable dans sa répartition de la misère, frappant sans distinction et recourant à tous les «mesures» juridiques, administratives, militaires pour légitimer une occupation qui a duré plus d’un siècle». Son objectif était clair: asservir le peuple algérien, le dépouiller de ses droits fondamentaux et éteindre la flamme de la résistance. Mais, souligne-t-il, «cette flamme ne s’est pas éteinte; elle ne faisait que s’intensifier, jusqu’à embraser tout le pays et mener à la victoire de la Glorieuse Révolution de Novembre».
«Les atrocités coloniales subies par l’Algérie ne sauraient être oubliées»
Le ministre martèle que «les atrocités coloniales subies par l’Algérie ne sauraient être oubliées» et que «conformément aux principes et conventions internationaux, il est impératif de les reconnaître, car sans reconnaissance, il n’y a ni justice, ni humanité, ni équité. Il n’y a point d’avenir digne». Il met en avant la politique relative à la consolidation de la Mémoire nationale impulsée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, la décrivant comme «une source de valeurs et de principes et la voie fondamentale vers la justice historique». Cette démarche, ajoute-t-il, constitue «un message clair adressé au monde, confirmant que l’Algérie exige la reconnaissance et assume pleinement sa responsabilité envers son Histoire, en exerçant sa volonté souveraine».
Le ministre place également cette initiative dans le cadre du droit international, soulignant qu’elle s’inscrit dans l’engagement de l’Algérie envers le droit des peuples à des réparations et recours, comme le consacrent les chartes des Nations unies. Abordant la portée symbolique et juridique de la proposition de loi, Tacherift affirme que «ce sujet incarne bien plus qu’une simple disposition juridique. Il constitue une condamnation solennelle d’un système colonial fondé sur l’oppression, l’injustice et la négation de l’autre. Il confirme, dans le même temps, que l’Algérie victorieuse ne transigera jamais avec sa Mémoire nationale».
Il a rendu hommage aux initiateurs de cette démarche législative, précisant que cette séance ne vise pas seulement à amender un texte, mais à lui insuffler la force morale que mérite le sacrifice de générations d’Algériens. «Cette proposition de loi n’est pas qu’un simple texte législatif. Elle rend hommage aux martyrs, protège la Mémoire nationale et consolide les valeurs de justice historique qui demeureront, à jamais, un phare pour les générations présentes et à venir», conclut-il.
Aya Malak