Ouvertures de rocades à Alger: des «acquis» qui changent le quotidien des automobilistes

Les nouvelles ouvertures de rocades à Alger transforment le trafic et le quotidien des automobilistes.

Alger respire un peu mieux. Depuis la mise en service progressive de plusieurs tronçons de rocades et de pénétrantes stratégiques, la circulation dans la capitale amorce une amélioration tangible, notamment sur les axes ouest et sud-ouest longtemps saturés.

Ces ouvertures, attendues depuis des années par les usagers, sont désormais perçues par de nombreux automobilistes comme de véritables «acquis», malgré les désagréments ponctuels liés aux chantiers encore en cours. Au cœur de cette dynamique figure la pénétrante 5 Juillet–2e rocade, pensée comme un maillon essentiel pour désengorger Alger. Des tronçons reliant l’échangeur du Complexe olympique du 5 Juillet à Kheraicia, via Baba Hassen, ont été mis en service, offrant une alternative fluide aux axes traditionnels souvent engorgés. La réception de ces sections, intervenue fin 2025, a déjà permis de réduire les temps de parcours pour des milliers d’usagers se rendant quotidiennement vers Douéra, Baba Hassen ou les communes limitrophes.

Sur le terrain, le changement est perceptible. « Avant, il me fallait parfois plus d’une heure pour traverser l’ouest d’Alger aux heures de pointe. Aujourd’hui, avec la rocade, le trajet est plus direct et surtout plus prévisible », confie un automobiliste habitué de l’axe 5 Juillet-Douéra. Pour beaucoup, ces nouvelles infrastructures représentent un gain de temps, mais aussi une baisse du stress au volant.

Des projets structurants appelés à se compléter

Si plusieurs tronçons sont déjà opérationnels, le chantier est loin d’être achevé. Le dernier tronçon de 3 km reliant Baba Hassen à Kheraicia devrait être livré au 2e trimestre 2026, complétant ainsi la continuité de la pénétrante 5 Juillet-2e rocade. Parallèlement, des projets complémentaires sont à l’étude afin de renforcer l’efficacité du réseau : réalisation d’une trémie au niveau de la cité Mohamed Boudiaf, création d’un échangeur dédié à la rocade sud, élargissement de cette dernière de quatre à cinq voies, ainsi que l’aménagement de la route côtière reliant Bab El Oued à Aïn Benian.

Ces investissements visent un objectif clair , fluidifier durablement la circulation et accompagner la croissance urbaine de la capitale. Toutefois, cette transformation se fait par étapes. Des fermetures temporaires, comme celles enregistrées sur la rocade sud en octobre 2025, restent nécessaires pour permettre l’avancement des travaux, provoquant parfois des perturbations et des embouteillages ponctuels. Un désagrément que les autorités appellent à considérer comme transitoire.

Une stratégie globale de mobilité

Au-delà des seules infrastructures routières, la wilaya d’Alger inscrit ces ouvertures dans une stratégie globale d’amélioration de la mobilité urbaine. Selon Idir Ramdane Chérif, directeur des transports de la wilaya d’Alger, cette politique repose sur une vision volontariste et structurée. Une étude approfondie du plan de circulation de la capitale a ainsi été confiée au bureau d’études BETUR. Déployée en cinq phases, elle ambitionne une refonte complète de l’organisation des déplacements, en intégrant les flux de voyageurs et de marchandises, la problématique du stationnement et les dysfonctionnements chroniques du trafic.

La modernisation passe également par l’introduction de solutions intelligentes. L’installation progressive de feux tricolores intelligents sur 260 carrefours, des panneaux à messages variables et un système de gestion des voies rapides visent à optimiser la régulation du trafic, en particulier dans le centre-ville avant une extension à d’autres zones.

Dans cette logique, la gare multimodale de Bir Mourad Raïs est appelée à jouer un rôle stratégique. En limitant l’accès au centre-ville pour les véhicules venant de l’ouest et du sud du pays, elle facilitera l’interconnexion entre les différents modes de transport, notamment grâce à l’extension du tramway sur la ligne Ruisseau-Bir Mourad Raïs.

Des usagers globalement satisfaits, malgré les contraintes

Sur les routes, les automobilistes reconnaissent les avancées. « Il y a encore des bouchons, surtout quand un tronçon est fermé pour travaux, mais on sent que les choses bougent. Ces rocades, c’est un acquis pour Alger », estime un chauffeur de taxi. Un sentiment partagé par de nombreux usagers, qui voient dans ces projets un pas concret vers une capitale plus fluide et mieux organisée.

À terme, la phase finale de l’étude du plan de circulation prévoit des mesures encore plus ciblées pour désengorger les grandes artères, combinant amélioration du réseau routier et gestion intelligente des flux automobiles. En attendant l’achèvement de l’ensemble des chantiers, les ouvertures successives des rocades s’imposent déjà comme des leviers essentiels pour transformer durablement la mobilité à Alger.

Samira Sidhoum

Bouton retour en haut de la page