Cinéma: Une amorce de relance

Le cinéma algérien, entre volonté politique, nouvelles productions, festivals et projets structurants, l’année écoulée marque une amorce de relance du 7ᵉ art.
L’année qui s’achève a été incontestablement celle d’une forte volonté de faire redémarrer l’activité cinématographique en Algérie. Dès le début du mois de janvier 2025, des assises nationales ont regroupé des professionnels qui ont débattu de l’état du cinéma et des moyens de sa relance. Dans une allocution, le 19 janvier, le président Tebboune a exprimé une forte volonté de redynamiser cet art et une feuille de route a été élaborée à cet effet pour que «notre cinéma retrouve son lustre d’antan », a-t-il dit. Les participants ont plaidé pour la mise en place d’un système de financement durable, l’actualisation du cadre réglementaire, la numérisation, la formation, la modernisation des infrastructures et la sauvegarde des archives.
Outre les traditionnels feuilletons du Ramadhan 2025 diffusés par les télévisions, des films sont sortis sur nos écrans.
En plus de « Zighout Youcef » de Mounes Khemmar, « Algiers 196 mètres » de Taleb Bendiab, « Le fils du pauvre » d’Ali Berkenou, « Première ligne » de Merzak Allouache, « La Gare Aïn Lahdjar » de Lotfi Bouchouchi et « Dounia » de Rim Laredj ont enrichi la filmographie nationale.
Film sur l’Émir Abdelkader: le projet qui symbolise la renaissance du cinéma algérien
Citons également quelques documentaires comme « Et si on parlait de toi », d’Ali Mouzaoui, consacré à la pédagogue et auteure Djouher Amhis, « Ali Laimeche, une utopie en marche » sur la vie et le parcours du militant nationaliste de Yazid Arab, « Les prisonniers algériens de l’île Sainte-Marguerite », d’Ali Fateh Ayadi et « Zinet Alger : Le bonheur » de Mohamed Latreche, produits par le ministère de la Culture et des Arts, qui a lancé aussi de nombreuses initiatives (semaines de films, récupération de salles dans diverses wilayas).
Abdelmadjid Tebboune a également ordonné d’accélérer le lancement du projet de réalisation du film sur l’Émir Abdelkader, qui a fait l’objet tout au long de l’année dernière de nombreuses rencontres à divers niveaux.
Signe de cette relance, des festivals se sont aussi tenus. En plus de celui du film arabe à Oran, Annaba a abrité celui du film méditerranéen, Timimoun celui du court-métrage, Saïda son traditionnel festival national de la littérature et du cinéma de la femme et Batna celui d’Imedghassen.
Cinéma algérien: entre les lauriers internationaux et les larmes du deuil
Durant ce dernier mois de l’année, une rencontre internationale dédiée aux films engagés s’est tenue à Alger. Par ailleurs, quelques productions sont en phase de tournage ou de montage et d’autres sont, à l’instar du film sur le colonel « El Haoues » de Yasmine Chouikh, en attente de relance. À ce tableau, il faut ajouter que des films comme « Ettayra Essafra » de Hadjer Sebbatta et « Fanon » d’Abdenour Zahzah ont obtenu des prix dans des festivals à l’étranger.
4 personnalités du 7ᵉ art nous ont hélas quittés. Après Mohamed Lakhdar Hamina, qui a obtenu en 1975 la Palme d’or au Festival de Cannes pour la célébrissime épopée « Chronique des années de braise », Biyouna, autre figure très populaire de la scène algérienne, a tiré sa révérence.
Sa disparition, comme celle de Fawzi Saichi et de Hamza Feghouli, connu sous le nom de Ma Messaouda, a provoqué une grande émotion. Le réalisateur et scénariste Sid Ali Fettar lui est décédé à l’âge de 82 ans.
Samira Belabed