Saihi: «L’Etat place le citoyen au cœur de ses priorité»

Les dernières revalorisations du salaire minimum garanti et de l’allocation chômage ne sont pas de simples ajustements ponctuels, souligne Abdelhak Saihi.
« Ces décisions s’inscrivent dans une stratégie sociale cohérente, définie par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui visent à protéger le pouvoir d’achat et consolider le rôle de l’État dans la vie des citoyens », précise Saihi.
« Un effort budgétaire exceptionnel de 900 milliards de dinars »
Saihi rappelle que mesures ne sont pas isolées. Depuis 2020, l’Exécutif a engagé un calendrier de réformes visant à soutenir les revenus des ménages et à protéger les plus vulnérables. L’exonération de l’impôt sur le revenu global (IRG), mise en place dès 2020, a constitué, rappelle le ministre du Travail, de l’emploi et de la sécurité sociale, « le premier levier ». Elle a été suivie, entre 2022 et 2024, de plusieurs revalorisations salariales successives, représentant « un effort budgétaire exceptionnel de 900 milliards de dinars ». Dans ce cadre, la première étape adoptée a été l’augmentation du Salaire national minimum garanti (SNMG) à 20.000 DA à partir du 1er juin 2020, celui-ci n’ayant connu aucune hausse depuis près d’une décennie, une décision qui avait été prise en dépit des difficultés financières, de la baisse des prix du pétrole et des effets de la pandémie de Covid 19.
Deux ans plus tard seulement, l’année 2022 a connu la plus grande opération de revalorisation des salaires depuis l’indépendance, lorsque le président de la République a ordonné la révision de la grille indiciaire de la fonction publique, une démarche ayant permis d’élargir la base des augmentations dans les différents corps et grades, avec des hausses allant de 4.500 à 8.500 DA par mois, soit une augmentation avoisinant les 47% sur trois ans (2022-2023-2024). Ces augmentations ont touché non seulement le salaire de base, mais aussi les primes et indemnités mensuelles et non mensuelles. Cette mesure s’est accompagnée de la suppression de l’impôt sur le revenu global (IRG) au profit des salariés percevant des rémunérations inferieures à 30.000 DA, dont le nombre est estimé à 6,5 millions de travailleurs et de fonctionnaires, une décision qui s’inscrivait dans le cadre de la concrétisation des engagements pris par le président de la République lors de sa candidature à l’élection présidentielle de 2019.
Maintien du caractère social de l’État malgré les pressions économiques extérieures
Saihi souligne que tous les fonctionnaires ont bénéficié de ces mesures, avec une progression moyenne des revenus de 53 % sur quatre ans. Cette dynamique démontre, selon le représentant du gouvernement, la détermination du Président à maintenir le caractère social de l’État malgré les pressions économiques extérieures, alors que plusieurs pays voisins ont dû opter pour des politiques d’austérité face à la montée de l’inflation. Et d’insister : «Dans un contexte économique mondial instable et marqué par la hausse des prix, cette approche traduit une volonté de préserver la stabilité sociale tout en accompagnant la transformation économique du pays».
La revalorisation de l’allocation de chômage à 18 000 dinars constitue un autre volet majeur de cette stratégie. Il s’agit, selon le ministre, d’un dispositif d’accompagnement et d’insertion professionnelle. « Depuis 2022, ce mécanisme a permis à près de 947 000 jeunes d’accéder à des emplois stables, contribuant à la réduction du chômage structurel et au dynamisme des secteurs économiques en croissance ». Le dispositif a également été modernisé.une avancée notable soulignée par Saïhi.
Consolider le modèle social
L’inscription à l’Agence nationale de l’emploi se fait désormais exclusivement en ligne, assurant rapidité et transparence. Chaque bénéficiaire profite d’un suivi régulier et est orienté vers des opportunités concrètes sur le marché du travail. Les formations qualifiantes, intégrées au dispositif, permettent d’accroître les compétences et d’augmenter les chances d’accès à un emploi durable. « La prime, accordée pour une durée d’un an et renouvelable, devient ainsi un véritable tremplin vers l’insertion professionnelle », indique Saihi. Outre les chiffres, ces mesures s’inscrivent dans une logique globale. Elles combinent la revalorisation des revenus pour protéger le pouvoir d’achat, la protection des jeunes face au chômage, la modernisation des outils publics, et la consolidation du modèle social. Elles traduisent la volonté de l’État de concilier réformes économiques et justice sociale, un équilibre jugé indispensable pour préserver la stabilité et préparer la croissance future.
Dans ce cadre, le dernier Conseil des ministres a confirmé la priorité du chef de l’Etat. Mettre le citoyen au centre des choix publics, renforcer sa capacité à résister à l’inflation et anticiper les contraintes économiques mondiales. Pour le ministre, l’État assume, ainsi, son rôle protecteur tout en soutenant l’insertion professionnelle et la consommation interne. Selon Saihi, la vision du gouvernement tend à combiner efficacité économique et cohésion sociale, en plaçant le citoyen au cœur des décisions. À travers ces mesures, l’Algérie affirme sa capacité à préserver un filet social solide, condition indispensable pour envisager une croissance durable et inclusive. L’amélioration du pouvoir d’achat et l’accompagnement des jeunes sur le marché du travail ne sont plus des initiatives ponctuelles, mais une ligne directrice assumée qui structure l’action publique et sécurise le contrat social entre l’État et la population.
Samira Azzegag