Structuration de la filière laitière : Danone Djurdjura Algérie expose son expérience

La performance de la chaine des approvisionnements semble être la nouvelle devise du Danone Djurdjura Algérie dans sa conception d’une filière laitière durable.
Danone Djurdjura Algérie réunit, dimanche à Alger, professionnels et experts du secteur laitier sous le thème : «De la prévention à la performance pour une filière durable et résiliente».
Une inédite stratégie d’accompagnement technique
Lors de cette première journée, les participants ont exploré des thématiques clés pour l’avenir de la filière : santé animale, reproduction et diagnostic. L’événement a permis de partager expertises, innovations et bonnes pratiques afin de renforcer la durabilité et la performance du secteur laitier en Algérie. Le débat s’est de prime abord centré sur les difficultés rencontrées par les éleveurs. Responsable Corporate Affairs chez Danone Djurdjura Algérie, Zakari Sayah explique que l’entreprise a déployé une stratégie d’accompagnement technique inédite, devenue un véritable levier de transformation pour la filière laitière. Celle-ci répond à plusieurs défis, entre autres, faiblesse de la productivité, manque de connaissances techniques, accès limité au fourrage et à l’eau potable, difficultés de financement et qualité insuffisante du lait.
«Beaucoup d’éleveurs n’arrivaient plus à vivre de leur activité et certains finissaient par abandonner», souligne-t-il. Face à cette situation Danone Djurdjura Algérie apporte un soutien global : assistance technique, accompagnement logistique et appui financier avec pour objectif d’améliorer la production, la qualité du lait et la santé animale. Il fait savoir que l’équipe pluridisciplinaire, composée de vétérinaires, techniciens et biologistes, a déjà permis des avancées significatives, et la stratégie a été récompensée à l’international pour son caractère innovant en matière de durabilité. «D’ici fin 2025, jusqu’à 75 % du lait collecté proviendra de fermes accompagnées par le programme», affirme le même responsable.
Milk Academy, programme et performance
Dans ce sillage, Danone Djurdjura Algérie a lancé «Milk Academy» destiné aux agriculteurs afin de renforcer la résilience de la chaîne d’approvisionnement laitière nationale. Sayah rappelle que le concept Milk Academy se concentre sur la santé animale, la reproduction et l’accompagnement technique des éleveurs. «L’Algérie importe encore des vaches laitières européennes avec un potentiel de production de 35 à 45 litres par jour. Cependant, ce potentiel reste difficile à atteindre sans formation et outils adaptés. Le programme vise également à développer une race locale adaptée aux conditions climatiques et aux contraintes locales», explique t-il. Cette initiative, «à but non lucratif », se veut collective, celui de partager connaissances et expériences pour structurer la filière et renforcer sa résilience. «Nous nous rapprochons des institutions publiques et collaborons avec elles pour déployer ce programme de manière efficace», explique-t-il.
L’objectif étant d’enrichir d’encourager d’autres initiatives similaires pour soutenir durablement la filière laitière. Mokrane Boukir, responsable de la collecte de lait chez Danone Djurdjura Algérie, évoque l’engagement de l’entreprise pour une alimentation saine et durable. Pour lui, la qualité et la durabilité des productions passent par des filières fiables, durables et maîtrisées à toutes les étapes. Il estime que la coopération entre acteurs est essentielle pour accélérer la transition de toute la chaîne de valeur.
L’importation de la poudre de lait, un obstacle majeur à la valorisation de la filière
Quid des agriculteurs? Président de la Chambre d’agriculture de la wilaya (CAW) de Tizi Ouzou, Hamid Saïdani estime que l’un des principaux défis de la production locale reste l’importation de la poudre de lait, qu’il considère comme un obstacle majeur à la valorisation de la filière. Cependant, il se veut optimiste : «Deux laiteries pour la production de lait demi-écrémé ont été lancées à Tizi Ouzou, et trois autres devraient prochainement entrer en service, ce qui donnera un véritable coup de pouce à cette filière. La consommation élargie de lait demi-écrémé contribuera à sa stabilisation». Le responsable a également salué les mesures annoncées par le ministère de l’Agriculture pour réduire les coûts de production. Ces initiatives, inscrites dans une stratégie globale de soutien et de développement de l’élevage, visent aussi à promouvoir la production de viande rouge.
Hamid Saïdani indique que la wilaya de Tizi Ouzou est largement reconnue pour sa production laitière et dispose d’un potentiel considérable. «Nous comptons près de 3.700 éleveurs pleinement engagés dans les programmes publics visant à développer la production et la collecte du lait», précise t-il. La wilaya abrite près de 30 000 vaches laitières qui produisent annuellement 130 millions de litres de lait, dont 80 millions sont collectés. «L’État a mis en place un programme ambitieux pour la production de lait de vache cru demi-écrémé, vendu à un prix réglementé de 25 dinars le litre», ajoute le responsable. La rencontre se poursuit ce lundi, offrant aux acteurs du marché l’opportunité de poursuivre les échanges et de découvrir de nouvelles solutions pour une filière résiliente.
Amokrane H.