Tourisme de montagne:Une activité en plein essor

Le tourisme de montagne est une activité en plein essor en Algérie.
Dans un pays dont les paysages sont exceptionnels, le tourisme de montagne demeure l’un des segments les plus prometteurs et, paradoxalement, le moins exploité du secteur touristique algérien. Des massifs verdoyants du Nord aux Hauts-Plateaux escarpés de l’Est, en passant par les reliefs emblématiques de la Kabylie et des Aurès, la montagne algérienne recèle un potentiel naturel, climatique et culturel capable de soutenir une dynamique touristique durable. Conscientes de ces atouts, les autorités publiques ont engagé, ces dernières années, une série de mesures visant à repositionner ce créneau comme un véritable levier de développement territorial et économique.
21 ZET destinées à accueillir des projets durables
C’est dans ce cadre que la ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Houria Meddahi, avait déjà affirmé que plusieurs mesures concrètes ont été prises pour renforcer et développer le tourisme de montagne en Algérie. Ces actions s’inscrivent dans une vision globale reposant sur l’amélioration de la qualité des services, l’aménagement d’espaces attractifs et la valorisation durable des zones montagneuses. Au cœur de cette stratégie figure l’identification de 21 zones destinées à accueillir des projets touristiques durables, officiellement classées en tant que zones d’expansion touristique (ZET).
Ces zones couvrent une superficie globale estimée à près de 2.000 hectares, traduisant l’ampleur de l’effort consenti par l’État pour structurer l’offre touristique de montagne à l’échelle nationale. Leur sélection répond à des critères liés à la richesse naturelle des sites, à leur potentiel d’attractivité et à leur capacité à accueillir des investissements respectueux de l’environnement. Dans le prolongement de cette démarche, 5 plans d’aménagement touristique ont été validés dans des régions stratégiques. Il s’agit de Tizi Oujaboub dans la wilaya de Tizi Ouzou, Megress à Sétif, Sin Alba à Djelfa, Tifrit à Saïda ainsi que la zone du barrage Ksob dans la wilaya de M’sila.
41 assiettes foncières destinées à l’implantation de projets touristiques variés
Ces plans constituent une étape clé dans la concrétisation des projets, en définissant les vocations des sites, l’organisation spatiale des infrastructures et les conditions d’accueil des investisseurs. Selon les précisions fournies par la ministre, ces plans ont permis la mise à disposition de 41 assiettes foncières destinées à l’implantation de projets touristiques variés. À terme, ces projets devraient offrir une capacité d’accueil de près de 3.000 lits, tout en générant plus de 2.000 emplois, contribuant ainsi à la dynamisation de l’économie locale et à la création de nouvelles opportunités professionnelles dans des zones souvent marquées par un déficit d’activités structurantes.
Les investissements prévus au niveau de ces zones se veulent diversifiés et adaptés aux spécificités du tourisme de montagne. Ils concernent notamment des résidences et campings touristiques, des centres sportifs, des espaces dédiés aux sports d’hiver, en particulier le ski, ainsi que des équipements de loisirs et de détente. Cette diversité d’offres vise à attirer différents profils de visiteurs, qu’il s’agisse de familles en quête de fraîcheur estivale, d’amateurs de sport de plein air ou de touristes désireux de découvrir les paysages de montagne.
Réhabilitation des sites
Parallèlement au développement de nouvelles zones, les pouvoirs publics accordent une attention particulière à la réhabilitation des stations de montagne existantes, véritables témoins de l’histoire touristique du pays. La ministre a ainsi rappelé les projets de réhabilitation des stations de Tala Guilef et de Tamgout, situées dans la wilaya de Tizi Ouzou, qui visent à moderniser les infrastructures, améliorer les conditions d’accueil et renforcer l’attractivité de ces sites emblématiques.
Dans le même esprit, le projet de la station climatique de Chelia, dans la wilaya de Khenchela, occupe une place centrale dans la stratégie de relance du tourisme de montagne dans les Aurès. Inscrit dans le cadre du programme complémentaire du président de la République au profit de cette wilaya, ce projet avance, selon Mme Meddahi, à un rythme satisfaisant, avec une réception prévue au début du 4e trimestre de l’année en cours (2026). Cette station est appelée à devenir un pôle structurant pour le tourisme climatique et de montagne dans la région.
Faire du tourisme de montagne un pilier à part entière
Au-delà des infrastructures, la ministre a également mis en avant la nécessité d’adapter le cadre juridique et réglementaire, afin de soutenir efficacement cette dynamique. Elle a ainsi exprimé sa volonté de soumettre une proposition visant à modifier le cadre régissant certaines zones destinées à l’aménagement touristique, au niveau de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI). Cette réforme vise à permettre aux investisseurs de réaliser eux-mêmes les travaux d’aménagement, sans recourir au budget de l’État, une orientation qui s’inscrit dans la volonté de renforcer le rôle du secteur privé et de favoriser un modèle de développement plus autonome et durable.
À travers l’ensemble de ces mesures, l’Algérie affiche une ambition claire: faire du tourisme de montagne un pilier à part entière de sa politique touristique. En misant sur la planification, l’investissement et la valorisation raisonnée des ressources naturelles, les autorités entendent transformer ces espaces en destinations attractives, créatrices d’emplois et porteuses de développement local. La montagne, longtemps perçue comme un potentiel inexploité, semble ainsi s’inscrire progressivement au cœur des priorités nationales en matière de tourisme.
Samira Sidhoum
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