Abdelkader Alloula: Un ouvrage fait revivre l’homme et le dramaturge 

À travers un ouvrage collectif, chercheurs, artistes et proches font revivre Abdelkader Alloula, révélant l’homme, le dramaturge et son héritage théâtral.

 Le 63ᵉ anniversaire de la nationalisation, le 8 janvier 1963, de l’Opéra d’Alger, devenu le Théâtre national algérien (TNA) a été célébré jeudi dernier. Cette date a surtout été marquée par la parution, avec le soutien du ministère de la Culture et des Arts d’un ouvrage intitulé «Abdelkader Alloula Ladjouad, Les Eternels».

Pour marquer cet événement fondateur, une exposition d’arts plastiques qui s’inspire de l’univers du dramaturge occupe le vaste hall du théâtre. En soirée, la ministre de la Culture Malika Bendouda a visité l’exposition et assisté à la représentation de scènes de «Ledjwad» de Alloula par la troupe «Istidjmam» d’Oran et honoré la famille du dramaturge.

Alloula, un pont entre générations et cultures

Auparavant, lors d’une cérémonie, plusieurs intervenants ont pris la parole pour souligner l’importance et la valeur de l’ouvrage collectif qui rassemble des témoignages sur Alloula et des réflexions sur son œuvre. Pour Mohamed Yahiaoui, directeur du TNA, cette dernière a su mêler patrimoine populaire algérien et influences théâtrales venues d’ailleurs pour créer un style unique. «Le livre permet de mieux comprendre son travail et rappelle que préserver la mémoire du théâtre est une responsabilité partagée, indispensable pour faire vivre la culture nationale», a-t-il lancé.

Rihab, la fille du dramaturge venue avec sa mère, a qualifié ce travail académique «d’œuvre venue du cœur, destinée à mettre en lumière le génie d’un homme qui a contribué à ouvrir une nouvelle ère pour notre théâtre».

Un comité scientifique a rassemblé des universitaires et des artistes algériens et des contributeurs de plusieurs pays (Palestine, Tunisie, Egypte, Sultanat d’Oman, Irak, Syrie, Etats-Unis, Espagne et France).Des membres de sa famille et d’ anciens compagnons ont également pris part à ce travail. Il s’agit d’un véritable dialogue entre une pluralité de voix, qui a pu créer un pont entre les générations pour raconter l’histoire du Théâtre national.

Un legs artistique qui continue d’inspirer

Le Pr Lakhdar Mansouri a expliqué que l’ouvrage bibliographique, fruit de 2 années de recherche et de documentation, compte 4 chapitres qui rassemblent plus d’une cinquantaine de contributions entre analyses, témoignages sensibles, regards d’artistes et de proches en 4 langues (arabe, français, anglais et espagnol). «Le travail de recherche a permis de révéler le visage humain d’Alloula, un homme généreux et bienveillant profondément proche du peuple, avec lequel il partageait les douleurs et les espoirs», a-t-il ajouté.

Azri Ghaouti, metteur en scène et ami du défunt, s’est attardé sur Alloula le gestionnaire lorsqu’il exerçait au théâtre régional d’Oran où il a été chargé de mener une action pilote de décentralisation. «Il fut le premier à établir une grille salariale pour les travailleurs du théâtre qui sera généralisée dans tout le pays», a-t-il rappelé. Il a également conçu l’organigramme du théâtre, rédigé les textes législatifs encadrant son fonctionnement et été à l’origine de la création de la première coopérative théâtrale du pays «1er Mai».

Pour le Pr Hamid Allaoui, le livre permet d’offrir une lecture plus intime du comédien et dramaturge. «Ces contributions nous aident à découvrir une personnalité complexe sur le plan artistique et humain», a-t-il relevé.

Abdelkader Alloula, né en 1939 à Ghazaouet, reste une figure emblématique du théâtre algérien. Auteur et metteur en scène, il a créé des œuvres marquantes. Sa vie a été tragiquement interrompue en 1994, lorsqu’il a été assassiné à Oran où le Théâtre régional porte son nom. Depuis, son legs artistique et son engagement pour la culture nationale continuent d’inspirer.

 

SouhaBahamid

 

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