Colloque national sur la mémoire et le patrimoine à Sidi Belabbès

Sidi Bel Abbès accueillera, le 5 février prochain, un colloque national consacré à la thématique du patrimoine et de la mémoire nationale dans les écritures historiques et anthropologiques de la région et de tout l’Ouest algérien.
La rencontre, qui se tiendra à la maison de la Culture «Kateb Yacine», réunira universitaires, chercheurs, doctorants et acteurs du mouvement associatif qui vont interroger les formes de construction, de transmission et de sauvegarde de la mémoire nationale.
Une dynamique de valorisation régionale
Organisé parle Laboratoire de recherches et d’études sur la pensée islamique en Algérie de l’université Djillali Liabès de Sidi Bel Abbès, en coordination avec la Direction de la culture et des arts de la wilaya, la maison de la Culture et plusieurs associations locales de préservation du patrimoine, le colloque s’inscrit dans une dynamique de valorisation du patrimoine historique, culturel et humain régional.
Le programme prévoit plusieurs sessions scientifiques animées par des enseignants-chercheurs de différentes universités nationales. Les débats porteront notamment sur les écritures historiques, les approches anthropologiques, la mémoire urbaine, le rôle des zaouïas, la tradition orale, les témoignages vivants, et sur la protection du patrimoine matériel et immatériel.
Croiser les disciplines pour une lecture globale
L’ordre du jour accordera également une place importante aux mutations sociales, aux formes de résistance culturelle et aux expressions locales de l’identité nationale. Les axes retenus visent à analyser les mécanismes de fabrication de la mémoire nationale à partir du terrain, en croisant les disciplines et en intégrant les apports de la société civile. A travers ces échanges, il s’agit de dépasser une approche fragmentée du passé pour proposer une lecture globale, enracinée dans l’expérience vécue des populations.
Contacté par nos soins, Omar Mimouni, doctorant en textes et documents de l’histoire contemporaine de l’Algérie à l’université de Sidi Bel Abbès, souligne que «le colloque défend une approche fondée sur le croisement des recherches historiques et anthropologiques, dans la mesure où ce dialogue sert directement la mémoire nationale». Selon Mimouni, «il s’agit de mettre en évidence les points de rencontre entre ces disciplines et d’en exploiter les résultats dans le champ de la recherche».
Mettre en valeur la dimension humaine et militante
Cette complémentarité disciplinaire répond, précise-t-il, à une exigence de fond : «Mettre en valeur les dimensions humaines et militantes de l’Algérien, en dépassant une histoire limitée aux faits et aux dates pour s’intéresser aux parcours, aux engagements et aux formes de résistance culturelle».
Mimouni, qui prendra part au colloque, insiste sur le rôle central des acteurs locaux dans la préservation de la mémoire : «Les recherches historiques et anthropologiques, lorsqu’elles sont appuyées par le rôle des zaouïas et de la société civile, contribuent efficacement à la documentation de la mémoire nationale et à la protection du patrimoine matériel et immatériel, notamment dans la région de Sidi Bel Abbès et de l’Ouest algérien.»
L’importance cruciale de la tradition orale
Selon notre interlocuteur, la tradition orale occupe une place déterminante dans ce processus. «La tradition orale, les témoignages vivants et les récits de vie participent à la reconstruction du patrimoine local en révélant des aspects souvent invisibles ou marginalisés», explique-t-il, soulignant que ces récits offrent «une vision plus claire, plus équilibrée et plus enracinée, fondée sur l’attachement à la terre, à la religion et à la patrie».
Le doctorant considère que cette démarche mémorielle joue un rôle de médiation sociale : «La mémoire orale constitue un outil efficace pour établir des passerelles entre les générations et les différentes catégories sociales, ce qui en fait une étape essentielle dans le service de l’histoire nationale et dans son écriture selon une vision nationale, fondée sur des principes civilisationnels arabo-islamiques et une diversité arabe et amazighe pensée dans une logique de complémentarité.»
AmineG.