Juba 2 un berbère romanisé et cultivé

Juba 2 un berbère romanisé et cultivé est le sujet traité lors d’une organisée mardi au Musée maritime à Alger.

Mohamed Belkheira est l’un des quatre conservateurs du patrimoine culturel du musée Public national de Cherchell. Lors de la conférence, il évoque le fabuleux destin de Juba 2 vassal des romains mais dont le règne, au premier siècle de notre ère a été à l’origine du développement de Cherchell. Durant prés d’une heure celui qui a obtenu son master en effectuant des recherches sur la pêche dans l’antiquité rappelle que le couple que Juba 2 a formé avec Cléopâtre Selené (déesse de la lune) a eu un destin peu commun.

Juba 2, un grand voyageur

Le père de l’un a été vaincu lors d’une bataille et la mère de l’autre marié à Marc Antoine en Égypte défait par l’empereur Octave. Leurs deux enfants seront élevés à Rome avant de se marier vers l’an 20 avant J C et de vivre en Afrique du nord. Le couple tout aussi mythique que leurs parents dirigera la Maurétanie césarienne qui s’étendait de l’ex-Cirta aux rives de l’Atlantique. Preuve de sa proximité avec Rome c’est le seul de ses représentants à pouvoir battre de la monnaie en or. Pour le conférencier Juba 2 n’a nullement contesté la présence romaine. «Contrairement à Massinissa ou Jugurtha, ce n’était pas un guerrier».

Dés lors, il s’attache à décrire sa stature intellectuelle qu’il qualifie de «sorte de revanche contre le sort et de preuve du génie des numides». Comme tous les esprits éclairés de l’antiquité, celui dont l’éducation était romaine et le goût artistique grec avait un savoir encyclopédique.

«Il a publié des ouvrages sur la botanique, la médecine, la musique dont on a n’a conservé aucun exemplaire mais ils sont cités par de nombreux auteurs», précise le conférencier. Grand voyageur il s’est rendu en Orient inaugurant la tradition des missions qui notent toutes les richesses naturelles et humaines des pays qu’elles traversent. «Il a voulu découvrir la source du Nil mais s’est rendu vers l’ouest», fait-il savoir. C’est à lui qu’on doit le mot Libyca qui sera le titre d’une revue que publiera à Alger le Centre National de Recherches Préhistoriques, Anthropologiques et Historiques (CNRPH).

«Césarée était avec son port, son phare semblable à Alexandrie»

Belkheira énumère les vestiges comme les aqueducs, le cirque, les remparts de Cherchell et son théâtre qui ont fait de cette cité un des plus grands ports de la méditerranée avec celui de Carthage. Il évoque aussi l’attachement de Séléné à son pays d’origine qui a perpétué dans les temples le culte d’Isis le dieu de l’Égypte pharaonique. «Césarée était avec son port, son phare semblable à Alexandrie», fait savoir le conservateur. Interrogé sur le rapport du tombeau de la Chrétienne avec le couple légendaire, il signale que «les histoires qui circulent à propos de ce monument relèvent plus de la légende que de l’archéologie».

Présente à la conférence la directrice du musée de Cherchell nous indique que «l’établissement compte un buste et deux fragments de Juba 2 et un autre de Juba 1 est au Louvre». Yennayer oblige, le musée de Cherchell ou une galerie est réservée à la famille royale a ramené des tableaux de nombreuses mosaïques. Elles représentent des rites et activités agricoles qui étaient également florissantes au temps de Juba 2 dont la dynastie a pris fin avec la mort de son fils Ptolémée en l’an 40. Un chapitre de notre histoire antique aussi vieille que le monde s’est refermé.

R. Hammoudi

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