Livre-posthume de Nourreddine Louhal: Testament pour La Casbah

Le livre posthume de Nourreddine Louhal, «La Casbah d’Alger, ma bataille», est un véritable testament dédié à la mémoire et à la préservation de La Casbah.
L’ouvrage du journaliste-écrivain Nourreddine Louhal est paru, à titre posthume, lors du dernier Salon international du livre d’Alger (Sila 2025).
«La Casbah d’Alger, ma bataille. Agenda d’une médina et de z’niqat délaissées», publié par «Hibr» édition au prix de 1.600 DA, comporte plus de 300 pages consacrées à la séculaire Médina d’Alger. Il condense plus de 10 années de production d’articles, chroniques, commentaires et témoignages parus dans divers journaux (Liberté, L’Authentique, Le Citoyen, El Watan et L’Expression) où il a exercé, ainsi que des entretiens accordés à d’autres confrères.
Un amour passionné pour La Casbah
Dans ce livre, transparaissent tout l’intérêt et l’amour que l’auteur porte à son quartier natal et son attachement à un patrimoine ancré dans la mémoire nationale et inscrit au patrimoine culturel mondial qu’il a remis sous les projecteurs dans d’innombrables écrits.
Dans ce véritable almanach de La Casbah, le lecteur pourra découvrir un trésor d’informations récoltées dans des pages de journaux, d’ouvrages, de films, d’expositions de photographies et d’histoires racontées par d’anciens habitants de La Casbah ou simplement narrés par des amoureux, des artistes, des écrivains, des poètes et cinéastes.
Entre constat amer et fresque historique
«La Casbah d’Alger, ma bataille» est aussi un constat amer sur l’état d’abandon de La Casbah et sur son délabrement silencieux et continu et un coup de gueule contre des centaines de tentatives inabouties et vaines pour sauver ce qui reste.
Le livre est aussi une fresque de la beauté d’Alger et de sa vieille cité, de ses traditions, de ses coutumes et de ses hommes valeureux.
La douceur de la vie dans ses venelles et les souvenirs d’enfance dans la sécurité du giron familial sont ressuscités par des noms de lieux, d’édifices, de saints, d’hommes et de femmes qui ont façonné la ville et son histoire. C’est l’épopée d’un peuple écrite avec le sang de ses enfants que Louhal raconte avec passion, dans un jargon qui titille la curiosité des profanes et la nostalgie des «ouled leblad» (enfants du pays). Louhal a légué un testament à sa femme et à ses deux filles qui ont tenu parole et publié l’ouvrage.
Un héritage familial respecté
«Mon père avait déjà choisi son éditeur. Je me suis occupée de la correction et ma mère des démarches à l’Onda», confie sa fille Yasmine.
Pour Amina, sa seconde fille, «ce livre est la promesse faite à notre père». «La Casbah était sa bataille, son quartier d’enfance, et tous ses livres ont été écrits sur la base de ses souvenirs dans la citadelle. Ce livre est son dernier cri du cœur et sa dernière voix qui continuera à vivre à travers ses pages», rappelle-t-elle.
Un parcours ancré dans l’histoire d’Alger
Nourreddine Louhal (1955-2024), né dans la Haute Casbah, est diplômé des métiers du bâtiment. Il a exercé en qualité de chargé d’études dans une entreprise publique du secteur de l’hydraulique, tout en collaborant avec divers journaux sous le pseudonyme de Nazim Djebahi. Passionné par l’histoire et la mémoire de sa ville, il est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés à Alger et à
La Casbah : «Chroniques algéroises : La Casbah», «Sauvons nos salles de cinéma», «Les jeux de notre enfance», «Instantanés sur une époque», «Alger la Blanche : contes, légendes et bouqalat», «Alger la mystique : ziyarat autour des fontaines», «Sauvons nos salles de cinéma, acte II : si nos salles de cinéma m’étaient contées» et «La légende du Doyen» consacré au Mouloudia Club d’Alger.
Hakim Metref