Nadir Benouis, réalisateur
«Je nourris l’ambition de réaliser de longs métrages»

Nadir Benouis, réalisateur, affirme «nourris l’ambition de réaliser de longs métrages».
Nadir Benouis fait partie des jeunes qui explorent plusieurs disciplines créatives. Chorégraphe et également réalisateur, il a déjà lancé 2 courts métrages abordant des thématiques différentes : l’un consacré aux chorégraphes algériens, et son dernier-né, «Papa» traite d’un sujet social sensible, celui du kidnapping d’enfants. Ce film a été récemment projeté lors des Journées du court métrage de l’étudiant à Tiaret. Dans cet entretien, Benouis nous parle de son film, de sa participation à cet événement universitaire et de ses projets
Entretien réalisé par : Souha Bahamid
Que représentent pour vous « Les journées du court métrage de l’Étudiant » et quelle est leur importance?
Cet événement représente pour moi un espace essentiel d’expression et de rencontre artistique. En tant que jeune réalisateur, il me permet de présenter mon travail devant un public averti et spécialisé, tout en favorisant l’échange d’idées et d’expériences entre étudiants et passionnés de cinéma. Il contribue également à valoriser le court métrage comme une véritable forme d’expression cinématographique, et non comme une simple étape de transition, et met en lumière de jeunes talents porteurs de visions sérieuses et originales.
Votre film « Papa » aborde des phénomènes sociaux sensibles. Pourquoi ce choix ?
J’ai choisi de traiter ces sujets parce qu’ils font partie des problèmes les plus graves qui menacent la stabilité de la société et touchent directement la cellule familiale, notamment les enfants, qui restent la catégorie la plus vulnérable. Les fléaux sociaux tels que l’alcoolisme, la délinquance, et surtout le phénomène de l’enlèvement d’enfants, ne sont pas de simples faits divers, mais de véritables blessures vécues en silence par de nombreuses familles. À travers «Papa», j’ai voulu mettre en lumière l’impact psychologique et humain de ces maux et transmettre un message de sensibilisation : la protection de l’enfant est une responsabilité collective.
Comment le public et les participants ont-ils réagi lors de la projection ?
Les réactions ont été très encourageantes et j’ai ressenti une réelle interaction avec le public, aussi bien pendant la projection que lors des échanges qui ont suivi. Ce qui m’a le plus marqué, c’est lorsque certains spectateurs m’ont confié qu’ils avaient reconnu une partie de leur propre vécu ou de celui de personnes proches dans le film. Pour moi, c’est la plus grande réussite, car l’œuvre a touché le public sur le plan humain, et pas uniquement artistique.
Après cette expérience, quels sont vos projets dans le cinéma ? Envisagez-vous de passer à des formats plus longs ?
Cette expérience m’a apporté une motivation et un sens des responsabilités encore plus forts. Je travaille actuellement sur le développement de nouvelles idées, notamment des courts métrages à caractère social et humain et des films expérimentaux. En parallèle, je nourris l’ambition de réaliser des longs métrages. Je reste convaincu que ce format demeurera un espace fondamental de recherche, d’expérimentation et de maturation artistique avant de passer à des films plus longs.
S.B