Omar Saâd expose à la galerie Mohamed Racim

À la galerie Mohamed Racim, Omar Saâd célèbre Yennayer à travers 72 toiles florales, offrant au public un printemps de couleurs au cœur de l’hiver algérois.
En ce temps de froid qui s’installe sur Alger, le mieux n’est pas de sauter dans le premier restaurant pour se réchauffer la panse. À la galerie Mohamed Racim, le printemps vous accueille à bras ouverts.
Une douce chaleur égaye l’espace à la faveur de 72 toiles, toutes ou presque, faites de roses et d’autres fleurs, que Mohamed Saâd exhibe depuis le 17 janvier dernier, à l’occasion de Yennayer, le Nouvel An amazigh.
Un jardin pictural aux mille nuances
La salle est, en effet, d’autant plus «fleurie» qu’on s’y croirait un instant dans un jardin enchanté, empli de senteurs. Au gré des œuvres pendant sur les façades de la galerie, «Fleurs du matin», «Violetta», «Géranium», «Symphonie de couleurs», pour ne citer que celles-là, se décline une constellation de couleurs vives, savamment dosées par la main du maître. «Les couleurs sont un élément essentiel dans ma création», résume l’artiste-peintre, non sans insister sur sa haute maîtrise du sujet, à travers des nuances et des dosages savants qu’il imprime à ses tableaux.
Séducteur patenté, Mohamed Saâd mit, à profit, ses 50 ans de création ininterrompue, pour faire de l’attirance la raison d’être de son engagement artistique. Rien, dans ses œuvres, n’est laissé aux aléas de l’improvisation. Il y veille comme la prunelle de ses yeux pour donner du plaisir et du sens à tous les regards croisant ses toiles.
Transmettre l’art et l’espoir aux jeunes générations
C’est sur le regard des jeunes qu’il semble jouer son va-tout esthétique. «Je veux que nos jeunes s’imprègnent de l’art. Je ne peux décrire la joie qui s’empare de moi à la vue de groupes de jeunes dans mes expositions. Ils incarnent l’espoir», plaide le plasticien sans toutefois admettre la délicatesse de la tâche au regard du déficit de culture artistique chez les jeunes. D’où, croit-il, l’intérêt que devrait porter l’école à travers tous ses paliers, à la création artistique dans l’espoir de mettre jeunes et enfants au diapason d’un monde dans lequel l’expression artistique est portée au sommet des priorités.
Sages paroles d’un artiste qui n’a jamais pourtant fréquenté les écoles d’art. S’il n’est pas le premier autodidacte, il reste sans doute l’un des plus ingénieux qui écument la scène algérienne. Dès sa tendre enfance, il sut précocement son chemin de vie, tout au long duquel il s’était donné corps et âme, pour réussir son pari de vivre par et pour l’art. Défi concluant à plus d’un titre grâce à 1/2 siècle de création et de labeur, constellé par des participations distinguées aux grands rendez-vous de l’art en Algérie et ailleurs dans le monde, comme en Belgique où il réussit à écouler à des passionnés une dizaine de toiles. Comme c’est le cas de cette exposition intitulée «L’éclosion de Yennayer» où les demandes d’acquisition de ses œuvres ne manquent pas.
Amine Goutali