Fer de lance d’une sidérurgie algérienne intégrée et compétitive

Fer de lance d’une sidérurgie algérienne intégrée et compétitive. L’apport du projet de Gara Djebilet sera indéniable pour sa restructuration et son développement.

De la mine à l’usine. Le mégaprojet de Gara Djebilet, avec ses importantes réserves estimées à environ 3,5 milliards de tonnes, se présente comme étant le fer de lance de l’industrie de transformation, particulièrement de la filière sidérurgique. Son apport sera indéniable pour sa restructuration et son développement.

La sidérurgie, moteur du développement industriel

Depuis l’indépendance, l’Algérie a misé sur la sidérurgie comme moteur du développement industriel. La filière a connu plusieurs étapes dans son développement, passant par des années de prospérité, de 1964 à 1982, durant lesquelles la filière a été en plein essor avec la création de la Société nationale de sidérurgie (SNS) et le développement du complexe d’El Hadjar. À partir de là, des signes de déclin commençaient à être perceptibles, en raison de multiples crises et dysfonctionnements et même à cause du manque de disponibilité de la matière première.

La mine de Gara Djebilet viendra, pour ainsi dire, impulser et donner un nouveau souffle à cette industrie et, pourquoi pas, lui permettre de retrouver son âge d’or. Pour en savoir plus, nous nous sommes rapprochés de la direction du développement industriel au ministère de l’Industrie. Celle-ci a confirmé, dans une contribution, que «la mine de Gara Djebilet, située dans le Sud-Ouest algérien, constitue un levier structurant pour les industries de transformation en Algérie.

Son exploitation constitue une opportunité stratégique majeure pour la filière sidérurgique nationale», estimant «qu’en matière d’approvisionnement local et de développement industriel, la mise en production, prévue à partir de 2026, permettra de fournir une source stable de minerai de fer aux aciéries algériennes, réduisant la dépendance aux importations massives de matières premières sidérurgiques. Des unités de traitement et de transformation (concentré de fer, pellets, briquettes, semi-produits) sont intégrées dès les premières phases de développement», ce qui favorise, a-t-on souligné, une valeur ajoutée locale importante plutôt qu’une simple exportation de matière brute.

Réduire la dépendance aux importations de minerai de fer

La direction du développement industriel affirme, dans le même sillage, que l’exploitation de Gara Djebilet permettra, en effet, à l’Algérie de réduire significativement sa dépendance aux importations de minerai de fer qui représentaient déjà plus d’un milliard de dollars par an. «Une disponibilité accrue de matières premières à moindre coût encouragera les industries locales à être plus compétitives sur les marchés internationaux. L’intégration du traitement du minerai (production de concentrés et de produits semi-finis) offrira des produits à plus haute valeur ajoutée, mieux adaptés aux standards mondiaux, ce qui peut renforcer les exportations de produits sidérurgiques finis ou semi-finis», relève-t-on.

En termes d’infrastructure et d’intégration industrielle, le projet de la ligne ferroviaire industrielle Béchar–Tindouf–Gara Djebilet constitue, souligne la même source, «un pilier pour l’acheminement du minerai vers les zones de transformation et les ports, créant une chaîne logistique structurée reliant le Sud profond aux pôles industriels du Nord. Le projet s’inscrit dans une logique d’intégration régionale de la chaîne sidérurgique, impliquant également des complexes industriels dans les wilayas de Béchar, Tindouf et Naâma».

Un effet multiplicateur…

Ladite direction au département de Yahia Bachir a souligné que la mine de Gara Djebilet contribuera à la création d’unités de transformation. «L’exploitation de Gara Djebilet ne se limite pas à l’extraction; elle comprend l’installation d’unités de traitement primaire du minerai (capacité prévue de plusieurs millions de tonnes par an à partir de 2026), ainsi que des centres de production de concentrés et de pellets dans la région de Béchar», souligne la même source qui met en avant l’effet multiplicateur de ce mégaprojet sur l’industrie.

«Ces installations favoriseront l’émergence d’industries de sous-traitance locale (maintenance des équipements lourds, approvisionnement en consommables industriels, services logistiques). Elles serviront aussi de base pour la fabrication locale de produits sidérurgiques à haute valeur ajoutée (rails, profilés, produits longs et plats), encourageant ainsi l’intégration verticale dans la chaîne industrielle». Aussi, le projet devrait, selon le ministère, générer des milliers d’emplois directs et indirects, en particulier pour les populations locales du Sud-Ouest, tout en stimulant la formation de compétences spécialisées dans la métallurgie, la logistique et les technologies de traitement minier.

Au-delà du secteur sidérurgique, l’exploitation de Gara Djebilet est, d’après notre source, «un facteur de diversification économique hors hydrocarbures, créant de nouvelles sources de revenus et stimulant la croissance industrielle durable».

Pour conclure, la direction du développement industriel a souligné que le projet Gara Djebilet «est bien plus qu’un simple chantier minier. Il constitue un puissant levier de restructuration industrielle pour l’Algérie. En fournissant une base locale de matières premières, en stimulant l’intégration industrielle, en créant des emplois et en réduisant les importations, ce projet ouvre la voie à une sidérurgie nationale plus autonome, compétitive et tournée vers l’export». Elle soutient que «grâce à des politiques d’accompagnement ciblées et à des investissements dans les infrastructures et les compétences locales, l’impact sur le tissu industriel national pourrait être profond et durable».

Wassila Ould Hamouda

sidérurgie algérienne

Bouton retour en haut de la page