Agrumes et aviculture frappés de plein fouet par les vents

Le secteur agricole subit plein fouet les effets des vents violents qui balayent plusieurs régions du pays et les vergers d’agrumes ainsi que les élevages avicoles figurent parmi les plus touchés.
Sur le terrain, les producteurs évaluent les pertes et tentent de sauver ce qui peut encore l’être et la situation est jugée critique dans les zones de production d’agrumes.
Chute massive des fruits
Ali Salem, président de l’Association professionnelle agricole des agrumiculteurs de la wilaya d’Alger (APAAWA), et membre du Conseil interprofessionnel de la filière des agrumes (CNIFA), évoque des pertes importantes. «Les vents ont provoqué une chute massive des fruits», explique-t-il. Oranges, mandarines et citrons se sont retrouvés au sol en grande quantité. Dans plusieurs exploitations, les arbres ont été fragilisés et des branches ont cédé sous la violence des rafales. Dès que les conditions climatiques se sont améliorées, les agriculteurs se sont mobilisés. Les récoltes ont été accélérées. Le ramassage des fruits tombés mais encore commercialisables est devenu une priorité.
«Il fallait agir vite pour limiter les pertes», souligne Ali Salem. Une course contre le temps, menée dans l’urgence. Mais cette réaction a eu un impact direct sur le marché. L’arrivée massive des agrumes a entraîné une hausse brutale de l’offre. Les prix ont chuté. «Cette situation pénalise aussi bien le producteur que l’acheteur de gros», affirme-t-il. À travers le territoire, les pertes s’accumulent et fragilisent des exploitations déjà éprouvées par les aléas climatiques.
«Il y a eu de fortes pertes au niveau des cheptels avicoles»
Dans la filière avicole, le président de la Fédération nationale des aviculteurs (FNA), Ali Benchaïba, fait état de dégâts considérables. «Les vents violents et les orages ont surtout touché les bâtiments d’élevage et les serres avicoles», précise-t-il. Plusieurs wilayas de l’Est, du Centre et de l’Ouest ont été concernées. Les structures légères n’ont pas résisté. Des toitures ont été endommagées, exposant les élevages aux intempéries. «Il y a eu de fortes pertes au niveau des cheptels avicoles», affirme le responsable. Le stress subi par les volailles a aggravé la situation, avec des effets directs sur la production.
La question de l’assurance reste centrale. «La majorité des aviculteurs ne sont pas assurés», regrette Benchaïba. Selon lui, le manque de culture de l’assurance demeure un frein, alors que les risques climatiques se multiplient. Il fait savoir que sur le terrain, des commissions ont été installées au niveau des wilayas pour constater les dégâts. Dans ce contexte, le ministre de l’Agriculture a annoncé l’élargissement prochain des assurances agricoles afin de couvrir ce type de sinistres liés aux aléas climatiques. Une mesure attendue par les professionnels, face à des phénomènes devenus de plus en plus récurrents.
Amokrane H.