Appel aux experts en assurance de se constituer en association

L’UAR lance un appel aux experts en assurance de se constituer en association, mercredi à Alger. L’expertise intervient en amont et en aval des services assurantiels.
L’Union nationale des assurances et réassurances (UAR) appelle les experts en assurance à se constituer en organisme soit en association ou en organisation professionnelle (ordre d’expert en assurance). C’est une des recommandations de la première rencontre avec les experts en assurance organisée par l’UAR à Alger. Cette rencontre qui réunit des directeurs de compagnies d’assurances, des actuaires et des experts en assurance et de la gestion des risques, permet de mettre en lumière le rôle des expert en assurance dans le développement du secteur ainsi que la nécessité de la restructuration de cette profession pour lui donner plus de visibilité et une meilleure efficacité.
Plus de 4.105 experts en assurance agréés dont 138 sociétés
Lors de son intervention, le président de l’UAR, Youcef Benmicia, souligne l’importance de créer cette synergie informant qu’il existe plus de 4.105 experts agréés dont 138 sociétés représentent des personnes morales d’expertise. «Face à ce nombre important d’expert en assurance, les compagnies d’assurances ont besoin d’avoir une interface et un vis-à-vis», indique-t-il soulignant que l’UAR, en tant qu’organe habilité par la législation relative à l’assurance à délivrer un agrément aux experts, est de plus en plus exigeante sur la formation et la mise à niveau par rapport aux risques émergents.
Benmicia fait savoir que l’UAR a mis en place un référentiel métier pour les compagnies d’assurance, incluant les nouveaux métiers émergents qui intéressent l’écosystème assurantiel précisant que la liste de spécialités d’expertise a été enrichie passant de 19 à 25. Il a ainsi cité, à titre d’exemple, l’intelligence artificielle, l’environnement et la métrologie à titre d’exemple.
Vers la révision à la hausse des barèmes des services automobiles
Poursuivant son discours, Benmicia fait savoir que l’UAR a engagé de nombreuses actions visant à renforcer cette synergie entre les experts en assurance et les compagnies d’assurance. Il cite, entre autres l’élaboration d’une cartographie algérienne des experts par type de spécialité, la dématérialisation des reçus des agréments à travers la mise en place d’une plateforme numérique et l’instauration de la carte professionnelle pour les experts en assurance, validé et limité dans le temps.
«Aussi nous réalisé un travail, au sein de l’UAR, pour la révision de barème des honoraires des services et nous avons commencé par la branche automobile du fait du nombre important d’acte d’expertise», indique-t-il précisant que le barème n’a pas fait l’objet de révision depuis une dizaine d’année. Selon lui, la révision à la hausse est en phase de proposition et devra être validée par la commission de supervision des assurances auprès du ministère des Finances.
Réaliser la cartographie des experts en assurance
Plus en détail, le délégué de l’UAR, Abdelkrim Berrah, indique que cette rencontre est l’occasion propice pour lancer officiellement la plateforme dédiée aux experts en assurance. Selon lui, celle-ci sera interactive et disposera de multiples fonctions. «Elle permet aux experts de faire leur inscription et le suivi de leurs dossiers, à distance. Alors que pour l’UAR, ce nouveau outil numérique permettra de réaliser la cartographie des experts pour pouvoirs les localisés et définir les spécialités couvertes dans chaque wilaya. Ainsi nous aurons une répartition harmonieuse des experts et des spécialités», explique-t-il tout en mettant l’accent sur l’amélioration du fonctionnement des experts.
Sur la répartition géographique, Alger se taille la part du lion avec 15 % des experts, suivie de Constantine qui elle compte 7% des experts. Or, dans les autres wilayas, le taux de couverture est minime et oscille entre 1 et 2% seulement. D’où l’importance de cette nouvelle restructuration, explique-t-il. Berrah fait observer, qu’auparavant, l’agrément de l’expert était permanent. Chose qui n’est pas le cas actuellement puisque ce dernier est doté d’une validité de 5 ans.
L’expertise «au cœur de l’équation de l’activité des assurances»
Intervenu à cette même occasion, le PDG de la CAAT, Nacer Sais, met l’accent sur l’importance de l’expertise en assurance indiquant que celle-ci est «au cœur de l’équation de l’activité des assurances». Il précise que l’expert intervient en amont et en avale de l’acte d’assurance et joue un rôle prépondérant dans la prise de décision.

D’autres intervenants mettent en avant l’importance de développer et de professionnaliser l’activité d’expert en intégrant la formation continue et de rendre obligatoire la formation technique, juridique et éthique. Il est aussi recommandé de faire des propositions aux pouvoirs publics afin de réfléchir aux segments d’expertise manquants, comme l’aéronautique, le secteur d’hydrocarbures, etc.
Les participants prônent également la normalisation des pratiques professionnelles en uniformisant les méthodologies d’évaluation et les formats de rapports d’expertise. Aussi, élaborer des codes de déontologie spécifiques par spécialité, définir les principes éthiques et les obligations professionnelles et les règles de conduite applicables à chaque domaine.
Wassila Ould Hamouda
