Exécution des projets économiques structurants en 2026

L’exécution des projets économiques structurants en 2026 accélèrera leur entrée en service et un effet d’entrainement sur la croissance en Algérie.

2026 s’ouvre comme une année charnière où l’État ne se contente plus d’annoncer des programmes, mais doit les faire entrer dans le dur de l’exécution, en accélérant les chantiers à fort effet d’entraînement sur la croissance et sur le quotidien des ménages. Adossée à la Loi de finances 2026, comme cadre de programmation budgétaire, cette phase est portée par une orientation claire des pouvoirs publics et sur impulsion du président Abdelmadjid Tebboune. Elle consiste à transformer l’effort budgétaire en infrastructures, en eau, en logement, en mobilité et en capacités productives. Le cadrage financier donne le ton.

Lancement des 5 ou 6 nouveaux projets de dessalement

La LF 2026 ouvre un plafond d’autorisations d’engagement de 16.861,5 milliards DA et des crédits de paiement de 17.636,7 milliards DA, 25 ou 6 nouveaux projets de dessalement agrégats qui traduisent, concrètement, la capacité de l’administration à lancer des programmes et surtout à régler les situations de travaux, donc à faire avancer les chantiers sur le terrain.

Dans un contexte où la dynamique de l’investissement public irrigue directement le BTP, la commande nationale, l’emploi et la consommation intermédiaire (ciment, acier, transport, services), l’année 2026 est appelée à devenir une «année d’exécution», au sens strict, c’est-à-dire une année de paiements, de livraisons, de mises en service et de rattrapage des retards.

Le premier front concerne l’eau, devenue marqueur politique et économique. A partir de 2026, la réalisation de 6 grandes stations de dessalement de l’eau de mer, d’une capacité de 300.000 m³ chacune, est annoncée dans les wilayas de Skikda, Jijel, Tizi Ouzou, Chlef, Mostaganem et Tlemcen. Le chef de l’État a, dans le même esprit, évoqué le lancement en 2026 de 5 ou 6 nouveaux projets de dessalement, afin d’augmenter la couverture et de réduire la pression sur les nappes.

Au-delà de l’infrastructure, l’enjeu est macroéconomique. Il s’agit de sécuriser l’alimentation en eau potable et de stabiliser les usages agricoles et industriels, là où les coupures, la pression sur les réseaux et les transferts d’urgence pèsent sur l’activité et sur la qualité de vie.

Entretien et lancement des projets en travaux publics en 2026

Le 2e axe visible a trait à la mobilité et l’entretien des grands réseaux, souvent moins médiatisés que les inaugurations, mais déterminants pour la productivité. En effet, le secteur des travaux publics engage courant cette année une vaste opération de maintenance du réseau autoroutier à l’échelle nationale, avec instruction de lancer l’ensemble des projets inscrits au programme sectoriel 2026.

Derrière cette logique d’entretien, il y a un effet économique immédiat, celui de limiter les surcoûts logistiques, de réduire les accidents et des ruptures de trafic, de protéger les infrastructures publics coûteux, mais aussi d’activer le tissu d’entreprises de travaux. S’agissant du rail, la réception annoncée au 1e trimestre 2026 du tronçon Tiaret–Tissemsilt, sur 63,5 km, du projet Relizane–Tissemsilt–Tiaret s’inscrit dans cette même logique, à savoir l’amélioration de la connectivité des territoires et réduire la dépendance au tout-routier.

Gara Djebilet, un tournant stratégique

Concernant le logement, un pilier à la fois amortisseur social et moteur d’activité, les pouvoirs publics programment en 2026 la mise en chantier de 360.000 logements, toutes formules confondues, un volume qui devrait entraîner mécaniquement l’emploi dans le BTP, les matériaux, la menuiserie, l’électricité, la plomberie et la promotion des pôles urbains. Pour les ménages, l’enjeu dépasse l’offre immobilière, puisqu’il touche l’accès aux réseaux (VRD), aux routes, à l’assainissement et aux services, donc à la transformation tangible du quotidien.

Dans le domaine strictement industriel, l’entrée en phase opérationnel de Gara Djebilet doit marquer un tournant, en passant du statut de projet stratégique à celui de chaîne de valeur en construction. En effet, le lancement de l’exploitation du minerai de fer est annoncé pour le premier trimestre 2026, ce qui place l’année comme un jalon de bascule pour un projet stratégique à vocation structurante. Dans les faits, l’impact attendu est double, à travers la création d’une chaîne de valeur (extraction, traitement, transport) la consolidation des perspectives de l’industrie sidérurgique, avec des retombées sur l’emploi, la sous-traitance, la logistique et, à terme, la substitution d’importations.

Mise en valeur des terres agricoles dans le projet Baladna en 2026

Au plan agricole, le projet algéro-qatari «Baladna», lancé avec des contrats signés en 2025, doit franchir cette année son étape d’exécution à Adrar, avec la mise en valeur de terres agricole, la création de fermes bovines et d’une usine de lait en poudre pour réduire la facture d’importation et soutenir la production locale. Il en est de même pour le projet algéro-italien avec le groupe BF qui vise la production de céréales et de légumineuses à Timimoun. Il s’inscrit dans la logique de souveraineté alimentaire et, en 2026, il est attendu en phase de déploiement et de montée en cadence sur le terrain.

Au total, la dynamique économique de 2026 devra se traduire surtout par des résultats sur le terrain à travers un triptyque simple: exécuter, payer, livrer. C’est cette mécanique qui peut transformer l’effort budgétaire en résultats concrets, en croissance mesurable et en améliorations tangibles pour les citoyens, avec une eau plus régulière, des routes mieux entretenues, des logements livrés et des projets miniers qui passent enfin au stade productif.

Lyes Mechti

 

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