L’OPEP+ face au risque de surabondance

L’Opep+ face au risque de surabondance. Les pays membres doivent se retrouver demain dimanche pour arrêter le cap de production.

Dans un marché fragilisé par une baisse des prix et des inquiétudes sur une surabondance de l’offre, les participants à un colloque national, organisé, samedi, à Touggourt, ont mis en exergue le parcours de lutte de la région dans la résistance nationale contre l’occupation française et son apport au soutien de la Révolution de libération. Des enseignants universitaires et chercheurs en histoire ont souligné, lors de cette rencontre, que le Sud algérien a incarné un parcours de lutte remarquable face à l’occupation française, en contribuant activement à la résistance populaire et à l’appui logistique et humain à la Révolution du 1e Novembre 1954.

Maintien des niveaux de production

Dans ce contexte, le coordinateur de la Commission nationale de l’histoire et de la mémoire, Mohamed Lahcen Zeguidi, affirme que la lutte des populations du Sud contre le colonialisme français constitue une épopée mémorable, illustrée par l’enracinement de l’esprit de résistance et de révolution chez les habitants de la région, qui ont fait échec aux plans coloniaux visant notamment l’atteinte à l’unité territoriale de l’Algérie. Il rappelle que la région de Touggourt a été le théâtre d’actes héroïques, notamment lors du rejet du projet colonial de séparation du Sahara du Nord, à travers de vastes soulèvements populaires, le 7 mars 1962 à Touggourt et le 13 mars à Taïbet.

Cette réunion intervient après une année 2025 marquée par un repli prononcé des cours, qui a ravivé le débat sur le rythme auquel l’OPEP+ peut remettre des barils sur le marché sans provoquer une nouvelle glissade des prix. Entre avril et décembre, les 8 pays (Arabie saoudite, Russie, Emirats arabes unis, Kazakhstan, Koweït, Irak, Algérie et Oman) avaient déjà relevé leurs objectifs d’environ 2,9 millions de barils par jour, avant de décider en novembre de suspendre les hausses prévues pour janvier, février et mars. Selon des observateurs, le scénario le plus probable reste celui d’un maintien des niveaux de production, malgré un regain de tensions entre Riyad et Abou Dhabi sur fond de conflit au Yémen.

50–60 dollars le baril de pétrole en moyenne en 2026

En toile de fond, l’équation reste la même, à savoir une offre mondiale qui progresse plus vite que la demande,
alors que la croissance de la consommation ralentit dans plusieurs régions. Les événements intervenus samedi au Venezuela auront-ils un impact sur cette réunion? Selon des analystes, ils ne devraient peser sur la rencontre que de façon indirecte, en ajoutant un facteur de risque géopolitique susceptible de soutenir temporairement les prix, sans pour autant modifier à court terme la ligne de production de l’alliance.

Selon ces mêmes observateurs, cet épisode pourrait même renforcer l’option la plus attendue, soit un statu quo, en incitant les producteurs à éviter d’alimenter la volatilité dans un marché déjà préoccupé par un risque de surabondance en 2026. Les institutions divergent, mais le mot qui revient le plus souvent est celui d’un marché «confortablement approvisionné». L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a, à plusieurs reprises, insisté sur un «risque de surplus important l’an prochain si les producteurs OPEP+ relâchent trop vite leurs contraintes», alors que l’offre hors OPEP (États Unis, Brésil, Guyana et autres) continue d’ajouter des volumes.

À l’inverse, l’OPEP met davantage en avant un scénario d’équilibre et une demande 2026 plus robuste, ce qui nourrit l’argument en faveur d’une reprise graduelle, et non brutale, des augmentations. Le débat se retrouve dans les prévisions de prix. En effet, plusieurs scénarios pour 2026 se situent dans une zone 50–60 dollars le baril en moyenne. L’AIE, par exemple, associe sa lecture à un marché excédentaire et à une hausse des stocks, avec des niveaux de prix attendus nettement plus bas en début d’année. De leur côté, certaines banques ont revu leurs prévisions à la baisse, tout en conservant des hypothèses autour du milieu des 60 dollars dans des scénarios plus «disciplinés» côté OPEP+.

Lyes Mechti

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