OPEP+: Le gel des hausses de productions confirmé

Les 8 pays membre de l’OPEP confirment dimanche le gel des augmentations graduelles de production durant le1e trimestre 2026.
Comme beaucoup d’observateurs s’y attendaient, l’Algérie et sept autres producteurs clés de l’OPEP+ confirment le maintien du gel des augmentations graduelles de production durant le 1e trimestre 2026, prolongeant ainsi une posture de prudence face à un environnement économique jugé incertain. Réunis en visioconférence, ces 8 pays (Algérie, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Irak, Kazakhstan, Koweït, Oman et Russie) constituent le noyau de l’alliance qui, depuis avril 2023, a mis en œuvre des ajustements volontaires supplémentaires afin de peser sur l’équilibre du marché.
Perspectives à court terme
S’inscrivant dans le suivi régulier de la conjoncture pétrolière mondiale, cette réunion intervient à un moment où la demande est décrite comme saisonnièrement modérée et où les signaux macroéconomiques restent entourés de «fortes incertitudes». Pour l’Algérie, l’enjeu est double, celui de préserver une discipline collective qui soutient la crédibilité du mécanisme OPEP+, tout en évitant d’injecter prématurément des barils supplémentaires sur un marché dont la trajectoire à court terme demeure délicate à lire.
Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, plaide lors de cette réunion pour «une vigilance accrue» et «une coordination étroite», aussi bien à l’intérieur du groupe des 8 qu’avec l’ensemble des pays engagés dans la Déclaration de coopération. Arkab réaffirme également l’adhésion de l’Algérie aux «décisions collectives» jugées «cohérentes et appropriées» au regard des conditions actuelles, en insistant sur la nécessité de protéger «l’efficacité et la crédibilité» de l’architecture de coopération. Dans le langage OPEP+, ces rappels ne relèvent pas seulement de la rhétorique, en ce sens qu’ils renvoient à la question de la conformité,
devenue un marqueur central de la capacité du groupe à envoyer des signaux lisibles au marché.
Des ajustements si les conditions de marché se dégradent
De son côté, l’OPEP indique sur son site que ce groupe de 8 pays restait engagé à maintenir la stabilité du marché, en mettant en avant des perspectives économiques mondiales qualifiées de stables et des fondamentaux présentés comme «sains», un diagnostic appuyé, selon l’organisation, par la baisse des stocks. Les 8 pays ont en outre réaffirmé l’importance d’une approche prudente et d’une flexibilité totale, un choix de formulation qui laisse ouverte la possibilité d’ajustements si les conditions de marché se dégradent ou, au contraire, si la demande s’avère plus solide que prévu.
La séquence actuelle s’inscrit dans un historique récent marqué par des arbitrages successifs entre soutien aux prix et gestion des parts de marché. Le groupe des 8 avait amorcé, en avril 2025, une remontée graduelle de sa
production afin de revenir vers les niveaux antérieurs aux réductions volontaires, signe qu’une normalisation progressive était alors jugée compatible avec la dynamique du marché. Mais, lors de la réunion de novembre dernier, les mêmes pays avaient décidé de geler les hausses progressives entre le 1e janvier et le 31 mars 2026, en invoquant l’«incertitude économique mondiale» et une lecture plus prudente des perspectives.
Prochaine réunion OPEP+ le 1e février 2026
La réunion de dimanche vient donc consolider ce cap, en privilégiant la gestion du risque plutôt qu’un retour accéléré des volumes. Mais au-delà de la décision de calendrier, le communiqué de l’OPEP met l’accent sur la discipline interne: les 8 pays réitèrent leur engagement à assurer la «pleine conformité» à la Déclaration de coopération, y compris pour les ajustements volontaires supplémentaires, sous la supervision du Comité
ministériel conjoint de suivi (JMMC).
Point sensible, l’organisation souligne la nécessité de compenser intégralement tout volume de production excédentaire constaté depuis janvier 2024, une exigence qui vise à éviter que des écarts de production n’érodent l’effort collectif et ne brouillent la crédibilité de la stratégie. Cette insistance sur les compensations rappelle que la politique de l’OPEP+ ne se joue pas uniquement sur des annonces de barils, mais aussi sur la capacité à faire respecter les engagements, condition indispensable pour que le marché prenne ces annonces au sérieux.
La prochaine étape est déjà fixée. Les ministres du groupe des 8 doivent se réunir à nouveau le 1e février prochain pour réévaluer la situation et trancher, le cas échéant, sur la suite du calendrier. D’ici là, l’alliance cherchera à préserver un équilibre entre prudence et réactivité, alors que la demande du début d’année est traditionnellement moins dynamique et que la visibilité sur l’économie mondiale reste, selon les termes utilisés, entourée d’incertitudes. Pour l’Algérie, l’enjeu consiste à consolider un message de cohésion au sein du groupe et à s’inscrire dans une gestion «responsable et proactive» de l’offre, alignée sur l’objectif de stabilité du marché.
Lyes Mechti