Un développement tous azimuts de l’agriculture

Un développement tous azimuts de l’agriculture est en cours en Algérie avec le double objectif: renforcer la production locale et réduire la dépendance aux importations.
L’agriculture est aujourd’hui une priorité algérienne. L’État a mobilisé des moyens colossaux pour moderniser le secteur et assurer la sécurité alimentaire du pays. La vision adoptée repose sur un développement durable, équilibré entre la production végétale et animale, tout en préservant les ressources naturelles et en limitant les importations. La stratégie de l’État vise à renforcer la production locale et à réduire la dépendance aux produits importés. Les efforts sont concentrés sur les cultures céréalières, les légumineuses, ainsi que les productions animales, notamment la filière laitière.
Accompagnement pour adopter des systèmes d’irrigation modernes
Pour atteindre ces objectifs, le ministère de l’Agriculture s’attelle à augmenter les surfaces agricoles cultivées. De nouveaux périmètres agricoles sont créés, avec une attention particulière sur le Grand Sud, permettant d’exploiter le potentiel des régions jusque-là sous-utilisées. Ces projets sont sélectionnés selon des critères économiques précis, en assurant la préservation des ressources en eau et des équilibres naturels.
L’extension des surfaces irriguées est fortement encouragée. Les agriculteurs bénéficient d’un accompagnement pour adopter des systèmes d’irrigation modernes et économes en eau, ainsi que pour obtenir les autorisations de forage, réaliser des puits, construire des bassins de stockage et se raccorder au réseau électrique. Parallèlement, l’acquisition de matériel agricole est soutenue afin de moderniser le travail des exploitations, tandis que des pistes rurales sont ouvertes pour désenclaver les zones agricoles et faciliter l’accès aux marchés.
La capacité de stockage des céréales a été renforcée grâce à la construction de 30 silos de grande capacité et de 350 centres de stockage de proximité, permettant de mieux gérer les récoltes et de stabiliser les prix. L’État intervient également pour accompagner directement les éleveurs, avec un système de distribution des aliments pour bétail révisé face à la hausse des prix.
Le prix de l’orge commerciale est fixé à 3.900 DA le quintal, tandis que le prix de l’orge subventionnée est maintenu à 2.500 dinars pour les femelles reproductrices. Avant ces mesures, les prix pouvaient dépasser 6.000 dinars. L’objectif de ces mesures est de protéger le cheptel national et soutenir durablement l’élevage local. Dans le même temps, l’État œuvre à réduire les importations, notamment celles du lait en poudre subventionné, en misant sur la production algérienne.
Chiffres et budgets: L’ampleur de l’engagement public
Les chiffres traduisent l’importance du soutien de l’État. Plus de 85 milliards DA ont été mobilisés pour financer les agriculteurs et les éleveurs. En 2024, l’enveloppe globale a dépassé 166 milliards DA. En 2025, plus de 145 milliards DA ont déjà été programmés. Ces montants couvrent, entre autres les équipements, les semences, les engrais, les aliments pour bétail et les primes à la production.
L’État investit également dans la souveraineté semencière. Le programme algérien repose sur 46 variétés actives parmi 220 variétés officiellement enregistrées: 19 de blé dur, 12 de blé tendre, 8 d’orge, 3 d’avoine et 3 de triticale. Cette année, la production de semences hybrides sera lancée pour réduire les importations et renforcer l’autonomie de l’Algérie dans ce domaine stratégique.
Pour accélérer l’investissement agricole à grande échelle, une nouvelle approche a été adoptée. Une cellule centrale classe les projets agricoles à dimension stratégique afin de faciliter leur lancement et leur suivi. Cette dynamique a permis de concrétiser des mégaprojets tels que BF Algérie: investissement de 420 millions d’euros, sur 63.000 hectares dédiés au blé et aux légumineuses, incluant une usine de pâtes destinée à l’export, des silos de 63.000 tonnes et la création de 2.500 emplois permanents. À cela s’ajoute le projet algéro-qatari Baladna qui prévoit un investissement de l’ordre de 3,5 milliards de dollars pour la mise en valeur de 173.000 hectares de terres agricoles ainsi que la production de poudre de lait.
Encourager l’innovation agricole
L’État ne se limite pas aux grandes surfaces, il soutient également les exploitations familiales et les jeunes agriculteurs. Des formations et des programmes d’accompagnement technique sont proposés pour améliorer les rendements, promouvoir les bonnes pratiques agricoles et encourager l’innovation. Des dispositifs de financement adaptés permettent aux jeunes porteurs de projets d’accéder au matériel et aux intrants nécessaires pour développer leurs exploitations.
La stratégie algérienne intègre aussi des projets environnementaux et climatiques, visant à adapter l’agriculture aux changements climatiques. La diversification des cultures, la promotion de l’agroforesterie et l’usage de techniques agricoles durables font partie intégrante de cette politique. L’État a mobilisé des ressources considérables et coordonne les efforts pour assurer la sécurité alimentaire nationale. L’agriculture n’est plus seulement un secteur économique, mais un véritable levier stratégique pour le développement durable et la souveraineté de l’Algérie. L’investissement public massif, les projets structurants et l’accompagnement des agriculteurs traduisent une vision ambitieuse et cohérente. La sécurité alimentaire n’est plus une promesse, mais une réalité palpable
Amokrane H.