Un total de plus de 59 milliards de dollars d’investissements en 3 ans

Un total de plus de 59 milliards de dollars d’investissements en 3 ans est enregistré par l’AAPI en Algérie, selon la Revue «Investissement».
Dans un numéro spécial tout juste paru, la revue «Investissement» de l’Agence algérienne de promotion de l’ investissement (AAPI) livre un bilan éloquent qui éclaire la dynamique des investissements en Algérie sur la période de novembre 2022 à fin novembre 2025.
Une projection de 416.187 postes de travail
Réparties sur l’ensemble des secteurs économiques, pas moins de 18 712 projets d’investissement ont été enregistrés auprès de l’agence, pour un montant global estimé à 8.049,03 milliards de dinars algériens, soit l’équivalent de 59,6 milliards de dollars, affirme l’AAPI. Ces initiatives promettent la création de 454 802 emplois directs, un volume considérable pour une période de seulement 3 ans qui traduit un regain d’activité palpable dans le tissu productif algérien.
Le paysage est marqué par une domination écrasante des capitaux locaux, qui représentent 98,4% du total des projets enregistrés. Ainsi, 18.413 initiatives purement algériennes ont été déposées, pour une enveloppe financière de 6.777,9 milliards DA, l’équivalent de 50,2 milliards de dollars, avec une projection de 416.187 postes de travail. À l’opposé, les investissements étrangers ne captent que 1,6% de l’ensemble, à travers 299 projets dont la valeur atteint 1.271,1 milliards DA (9,4 milliards de dollars) et qui devraient générer 38.615 emplois.
Ces projets étrangers se déclinent en 31 réalisations détenues intégralement par des étrangers, 164 projets qualifiés de majeurs, 115 opérations d’investissement direct étranger et 184 partenariats mixtes, signe que l’Algérie parvient peu à peu à séduire les capitaux extérieurs malgré un contexte mondial tendu.
L’industrie de transformation en tête des investissements
Côté répartition sectorielle, l’industrie de transformation s’impose comme le fer de lance de cette vague d’investissements. Avec 6.240 projets, soit 33,3% du total, ce secteur mobilise 3.073,1 milliards de dinars (27,6 milliards de dollars) et vise la création de 245.743 emplois, ce qui représente pas moins de 54% des postes globaux attendus. Ce poids dominant s’explique par la volonté nationale de renforcer la valeur ajoutée locale et de réduire la dépendance aux importations.
Les secteurs des transports et de la logistique occupe la 2eplace avec 4.891 projets (26,1%), soutenus par 916,66 milliards de dinars et prévoyant 53.999 emplois. La construction suit de près, avec 4.512 initiatives (24,1%), 890,84 milliards DA investis et 74.201 postes à pourvoir, reflétant un boom immobilier et infrastructurel.
L’agriculture et la pêche maritime ne sont pas en reste. Ils totalisent 1.311 projets (7% du portefeuille), pour 517,82 milliards de dinars et 21.730 emplois projetés, un enjeu vital pour la sécurité alimentaire du pays. Les autres domaines se partagent les opportunités restantes, à savoir 471 projets dans la santé, 247 dans l’hôtellerie et la restauration, 209 dans les industries extractives, et 831 dans les services divers, démontrant une diversification progressive de l’appareil productif.
4.181,16 milliards DA en projets de création pure
En termes de nature des investissements, l’équilibre est frappant entre nouveautés et expansions. Les projets de création pure s’élèvent à 9.475 (50,6%), avec 4.181,16 milliards DA et 245.154 emplois attendus, tandis que les extensions d’activités existantes comptent 8.989 réalisations (48%), mobilisant 3 821,83 milliards DA pour 206.195 postes. Les opérations de réhabilitation classique restent limitées à 173 projets (0,9%, 26,30 milliards DA), et les réhabilitations élargies à 75 (0,4%, 19,72 milliards DA), indiquant que l’essentiel de l’énergie se porte sur la croissance plutôt que sur la remise à niveau.
Pourtant, une lecture géographique du bilan révèle des déséquilibres persistants. Les wilayas du Nord concentrent la majorité des dépôts, tandis que le Grand Sud, riche d’un potentiel exceptionnel en énergie, mines, agriculture saharienne et ressources minières, affiche des taux d’implantation relativement faibles. Cette disparité appelle des initiatives publiques ciblées et des mesures incitatives renforcées pour stimuler les investisseurs dans ces zones stratégiques.
Attirer des technologies de pointe via les mégaprojets
Heureusement, plusieurs grands projets structurants sont en gestation. Il s’agit d’infrastructures de base, d’unités de transformation agroalimentaire, d’exploitations agricoles sahariennes et de valorisation des produits du désert. Ces ambitions pourraient transformer les régions du sud en véritables pôles de croissance, favorisant une diversification économique durable.
Mais au-delà des chiffres, la revue «Investissement» met en exergue la maturité d’une économie algérienne en marche vers plus de résilience. Le secteur privé, locomotive incontestée, absorbe et propulse les investissements locaux tout en s’ouvrant progressivement aux flux étrangers. Les politiques d’incitation de l’État, à travers les exonérations fiscales, facilités administratives, et codes incitatifs, portent leurs fruits, comme en témoigne cette accélération récente.
À terme, ces dynamiques devraient non seulement multiplier les emplois durables, mais aussi attirer des technologies de pointe via les mégaprojets, avec l’objectif de consolider la place de l’Algérie comme destination incontournable en matière d’investissement en Afrique du Nord et au cœur du bassin méditerranéen.
Lyes Mechti