Agriculture de demain: Une révolution productive et moderne

Pour l’agriculture de demain, une révolution productive et moderne est mise en avant lors du Conseil des ministres dimanche à Alger.
L’agriculture occupe une place centrale dans la politique du gouvernement. Sous l’impulsion du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, la feuille de route algérienne vise à bâtir un secteur moderne fondé sur la science et la numérisation. Dimanche, lors de la réunion du Conseil des ministres, un chapitre est consacré à l’examen du rapport sur la feuille de route du secteur de l’agriculture pour 2026.
Produire davantage avec des moyens optimisés
L’objectif est clair, renforcer la souveraineté alimentaire et positionner l’Algérie comme un acteur agricole compétitif sur le plan régional et international. Une agriculture productive et performante, le modus operandi est précis et tout tracé. Il s’agit de produire davantage avec des moyens optimisés, en s’appuyant sur les nouvelles technologies, l’agriculture de précision et les pratiques innovantes. Les drones agricoles, les systèmes d’irrigation intelligents et la télédétection pour le suivi des cultures permettent désormais de planifier les semis, de détecter les maladies et de mesurer l’humidité des sols avec une précision sans précédent. Productivité, performance et durabilité deviennent les maîtres mots du secteur.
L’État voit dans l’agriculture la locomotive de l’économie nationale. L’ambition est d’assurer la sécurité alimentaire dans un monde en mutation, parfois incertain. Comme le rappelle le président Tebboune, il faut se nourrir de nos propres mains, tout en s’ouvrant aux produits de seconde importance pour diversifier l’offre et stabiliser les prix. Les exportations agricoles, notamment de dattes, d’agrumes et de légumes, seront encouragées pour renforcer la balance commerciale. Les priorités sont précises.
L’Algérie vise l’autosuffisance en blé dur et en orge, en modernisant les semoirs et en améliorant la qualité des semences. La filière viande rouge, longtemps faible, sera redynamisée grâce à des programmes de sélection génétique et d’élevage intensif raisonné. Les capacités de stockage en céréales seront renforcées et un réseau frigorifique performant sera mis en place pour absorber les surproductions et réduire le gaspillage. De grands projets agricoles sont déjà lancés, notamment dans le Sud.
Coordination entre acteurs privés et publics
Des investisseurs algériens et étrangers y participent activement, bénéficiant de toutes les aides du gouvernement. Sonatrach, Cevital, Madar et des partenaires italiens ou qataris illustrent cette dynamique. La coordination entre acteurs privés et publics est renforcée afin de créer des chaînes de valeur efficaces, allant de la production jusqu’à la transformation et la commercialisation. Dans ce sillage, le ministre de l’Agriculture, Yacine El Mahdi Oualid, s’engage à moderniser toutes les politiques agricoles. Certaines sont jugées dépassées et doivent céder la place à des pratiques numériques et statistiques fiables.
L’objectif est de piloter le secteur avec précision et réactivité, en exploitant pleinement les systèmes d’information géographique, les bases de données agricoles et les plateformes d’aide à la décision. Pour 2026, le programme du ministère se traduit par des investissements ambitieux. L’autorisation d’engagement globale atteint 764,264 milliards de dinars. Le programme principal d’agriculture et de développement rural capte 90,25% des fonds, suivi par les forêts à 6%, la pêche et l’aquaculture à 0,75% et l’administration générale à 3%. Le financement est destiné à moderniser les exploitations, développer les infrastructures et soutenir la recherche scientifique appliquée.
Raccordement des mégaprojets du Grand sud au réseau électrique
Le soutien au développement agricole mobilise 92,091 milliards de dinars. Il couvre la santé animale et végétale, l’organisation de la production et l’aide aux éleveurs et petits exploitants. Une enveloppe de 23,298 milliards de dinars réglera les créances de Sonelgaz liées au raccordement électrique des exploitations.
Parallèlement, des programmes de formation et de sensibilisation accompagneront les agriculteurs pour renforcer leur expertise et adopter les nouvelles techniques. 5 silos de stockage de céréales seront réalisés pour une capacité globale de 5 millions de quintaux, avec un investissement de 47,5 milliards de dinars.
10 centres de stockage de poudre de lait seront équipés pour l’ONIL, mobilisant 12 milliards de dinars. Les projets en cours, comme 30 silos et 350 centres de stockage intermédiaire, seront régularisés dans 52 wilayas, garantissant ainsi une logistique effi¬cace pour le stockage et la distribution. Le raccordement des mégaprojets du Grand Sud au réseau électrique et gazier, tels Baladna, BF et Cevital, est prévu pour 2026 avec 40 milliards DA en autorisation d’engagement. Les périmètres agricoles stratégiques de 14 wilayas bénéficieront de 23 milliards DA pour le raccordement et 10 milliards pour l’ouverture de pistes agricoles, favorisant ainsi l’accès aux zones reculées et l’expansion des cultures dans des terres jusque-là inexploitées.
Il est clair que la physionomie de l’agriculture algérienne change. La mise en œuvre des mesures et la réception des projets transformeront le secteur. Les agriculteurs adhèrent pleinement à cette nouvelle trajectoire. Leur demande reste de recevoir la formation nécessaire, d’être accompagnés dans l’adoption des innovations et d’être consultés dans la prise de décision.
Avec cette feuille de route, l’Algérie se dirige résolument vers l’agriculture de demain, moderne, scientifique et pleinement intégrée dans l’ère de la numérisation. L’agriculture de demain se construit aujourd’hui, avec la modernité, la productivité, l’innovation et la durabilité comme piliers centraux. La transformation du secteur représente une opportunité de renforcer l’économie nationale, d’assurer la sécurité alimentaire et de «créer des perspectives nouvelles pour les jeunes agriculteurs et les générations futures».
A. Hamiche