Les prémices d’une bonne saison agricole et hydrique

Les prémices d’une bonne saison agricole et hydrique se dessinent à travers les précipitations importantes de ces derniers jours, selon des agriculteurs.
Les précipitations qui s’abattent depuis quelques jours sur plusieurs wilayas du pays, où l’on enregistre même des chutes de neige, suscitent l’optimisme du monde de l’agriculture et le secteur de l’hydraulique. Selon les professionnels de l’agriculture, ces apports pluviométriques importants vont augmenter le taux de remplissage des barrages et contribuer à la reconstitution des nappes phréatiques, qui sont primordiales pour la sécurité hydrique de l’Algérie. Si l’on se réfère aux derniers chiffres avancés par l’Agence nationale des barrages et des transferts (ANBT), le taux de remplissage des barrages est passé de 35% à 33,82% en 2025 et l’on s’attend, si les précipitations se poursuivent une bonne dizaine de jours, à une amélioration de ce taux.
La céréaliculture en tire parti
Ainsi, l’ANBT voit son patrimoine se consolider par 5 nouveaux barrages, outre les 81 ouvrages existants à même de renforcer les capacités de stockage. Elle poursuit ses efforts en envisageant la réalisation de nouveaux ouvrages, où l’on fait état d’une quarantaine d’études au niveau de l’Agence liées à ce projet. Selon la Chambre d’agriculture d’Alger, l’on a enregistré 250 mm durant la période allant de septembre 2025 au 6 janvier 2026, contre 183 mm durant la même période de l’année précédente.
«Ces précipitations sont très bénéfiques et tombent à pic surtout pour les céréaliculteurs qui préparent leur sol pour le semis, notamment dans les régions de l’ouest du pays qui subissent les aléas du stress hydrique. Sachant que la céréaliculture dans le nord est tributaire du taux de la pluviométrie et que l’eau est l’élément fondamental pour la réussite de la saison agricole, eu égard au manque de précipitations entraîné par le changement climatique», indique Djeribia.
Dans le même ordre d’idées, il fait savoir que 2023 était l’année de référence en climatologie, marquée par un manque drastique de pluie, des inondations et des vagues de canicule successives. À ce propos, le vice-président du Conseil national interprofessionnel de la filière de la pomme de terre, Youcef Merkhoufi, fait part de la satisfaction des professionnels de cette filière qui prospère à l’ouest.
«Nous sommes très contents de voir autant de pluies rafraîchir les cultures. Auparavant, le problème se posait avec acuité pour la production de la pomme de terre de l’arrière-saison qui exige beaucoup d’eau», assure-t-il. Selon Merkhoufi, ces apports pluviométriques auront un impact très positif sur les rendements agricoles en agissant sur certaines maladies qui affectent les arbres fruitiers. «Dans de telles conditions climatiques, l’agriculteur travaille et investit avec aisance», appuie-t-il. De son côté, le président de l’Association professionnelle agricole des agrumiculteurs de la wilaya d’Alger (APAAWA), Ali Salem, qualifie ces pluies de «salutaires» pour les grandes cultures.
«Concernant les agrumes, il y a seulement les variété tardives qui peuvent profiter de ces pluies. Pour la culture maraîchère et les grandes cultures, à l’image des céréales, ces précipitations sont salutaires et favorisent vraiment l’amélioration des rendements», souligne-t-il. Salem estime que les eaux pluviales peuvent également profiter aux agriculteurs qui se sont dotés des moyens de stockage, tels que les retenues collinaires et des géomembranes. Selon lui, les chutes de neige attendues avec la vague de froid prévue les jours à venir vont contribuer au remplissage des barrages et surtout à la reconstitution des nappes phréatiques.
L’éleveur souffre moins
Pour sa part, le vice-président de la Fédération nationale des éleveurs de l’ovin, Brahim Amrani, affiche d’emblée son optimisme, estimant que ces précipitations sont un bon augure pour cette saison agricole. «Nous sommes très optimistes concernant ces pluies qui tombent à point nommé, vu l’apport pluviométrique enregistré ces dernières 24heures. Car elles donnent l’espoir aux agriculteurs et aux éleveurs, notamment ceux de l’Ouest du pays, particulièrement confrontés au stress hydrique», affirme-t-il. À ce titre, Amrani souhaite que ces précipitations se poursuivent encore afin de surmonter toutes les difficultés liées au stress hydrique et sauver ainsi la saison agricole. «Pour avoir une bonne saison, l’on a besoin des pluies chaque 20 jours pendant la période allant du semis jusqu’à mars», explique-t-il.
Concernant l’activité de l’élevage, le transhumant se déplace, analyse-t-il, au gré des pluies avec son cheptel en quête de pâturages. Après ces pluies, les éleveurs souffrent moins, car le pâturage régénère et le fourrage devient plus accessible. «Cette question de pâturage est tributaire des régions et de l’expérience personnelle de l’éleveur, qui envoie un émissaire pour s’enquérir, de visu, de l’état du sol et faire ensuite le pronostic le plus exact en vue de déplacer les troupeaux. Sachant que certaines régions nécessitent plusieurs jours de pluies pour avoir un bon pâturage», note notre interlocuteur.
A. Mehdid