Révision du statut particulier des personnels de l’Education : Sadaoui relance le dialogue avec les syndicats autonomes

Mohammed Seghir Sadaoui annonce, lundi, le lancement de la préparation d’un projet de révision du statut particulier des personnels de l’Éducation nationale.

Ce projet de révision du statut particulier des personnels entend concrétiser pleinement les objectifs fixés et traduit, concrètement, l’intérêt particulier que porte le président de la République, Abdelmadjid Tebboune aux éducateurs, considéré comme le pilier central du système scolaire.

Participation de 29 organisations syndicales agréées

S’exprimant lors d’une séance de travail réunissant les représentants de 29 organisations syndicales agréées, en présence de cadres du ministère du Travail, au lycée des mathématiques Mohand Mokhbi, à Kouba, le ministre ajoute que la rencontre a pour objectif également d’intégrer les observations formulées par les organisations syndicales. La rencontre s’inscrit, ainsi, dans une dynamique de concertation que le ministère entend inscrire dans la durée. D’emblée, le ministre met en avant le climat d’apaisement avec les partenaires sociaux. A ce titre, il a été décidé de différer les procédures liées aux détachements et aux mises en disponibilité, jusqu’à l’achèvement du travail conjoint avec le ministère du Travail et l’actualisation des listes.

L’objectif est, selon le premier responsable du secteur, de simplifier, fluidifier et, à terme, automatiser ces démarches. Dans cette perspective, Sadaoui rappelle que la protection de l’intérêt général demeure une priorité constante du secteur. Selon lui, le dialogue participatif et l’écoute attentive des partenaires sociaux constituent le socle de toute réforme durable. Ces rencontres visent, poursuit-il, «l’aboutissement à une formule consensuelle, appelée à être soumise rapidement au gouvernement, afin de garantir la stabilité du secteur et d’améliorer les conditions professionnelles et sociales des personnels».

Collecte des propositions

Sadaoui précise également que la méthode adoptée repose sur la collecte des propositions faisant consensus et leur intégration dans un projet cohérent. Il avertit toutefois que la version finale ne pourra pas, dans l’immédiat, répondre à l’ensemble des revendications exprimées. Les ajustements ultérieurs, a-t-il assuré, seront examinés dans le cadre légal approprié, tout en maintenant le débat ouvert avec l’ensemble des organisations syndicales engagées dans la défense de l’intérêt général.

La première séance s’inscrit, explique le ministre, dans une série de rencontres programmées. Elle fait suite aux précédentes consultations ayant permis de boucler la deuxième phase d’écoute et de coordination entre la commission chargée de la révision du statut particulier et les partenaires sociaux. Actuellement, les discussions portent prioritairement sur l’achèvement de l’intégration du dossier des agents des services économiques.

Corriger les insuffisances du texte en vigueur

Revenant sur l’adoption du statut particulier en vigueur, Sadaoui reconnait l’existence de réserves et d’insuffisances soulevées par les syndicats et les observateurs. «Ces observations avaient conduit à la mise en place d’une commission nationale chargée de recueillir les préoccupations et d’engager un dialogue continu», rappelle le ministre. «Après la finalisation de la deuxième phase de concertation et le règlement du premier volet procédural lié à la situation de certains responsables syndicaux, il est désormais jugé nécessaire de tenir une session générale pour clore les débats relatifs à ce texte fondamental», lance le ministre. Sadaoui indique que, dans le cas où un consensus serait atteint, les amendements proposés seront transmis sans délai au gouvernement.

Une attention particulière sera accordée à l’intégration des personnels des services économiques dans les corps spécifiques, selon la même méthodologie ayant présidé à la structuration des autres corps du statut particulier. En parallèle, le travail se poursuit sur l’examen des observations, propositions et ajouts nécessaires. L’ambition est d’aboutir, affirme le ministre, «à un texte juridique capable d’assurer un maximum de stabilité et de confort professionnel aux personnels du secteur, en cohérence avec la politique du Chef de l’Etat». Celle-ci vise l’amélioration des conditions de travail dans la fonction publique. Le ministre souligne, en outre, le caractère méthodologique de cette rencontre, compte tenu de la nécessité de coordonner avec le ministère du Travail. Il précise que les préoccupations liées aux aspects procéduraux ont déjà été transmises à ce département, afin de les harmoniser avec les nouvelles dispositions prévues par la législation du travail. La présence des représentants du ministère du Travail vise, selon lui, à accompagner positivement les organisations syndicales jusqu’à l’achèvement de l’ensemble des démarches requises.

L’amélioration de la situation professionnelle et sociale des éducateurs, un objectif central

Abordant les acquis du statut particulier en vigueur, référencé 25-54, Sadaoui estime que, malgré les insuffisances relevées, ce texte traduit la mise en œuvre des engagements présidentiels en matière d’amélioration des conditions professionnelles et sociales des personnels de l’Éducation nationale. Il insiste sur la volonté de revaloriser le statut du fonctionnaire en le consacrant pleinement comme éducateur, ce qui implique l’octroi d’avantages et de droits supplémentaires. Dans le même sillage, il rappelle que le régime indemnitaire a permis de concrétiser une partie des acquis financiers.

Toutefois, ajoute-t-il, il était indispensable de compléter ce processus par des mesures inscrites dans le statut particulier, à travers la création de nouvelles catégories de postes, la reclassification, le traitement des dossiers liés à la retraite, les postes aménagés, ainsi que la réduction du volume horaire. En conclusion, le ministre affirme que les aspirations des personnels du secteur sont légitimes. L’amélioration de la situation professionnelle et sociale des éducateurs demeure, selon lui, un objectif central, dans le respect des capacités de l’État et de ses priorités. Il assure enfin que le dialogue restera ouvert, avec la possibilité d’organiser d’autres cycles de concertation, jusqu’à l’élaboration d’un projet bénéficiant d’un large consensus, en vue de son adoption par le gouvernement.

Samira Azzegag

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