Des experts de l’ONU dénoncent la « criminalisation » des mouvements paysans en France

Trois rapporteurs de l’ONU s’alarment de la répression des agriculteurs en France et dénoncent une entrave aux libertés face aux arrestations de syndicalistes.

Les 3 rapporteurs, mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU mais qui ne s’expriment pas au nom de l’organisation des Nations unies, ont dénoncé lundi la « criminalisation croissante » des mouvements paysans en France, se disant alarmés par les arrestations d’agriculteurs. « Nous sommes alarmés par cette tendance manifeste à criminaliser les activités syndicales pacifiques », ont-ils déclaré dans un communiqué.

Arrestations de syndicalistes: un «signal inquiétant» pour les libertés

« L’arrestation de porte-paroles nationaux et de dirigeants paysans internationaux pour des actes symboliques de désobéissance civile est un signal inquiétant qui menace le droit des paysans à exprimer leurs griefs sans crainte d’intimidation ou de représailles », ont-ils souligné.

Ces experts — Carlos Arturo Duarte Torres, président rapporteur du Groupe de travail sur les droits des paysans, Gina Romero, rapporteure sur les droits à la liberté de réunion pacifique, et Mary Lawlor, rapporteure sur la situation des défenseurs des droits de l’homme — estiment que « l’escalade dans la répression des manifestations récentes par le gouvernement français soulève de sérieuses inquiétudes concernant la restriction disproportionnée des libertés fondamentales ». Les agriculteurs en France expriment depuis des mois leur colère, liée notamment à l’accord de libre-échange entre l’UE et des pays du Mercosur, qui doit faciliter l’arrivée de produits aux normes de production souvent moins exigeantes que les normes européennes.

L’interpellation de 52 personnes dénoncée

Les 3 experts de l’ONU se disent «profondément inquiets» face à la multiplication des gardes à vue et des poursuites pénales visant les agriculteurs et leurs dirigeants syndicaux. Ils dénoncent notamment l’interpellation de 52 personnes le 14 janvier dernier, lors d’un rassemblement de plus de 150 agriculteurs devant le ministère de l’Agriculture. Ces derniers manifestaient contre la gestion de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, l’accord commercial UE-Mercosur et le délaissement de l’agriculture de petite échelle

Les rapporteurs ont également exprimé leur inquiétude concernant l’arrestation à Paris, le 9 janvier, de 2 porte-parole du syndicat Confédération paysanne, affirmant que « les autorités ont l’obligation de faciliter les manifestations pacifiques, et non de les réprimer par un usage excessif des pouvoirs policiers ».

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