Les poursuites judiciaires contre les militants et activistes des droits humains au Maroc dénoncées

Les organisations marocaines de défense des droits humains poursuivent leurs dénonciations des poursuites judiciaires engagées contre plusieurs militants et activistes des droits.
Ces organisations appellent à la libération de ces militants et activistes des droits victimes de poursuites judiciaires en raison de leurs positions hostiles aux politiques du Makhzen.
«Parodies judiciaires sans précédent au Maroc»
L’Association marocaine des droits humains condamne, dans un communiqué, les violations visant les militants du mouvement de la jeunesse qui mène les protestations depuis septembre dernier, en rejet du contexte socio-économique jugé catastrophique, de la situation déplorable des secteurs de l’éducation et de la santé, ainsi que de l’aggravation de la corruption. Dans ce cadre, l’association cite les lourdes condamnations ayant touché plus de 1 500 jeunes hommes et femmes lors de procès qualifiés de «parodies judiciaires sans précédent au Maroc».
L’Association marocaine des droits humains souligne que le dossier des victimes tuées par balles lors de ces manifestations par des éléments de la gendarmerie «reste marqué par l’impunité et la lenteur des procédures d’enquête, aucun suspect n’ayant été arrêté à ce jour». Elle dénonce, par ailleurs, la poursuite de la souffrance des défenseurs des droits humains, victimes d’une répression systématique, illustrée par la poursuite judiciaire de nombreux militants, ainsi que par l’arrestation et les poursuites engagées contre plusieurs opposants à la normalisation.
Poursuite de la répression visant les défenseurs des droits humains et les lanceurs d’alerte anticorruption
La même association s’est également étonnée de l’acharnement du régime du Makhzen à maintenir en détention de nombreux prisonniers politiques, dont les détenus du Hirak du Rif et ceux du Sahara occidental, qui bénéficient pourtant de décisions en leur faveur émanant du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, appelant l’État marocain à leur libération.
De son côté, l’Instance marocaine de soutien aux détenus politiques dénonce, dans un communiqué, la poursuite par les autorités du Makhzen de la répression visant les défenseurs des droits humains et les lanceurs d’alerte anticorruption, citant notamment le cas du président d’une association de défense des droits humains active dans la lutte contre la corruption.