Opération de sécurité en Espagne: le Maroc est un point de transit pour les stupéfiants vers l’Europe

Une opération de sécurité coordonnée en Espagne, visant un réseau criminel de trafic de drogue transatlantique par voie maritime, a révélé que le Maroc est un point de transit clé pour ces stupéfiants à destination de l’Europe.

Un communiqué du ministère espagnol de l’Intérieur, relayé par Horas 24, explique que l’opération, menée en deux phases en Andalousie et aux îles Canaries, a permis l’arrestation de plus de 100 membres d’un dangereux réseau criminel, dont un nombre important de Marocains.

Maillon stratégique du trafic transfrontalier vers l’Europe

Ce réseau était devenu un maillon essentiel du trafic transfrontalier de drogue vers l’Europe, responsable du passage d’environ 57 tonnes de cocaïne l’an dernier. L’opération a également permis la saisie de 10.400 kg de drogue, sur les 57 tonnes de cocaïne introduites clandestinement en Europe l’an dernier, ainsi que de 70 véhicules, 30 bateaux, des biens immobiliers, des armes à feu, de nombreux comptes bancaires, deux drones, plus de 800.000 €, 150 téléphones portables et du matériel sophistiqué de contrebande maritime d’une valeur de près de 2,5 millions d’euros.

L’enquête a révélé que le réseau utilisait des vedettes rapides partant des fleuves d’Andalousie, des îles Canaries et du Maroc pour rejoindre l’océan Atlantique. La drogue était ensuite transbordée sur des navires plus importants en haute mer, puis distribuée dans les pays européens. Ce système fait du Royaume une plaque tournante majeure de l’exportation de stupéfiants et met en lumière les défaillances de ses contrôles aux frontières et dans ses ports.

Le rôle central du Maroc dans la contrebande régionale

Le réseau fournissait des plateformes maritimes permettant aux équipages de rester à bord pendant de longues périodes, grâce à des communications cryptées, du matériel satellitaire et des téléphones portables intraçables, afin d’échapper aux autorités. Cela fait du Maroc un maillon essentiel du réseau de trafic de drogue, menaçant la sécurité internationale et transformant les bassins méditerranéen et atlantique en théâtres d’opérations pour le crime organisé transnational.

L’enquête a également révélé que le réseau avait mis en place des installations de stockage de carburant, des postes d’observation pour surveiller les positions des forces de sécurité et un système logistique complet pour approvisionner les navires en vivres et en carburant, assurant ainsi la continuité des opérations de contrebande en haute mer. La police espagnole a indiqué que le réseau avait versé 12 millions d’euros à la famille d’un membre d’équipage décédé lors d’une cargaison de drogue, afin d’obtenir son silence et d’éviter tout lien avec l’activité criminelle.

Les investigations ont également révélé l’existence de coordinateurs au Maroc, à Cadix et aux îles Canaries, chargés de la réception et de la distribution de drogue en provenance d’Amérique latine. Cette opération, qui a duré plus d’un an et a été menée en coopération avec les autorités de plusieurs pays, confirme que le Maroc demeure un maillon central des réseaux de contrebande qui menacent la sécurité européenne et régionale. Elle met en lumière les lacunes persistantes en matière de contrôle et de mesures de sécurité efficaces à ses frontières et dans ses ports.

R.I.

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