Appel à l’adoption d’une approche sécuritaire intégrée

Un appel à l’adoption d’une approche sécuritaire intégrée est lancé lors de la journée d’étude sur les menaces qui guettent le Sahel, samedi à Alger.
La commission permanente des études stratégiques et de la prospective du Front de libération nationale (FLN) organise samedi une journée d’étude sous le thème «L’impact des nouvelles menaces dans la région du Sahel sur la sécurité». Face à un parterre composé de membres du bureau politique, de parlementaires, de cadres du comité central, d’universitaires, le secrétaire général du parti, Abdelkrim Benmbarek, souligne que la notion de sécurité nationale revêt aujourd’hui une dimension globale qui dépasse largement les seules dimensions traditionnelles, pour englober les aspects politiques, économiques, sociaux et développementaux. «Cela implique une analyse approfondie de l’environnement stratégique afin de comprendre la nature des défis susceptibles d’avoir un impact direct ou indirect sur la sécurité du pays», précise-t-il.
La région du Sahel face à des défis sans précédent
Pour le leader du FLN ces menaces ne se limitent plus aux frontières des États sahéliens, mais s’étendent désormais à travers leurs répercussions sur la sécurité régionale, notamment en raison de l’essor des groupes terroristes transfrontaliers, de la montée de la criminalité organisée, de la prolifération des armes, des réseaux de contrebande et des flux migratoires irréguliers, sans oublier les interventions étrangères qui ont contribué à compliquer davantage le paysage sécuritaire et à aggraver sa fragilité. Ces conditions ont transformé le Sahel, mentionne-t-il, en un foyer de tension qui menace la sécurité collective de toute la région, imposant ainsi aux pays voisins, en premier lieu l’Algérie, une vigilance constante et une vision stratégique à long terme.
«L’Algérie, en raison de sa position géographique, de ses profondes racines africaines et de son histoire de lutte pour la libération, n’est pas seulement concernée par ce qui se passe au Sahel, elle est pleinement engagée dans le destin de toute la région. C’est pourquoi l’Algérie n’a jamais abordé les crises sahéliennes avec une logique réactive ou des solutions temporaires, mais toujours avec la clarté stratégique d’un État souverain doté d’une vision cohérente», déclare Benmbarek.
Et de rappeler que l’Algérie joue actuellement 3 rôles fondamentaux dans la région du Sahel, à savoir «la médiation pour la résolution des conflits, le leadership dans la coopération régionale contre les menaces transfrontalières, et le financement de projets de développement en faveur des pays voisins via l’Agence algérienne de coopération internationale». Le secrétaire général du FLN affirme également que la politique algérienne place la stabilité de la région au cœur de ses priorités.
Benmbarek dénonce les formes modernes de dépendance, qu’il qualifie de «néocolonialisme dissimulé», qui entravent le développement authentique de l’Afrique. «Construire une Afrique souveraine exige de rompre avec les solutions imposées de l’extérieur», lance-t-il, appelant à des approches endogènes, ancrées dans les réalités locales et les aspirations populaires à la liberté et à la dignité. En conclusion, le secrétaire général du FLN appelle à l’unité nationale autour des choix souverains de l’État.
Le modèle algérien salué comme référence régionale
À l’issue de cette rencontre, un ensemble de recommandations visant une meilleure compréhension des défis actuels est adopté. Il est relevé que les menaces pesant sur la région du Sahel ne se limitent plus à la seule dimension sécuritaire traditionnelle, mais qu’elles sont désormais complexes et interconnectées, englobant le terrorisme, la criminalité organisée, les migrations irrégulières, les guerres hybrides, ainsi que les infiltrations idéologiques et médiatiques. Les participants ont appelé à adopter une approche sécuritaire intégrée, articulée autour de la complémentarité entre les dimensions sécuritaire, développementale, sociale et idéologique, étant donné que les réponses purement sécuritaires se sont révélées insuffisantes face à ces menaces entrelacées.
Ils soulignent également la nécessité de renforcer les mécanismes de coordination régionale entre les pays du Sahel et leurs voisins, en particulier l’Algérie, à travers des institutions permanentes dédiées à l’échange d’informations, à l’évaluation conjointe des menaces et à l’élaboration de politiques anticipatives efficaces.
Le développement des zones frontalières doit être considéré, selon eux, comme un levier central de prévention contre les glissements vers le terrorisme et la criminalité transfrontalière, en réduisant la vulnérabilité économique et sociale dont profitent les groupes extrémistes. Les participants soulignent que cette vision intégrée de la sécurité s’inscrit pleinement dans la perspective du président de la République, dont les orientations stratégiques reposent sur le renforcement de la stabilité nationale et régionale, le respect de la souveraineté nationale, et l’adaptation aux défis émergents à travers des approches équilibrées entre sécurité, développement et cohésion sociale, au service des intérêts du peuple algérien et du rôle actif de l’Algérie dans son environnement régional et international.
Alloun Karima