Enseignement supérieur : Vers de nouvelles spécialités en IA et en santé numérique

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique poursuit l’adaptation du système universitaire aux évolutions économiques et technologiques.
Dans cette optique, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique invite les établissements universitaires à proposer de nouvelles offres de formation au titre de l’année universitaire 2026-2027, en accordant la priorité aux spécialités à caractère stratégique.
Renforcer l’adéquation entre la formation universitaire et les besoins du marché du travail
La démarche a pour objectif de renforcer l’adéquation entre la formation universitaire et les besoins du marché du travail, particulièrement dans des domaines porteurs tels que l’intelligence artificielle, la santé numérique, les biotechnologies et l’innovation industrielle, considérés comme des leviers essentiels du développement national. A cet effet, une correspondance a été adressée aux présidents des conférences régionales des universités, les invitant à coordonner avec les directeurs des établissements universitaires pour l’élaboration de propositions de formation. Le ministère a fixé le 31 janvier comme dernier délai pour la soumission des offres relatives aux nouvelles spécialités. Les propositions seront examinées par les commissions pédagogiques nationales, avant d’être soumises à la Commission nationale d’habilitation, chargée de leur évaluation et de leur validation, en vue de leur ouverture à partir de la rentrée universitaire 2026-2027. Dans ce cadre, le département de Kamel Baddari a demandé aux universités de formuler des propositions détaillées concernant 24 nouvelles professions, désignées sous l’appellation «métiers du futur». Ces métiers s’inscrivent dans une vision prospective visant à anticiper les besoins en compétences et à accompagner les transformations technologiques. Parmi les spécialités proposées figure celle d’ingénieur en industrialisation des modèles d’intelligence artificielle, chargé de transformer les travaux de recherche en applications opérationnelles, adaptées aux usages des institutions et des entreprises.
Le secteur de l’Enseignement supérieur encourage également le développement de formations liées à l’économie circulaire, à travers la spécialisation d’experts en recyclage et en valorisation des déchets, dans une perspective de gestion durable des ressources et de préservation de l’environnement. Dans le domaine de l’urbanisme, il est proposé de former des spécialistes en planification des villes intelligentes, capables de concevoir des espaces urbains intégrés reposant sur une gestion optimisée de la circulation, de l’énergie et des services publics. Le secteur agricole est concerné par l’introduction de la spécialité d’ingénieur agronome numérique, qui s’appuie sur les technologies modernes, telles que les drones, les capteurs et les données satellitaires, afin d’améliorer la productivité et de rationaliser l’utilisation des ressources. La santé numérique occupe, par ailleurs, une place importante dans les nouvelles orientations. Les formations proposées incluent, notamment, l’ingénierie de la santé numérique, l’intelligence artificielle appliquée au diagnostic médical, la télémédecine et la santé électronique, la robotique chirurgicale ainsi que l’analyse des données génomiques.
La santé numérique, une priorité
Les universités sont également invitées à proposer des formations dans des domaines scientifiques avancés, tels que l’ingénierie des molécules intelligentes et les thérapies géniques, qui mobilisent des technologies de pointe au service de la recherche et de la santé. En matière de sécurité numérique, de nouvelles spécialisations sont envisagées, notamment dans les domaines de la cryptographie, de la blockchain et de la sécurisation des systèmes d’intelligence artificielle, en réponse aux enjeux croissants liés à la protection des données. Les propositions concernent , en outre, les secteurs de l’industrie et de l’éducation, avec des formations en intelligence artificielle appliquée, en conception de jumeaux numériques, en impression tridimensionnelle, en Internet des objets industriels et en gestion de projets de transformation numérique.
Un volet relatif à l’innovation responsable est intégré à cette démarche, à travers la formation de spécialistes en intelligence artificielle éthique, afin d’assurer un usage maîtrisé et conforme aux normes en vigueur. Le département de Baddari a inclus, pour finir, des spécialités à caractère juridique et institutionnel, spécialement dans le domaine du droit des technologies émergentes et de la responsabilité sociétale des entreprises, en accompagnement des mutations économiques et technologiques. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique entend ainsi, renforcer la qualité de la formation universitaire et améliorer l’employabilité des diplômés, tout en contribuant à l’accompagnement des transformations économiques et technologiques que connaît le pays.
Samira Azzegag