Entrée en vigueur du décret exécutif sur la retraite anticipée dans l’Education nationale

Le décret exécutif portant réduction de l’âge de la retraite pour certains corps de l’Education nationale est entré en vigueur.

S’il consacre un acquis important pour les personnels concernés, ce décret exécutif fixe des conditions strictes, notamment l’obligation de formuler une demande dans des délais précis, sans possibilité de révision après la liquidation de la pension.

Les âges de départ définis

Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a signé le décret exécutif n° 26-74 du 14 janvier 2026, déterminant les conditions et les modalités de mise à la retraite avant l’âge légal pour certains corps relevant de l’Education nationale. Le texte a été publié dans le dernier numéro du Journal officiel. Ce décret s’inscrit dans l’application des dispositions de l’article 7 bis 1 de la loi n° 83-12 du 2 juillet 1983, relative à la retraite, telle que modifiée et complétée. Il concerne les enseignants, les directeurs d’établissements, les inspecteurs ainsi que les personnels de surveillance et d’orientation, relevant des statuts particuliers du Secteur.

Selon l’article 2, les fonctionnaires concernés peuvent solliciter leur mise à la retraite à partir de 57 ans pour les hommes et 52 ans pour les femmes. Cette option est ouverte uniquement aux agents remplissant les conditions légales, ouvrant droit à une pension de retraite et en étant en activité au moment du dépôt de la demande. Cette possibilité demeure toutefois encadrée par une condition essentielle. Le fonctionnaire doit introduire une demande écrite, datée et signée, déposée auprès de l’établissement où il exerce, durant les trois premiers mois de l’année scolaire, à compter du mois de septembre.

L’administration ne peut opposer aucun refus à la demande de mise à la retraite

Le décret est explicite. L’administration ne peut opposer aucun refus à la demande de mise à la retraite formulée dans le cadre de ce dispositif. La demande est conservée dans le dossier administratif de l’agent, en vue de la liquidation de la pension conformément à la législation en vigueur. En revanche, le texte ferme toute possibilité de retour en arrière. La pension liquidée est définitive et non révisable, y compris en cas de reprise ultérieure d’une activité rémunérée par le retraité. Cette disposition vise à garantir la stabilité juridique et financière du dispositif.

La réduction de l’âge de la retraite pour certains corps de l’éducation nationale s’inscrit dans les instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Le Chef de l’Etat a en effet annoncé ces mesures, lors du Conseil des ministres du 20 avril 2025. Ce choix, spécifique au secteur de l’éducation, traduit la reconnaissance des efforts consentis par les enseignants des trois cycles et par l’ensemble des personnels éducatifs. Il s’agit d’un signal fort en direction d’un secteur considéré comme stratégique, et d’une volonté affirmée de revaloriser la fonction éducative et améliorer les conditions du travail.

Des acquis inédits

Le décret vient, ainsi, compléter les avancées introduites par le statut particulier des personnels de l’Education nationale, lequel a consacré des acquis qualifiés d’inédits. Un projet de révision de ce statut est actuellement en cours d’élaboration, avec pour objectif de renforcer davantage les droits professionnels et sociaux des travailleurs du Secteur, comme l’a récemment souligné le ministre de l’Éducation nationale.

La mise en place du régime indemnitaire a, par ailleurs, permis de répondre partiellement aux revendications financières, tandis que le statut a introduit plusieurs mesures structurantes, telles que la création de nouveaux grades, la revalorisation des classifications, le traitement des questions liées à la retraite, les postes adaptés et la réduction du volume horaire. Autant de mesures qui traduisent une approche globale et progressive de la réforme, visant à améliorer durablement les conditions d’exercice des personnels de l’Education nationale et à consolider les fondements de l’école algérienne.

Samira Azzegag

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