La formation professionnelle mise sur les compétences du futur dès février 2026

La formation professionnelle mise sur les compétences du futur lors dès la rentrée de février 2026, indique lundi la ministre du secteur sur les ondes de la radio algérienne.
La 2e session de la rentrée de la Formation professionnelle de février sera marquée par le lancement du Référentiel national de la formation et des compétences, présenté lors de la dernière réunion de gouvernement. Le nouvel outil vise, selon la ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Nassima Arhab, à opérer «un tournant majeur» dans le système de formation, en passant «des programmes traditionnels à une approche moderne fondée sur des compétences professionnelles qualifiées, prêtes à l’emploi et adaptées aux besoins du marché du travail».
Renforcer le triptyque formation-emploi-investissement
Invitée du forum de la Radio algérienne, la ministre explique que cette nouvelle rentrée, placée sous le slogan «Vers une formation de qualité: les compétences du futur», s’inscrit dans une vision globale visant à renforcer le triptyque formation-emploi-investissement, tout en accompagnant les politiques publiques d’industrialisation et les projets stratégiques structurants. La ministre souligne que ce qui distingue cette rentrée est avant tout «la révision profonde de l’approche et du principe même de la formation».
Pendant longtemps, reconnaît-elle, la formation professionnelle s’est développée «sans stratégie claire», en restant insuffisamment connectée aux orientations économiques et industrielles de l’Algérie, notamment au niveau local. «Il était devenu indispensable de moderniser les programmes de formation, aussi bien à l’échelle locale que nationale», affirme-t-elle.
Dans ce sens, Arhab précise que «l’objectif est de former utilement». «Nous voulons accompagner les jeunes vers une insertion réelle dans le monde du travail, soit par l’emploi salarié, ou par l’entrepreneuriat», indique-t-elle, tout en veillant à ce que les opérateurs économiques disposent des compétences nécessaires à leur développement. Et d’insister sur la vision stratégique de cette approche, à savoir «l’adéquation entre la formation et le monde du travail».
Accompagner le stagiaire tout au long de son cursus
Cette vision, fait-elle savoir, «s’est concrétisée à travers la création de la carte nationale de la formation et de l’emploi, appelée à remplacer l’ancien répertoire national de la formation, jugé plus quantitatif que qualitatif». Selon la ministre, la question centrale posée par le secteur est «de voir comment accompagner le stagiaire tout au long de son parcours, depuis le choix de la spécialité jusqu’à l’insertion professionnelle».
Pour y répondre, il a d’abord fallu identifier les opportunités d’emploi existantes, en lien avec les grands projets structurants, mais aussi avec les spécificités économiques propres à chaque région. «Il existe des projets d’envergure nationale, mais aussi des projets locaux, et chaque région a ses propres orientations économiques», rappelle-t-elle. C’est pourquoi, explique la ministre, «des indicateurs précis ont été mis en place afin de revoir la conception des programmes de formation et d’en améliorer la qualité au niveau local».
Accompagnement après l’obtention du diplôme
C’est grâce à cette stratégie que, poursuit-elle, «le Référentiel national a été conçu comme une véritable carte des compétences, combinant les besoins régionaux en main-d’œuvre qualifiée et les nouvelles orientations de formation». «Chaque région a ses particularités et nécessite des compétences spécifiques pour développer son tissu économique», précise-t-elle. Interrogée sur les spécialités appelées à accompagner les projets structurants, Arhab cite notamment les métiers liés à l’électroménager, aux techniques industrielles, à la climatisation et aux techniques du froid. Elle illustre son propos par l’exemple d’un pôle électronique développé en coordination avec l’Agence nationale de l’emploi.
«Nous avons identifié les métiers dont les différentes wilayas ont besoin aujourd’hui et ceux dont elles auront besoin à court terme», précise-t-elle. Cette démarche a permis, selon elle, de revoir les priorités programmatiques et de se concentrer sur les métiers les plus demandés à l’horizon 2026. «Il existe une forte demande pour certaines spécialités, et cette approche nous a permis d’orienter les jeunes vers des filières porteuses», affirme la ministre. Autre avancée majeure relevée: la rationalisation des moyens pédagogiques.
Le Référentiel, explique-t-elle, permet «une utilisation plus efficace des ressources disponibles» et une meilleure orientation des investissements nécessaires à une formation de qualité. De ce fait, la ministre a relevé que l’entrepreneuriat s’impose aujourd’hui comme un axe central de la stratégie de la formation professionnelle. Elle explique ainsi que «les stagiaires sont formés non seulement aux compétences techniques, mais aussi à la culture entrepreneuriale, à travers la gestion, le marketing et l’évaluation de la viabilité des projets».
Le secteur travaille, d’ailleurs, en coordination avec les dispositifs de soutien afin d’assurer un accompagnement après l’obtention du diplôme. «L’objectif n’est pas seulement de créer des entreprises, mais de bâtir des projets durables», conclut-elle.
Assia Boucetta